Genre: Qui sont ces 80 députés qui réclament le retrait des manuels scolaires?
TÊTU publie la liste complète de ces députés effrayés de l'éclairage apporté cette année aux lycéens en classe de première sur la construction sociale de l'identité sexuelle. Mis à jour avec la réaction de Jean-François Copé et les circonscriptions des députés.

Quels sont les quatre-vingt députés UMP qui ont demandé mardi au ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, le retrait de manuels scolaires qui expliquent «l'identité sexuelle» des individus autant par le contexte socio-culturel que par leur sexe biologique (lire notre article)? TÊTU s'est procuré la liste précise de ces députés qui ont envoyé une lettre au ministre dénonçant l’utilisation de «la théorie des genres sexuels» dans les manuels scolaires. Nous la publions ci-dessous en intégralité.
Rappelons que cette lettre ne fait que reprendre les critiques sur le même sujet exprimées au printemps par la direction de l'enseignement catholique. Comme le rappelle Olivier Dussopt, député PS, dans le dossier publié ce mois-ci dans TÊTU, «À l'Assemblée, on sait qu'il y a les lobbys religieux qui agissent»…
Voici la liste complète de ces 80 députés:
La liste – qui comprend en fait 76 noms – inclut trois apparentés UMP, 67 UMP, quatre Nouveau centre et deux députés n'appartenant à aucun groupe.
Richard Mallié (Bouches-du-Rhône (10ème), UMP)
Véronique Besse (Vendée (4ème), aucun groupe)
Elie Aboud (Hérault (6ème), UMP)
Alfred Almont (Martinique (2ème), UMP)
Patrick Beaudouin (Val-de-Marne (6ème), UMP)
Etienne Blanc (Ain (3ème), UMP)
Valérie Boyer (Bouches-du-Rhône (8ème), UMP)
Jean-Marie Binetruy (Doubs (5ème), UMP)
Emile Bléssig (Bas-Rhin (7ème), UMP)
Claude Bodin (Val-d'Oise (4ème), UMP)
Chantal Bourragué (Gironde (1ère), UMP)
Françoise Branget (Doubs (1ère), UMP)
Louis Cosyns (Cher (3ème), UMP)
Marie-Christine Dalloz (Jura (2ème), UMP)
Bernard Debré (Paris (15ème), UMP)
Jean-Pierre Decool (Nord (14ème), apparenté UMP)
Rémi Delatte (Côte-d'Or (2ème), UMP)
Bernard Depierre (Côte-d'Or (1ère), UMP)
Eric Diard (Bouches-du-Rhône (12ème), UMP)
Jean-Pierre Door (Loiret (4ème), UMP)
Dominique Dord (Savoie (1ère), UMP)
Jean-Michel Ferrand (Vaucluse (3ème), UMP)
Sauveur Gandolfi-Scheit (Haute-Corse (1ère), UMP)
Jean-Paul Garraud (Gironde (10ème), UMP)
Alain Gest (Somme (6ème), UMP)
François-Michel Gonnot (Oise (6ème), UMP)
Philippe Gosselin (Manche (1ère), UMP)
Michel Grall (Morbihan (2ème), UMP)
Anne Grommerch (Moselle (9ème), UMP)
Pascale Gruny (Aisne (2ème), UMP)
Jean-Claude Guibal (Alpes-Maritimes (4ème), UMP)
Francis Hillmeyer (Haut-Rhin (6ème), Nouveau Centre)
Françoise Hostalier (Nord (15ème), UMP)
Guénhaël Huet (Manche (2ème), UMP)
Jaqueline Irles (Pyrénées-Orientales (4ème), UMP)
Jacques Lamblin (Meurthe-et-Moselle (4ème), UMP)
Thierry Lazaro (Nord (6ème), UMP)
Michel Lejeune (Seine-Maritime (12ème), UMP)
Jean-Marc Lefranc (Calvados (5ème), UMP)
Céleste Lett (Moselle (5ème), UMP)
Gérard Lorgeoux (Morbihan (3ème), UMP)
Gabrielle Louis-Carabin (Guadeloupe (2ème), UMP)
Lionnel Luca (Alpes-Maritimes (6ème), UMP)
Daniel Mach (Pyrénées-Orientales (1ère), UMP)
Jean-Pierre Marcon (Haute-Loire (1ère), apparenté UMP)
Hervé Mariton (Drôme (3ème), UMP)
Christian Ménard (Finistère (6ème), UMP)
Gérard Menuel (Aube (3ème), UMP)
Philippe Meunier (Rhône (13ème), UMP)
Jean-Claude Mignon (Seine-et-Marne (1ère), UMP)
Alain Moyne-Bressand (Isère (6ème), UMP)
Jacques Myard (Yvelines (5ème), UMP)
Jean-Pierre Nicolas (Eure (2ème), UMP)
Yves Nicolin (Loire (5ème), UMP)
Béatrice Pavy (Sarthe (3ème), UMP)
Nicolas Perruchot (Loir-et-Cher (1ère), Nouveau Centre)
Henri Plagnol (Val-de-Marne (1ère), UMP)
Josette Pons (Var (6ème), UMP)
Eric Raoult (Seine-Saint-Denis (12ème), UMP)
Laure de la Raudière (Eure-et-Loir (3ème), UMP)
Fréderic Reiss (Bas-Rhin (8ème), UMP)
Jacques Remiller (Isère (8ème), UMP)
François Rochebloine (Loire (3ème), Nouveau Centre)
Jean-Marc Roubaud (Gard (3ème), UMP)
Rudy Salles (Alpes-Maritimes (3ème), Nouveau Centre)
Fernand Siré (Pyrénées-Orientales (2ème), UMP)
Dominique Souchet (Vendée (5ème), aucun groupe)
Guy Teissier (Bouches-du-Rhône (6ème), UMP)
Michel Terrot (Rhône (12ème), UMP)
Dominique Tian (Bouches-du-Rhône (2ème), UMP)
Yves Vandewalle (Yvelines (2ème), UMP)
Christian Vanneste (Nord (10ème), UMP)
René-Paul Victoria (Réunion (1ère), apparenté UMP)
Philippe Vitel (Var (2ème), UMP)
Michel Voisin (Ain (4ème), UMP)
Jean Ueberschlag (Haut-Rhin (4ème), UMP)
Mise à jour, 12h54: Lors du point presse hebdomadaire de l'UMP ce matin, Jean-François Copé, secrétaire général du parti de la majorité présidentielle, a apporté son soutien aux députés réclamant le retrait de ces manuels scolaires, estimant qu'ils «posaient une vraie question», indique l'AFP.
S'il a expliqué que «ce n'était pas aux responsables politiques de faire les programmes scolaires», Jean-François Copé a cependant déclaré que leur rôle était de «fixer des principes». «Ce qui est profondément choquant dans cette affaire, c'est que la théorie du genre, qui est une théorie défendue par des personnes mais combattue par d'autres, soit présentée comme une vérité scientifique alors que ça ne l'est pas», a insisté Jean-François Copé. «C'est comme si on présentait dans les manuels d'économie la théorie marxiste comme une vérité scientifique», a-t-il ajouté. «Cela justifie que des députés s'en émeuvent et je pense qu'ils ont raison et il serait absolument inacceptable que l'on fasse des procès d'intention d'homophobie ou autres, ce qui n'est absolument pas le cas, à des parlementaires qui s'interrogent», a conclu Jean-François Copé.











LES CHAÃŽNES 














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De Shaka
"Dégage"...vu, entendu et approuvé.
On sait ce qu'il reste à faire.
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De Benji - Grand méchant gay
Eric Raoult ? qui c'est celui là ?
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De Korial : je vis avec Robocop
Maire de Le Raincy ds le 93 l'une des villes les plus riches du 93.... SIIK
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De NémoGizmo
Raoult est chef de l'UMP dans le 93, et comme le dit très bien Korial, il est député-maire du Raincy, ville chic du 93 qui REFUSE d'y faire le nombre légal de logements sociaux pour atteindre le taux SRU.
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De Benji - Grand méchant gay
@korail et Némogizmo : ok ok, merci
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De NémoGizmo
"Douce M" = "Mamie" l'homophobe.
j'ai donné leurs adresses, ah bon?? 1ère nouvelle...
j'aimertai bien les avoir pour leur sonner les cloches, mais non je 'nai rien indiqué de tel, TU MENS, chère homophobe.
déjà , le fait que l'homosexualité existe et n'a "rien d'anormal" n'a pas besoin d'être démontré scientifiquement :o)), il me semble.
Ensuite, tu as en partie raison, on devrait, puisqu'aucun fait scientifique ne prouve leur existence, ne pas parler de Dieux dans nos écoles :-)).
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De Célestin
"Ce qui est profondément choquant dans cette affaire, c'est que la théorie du genre, qui est une théorie défendue par des personnes mais combattue par d'autres, soit présentée comme une vérité scientifique alors que ça ne l'est pas."
Je suis peut être con, mais pour moi une théorie n'est pas une vérité scientifique. On enseigne bien la théorie de l'évolution, qui est l'interprétation de la réalité la plus probable et plausible mais on ne dit jamais que c'est une vérité scientifique... Bref, Copé ferait mieux de réviser un peu le programme de sciences des collèges et lycées !
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De Sokar
Et là , le vieux tubercule intolérant et réactionnaire, tu n'as qu'à aller sur le site de l'Assemblée Nationale et pour chaque député tu trouveras sa circonscription et ses coordonnées, depuis quand ne peut-on pas savoir de quelle circonscription un élu est-il le "représentant" ?
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De Kech
@Douce M(erde)
Répéter que tu n'es pas homophobe ne suffit pas à ne pas l'être. Tu l'es, et tu es immonde. Totalement dénué d'intelligence et de vie privée tu viens répandre ton poison et tes inepties ici, mais personne n'est dupe et notre organisme peut facilement se débarrasser des poisons comme toi.
Allez, bon vent, peut-être que tu te réincarneras en quelqu'un de moins immonde...
Juste une dernière chose, pardon Ko de te citer ;), " FERME TA GUEULE " !
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De adam2lille
C'est un peu à cause de tous ces Trolls comme Mamie et autres Tony que je ne poste plus sur tetu.com j'en viens même parfois à ne plus lire les commentaires par dégoût. L'autre jour, il y avait un article qui développait des commentaires de têtunautes très intéressants, qu'un ou 2 trolls ont totalement laminé, autant que ceux qui leur répondaient. Je ne comprends pas que Têtu ne puisse techniquement pas interdire d'inscription ces Trolls à partir de leur IP ou que la police d'internet n'ait pas réussi à leur tomber dessus, tant leurs commentaires incitent à la haine et à la discrimination !
N'y aurait-il pas parmi les lecteurs de tetu, quelques hackers susceptibles de dégoter l'adresse postale des trolls (au moins de ces 2 là , mamie et tony qui sont les plus gerbants) histoire qu'on aille régler nos comptes en face à face avec eux ?
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De Pascal Vanves
@ douce M,
les adresses des députés sont publiques, leurs mails sont sur le site de l'Assemblée, leur prise de position est elle aussi publique, je ne vois pas en quoi la démarche de Tétu -de publier leurs noms- et de Némo de préciser que Raoult est maire du Raincy te gène.
Eux ne se cachent pas derrière une adresse IP bidouillée et en tant qu'élus sont des ennemis honorables, reconnus et affichés.
Il va de soit que je n'ai pas le même point de vue sur certains trolls créationnistes...
à la tienne darling
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De adam2lille
MERCI DE NE PAS DONNER A MANGER AUX TROLLS !
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De Kech
@Adam
Tu as tout à fait raison. Désolé, j'ai fait une rechute ! ;)
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De Lafcadio
En même temps - et en laissant les délires homophobes de la soi-disant mamie de côté (ça me fascine ces homophobes qui passent leur temps à traîner sur des sites homos, comme un certain sénateur portoricain), il me semble que le problème reste entier.
Le problème, c'est quand même de savoir s'il opportun d'enseigner les théories du "genre" en cours de SVT, et si les profs de SVT sont qualifiés pour ce faire.
Or, le "genre", de même que l'homosexualité et toutes les formes de sexualité humaine en général ne sont pas seulement des phénomènes biologiques mais aussi sociaux, qui varient selon les époques. Il me semble à moi que l'introduction de ces théories du genre dans la SVT (no pun intended) participe bien d'une idéologie, à savoir l'idéologie selon laquelle rien n'est construit, mais tout est naturel, donné au départ sans changement et n'aurait pas besoin de plus d'explication ("born this way", "I am what I am", etc.". On retrouve là l'une des caractéristiques essentielles de ce que le philosophe A. Sohn-Rethel appelle la "pensée-marchandise" (les préférences du consommateur sont toujours censées surgir de nulle part), et il serait aussi possible de montrer que c'est par là que s'est effectuée la récupération marchande de l'homosexualité (voir ce que disait Guy Hocquenghem, par exemple).
... Je suis très loin du sujet, je n'ai pas trop la place et l'envie de développer, mais ce que je veux dire et qui me paraît grave, c'est qu'à force de nous défendre contre les imbécillités de la bande à Vanneste, on en oublie de réfléchir, il y a un raidissement militant qui ne mène à rien, et qui m'attriste - parce que je crois aussi qu'en tant qu'homosexuels, que nous le voulions ou non, nous partageons ce que Max Scheler appelait "une communauté de destin"...
Bonne journée à tous, et pardon si ça vous paraît obscur. Inutile de me tomber dessus, si vous ne voyez pas où je veux en venir, vous pouvez aussi bien ignorer mon post.
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De Korial : je vis avec Robocop
@B.O np toi de me citer xd KISS
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De bdbg24
@ lafcadio
Je trouve ton intervention et tes références très intéressantes. J'aimerais bien que tu développes, et en discuter avec toi. Si tu en as envie, tu peux me contacter à mon adresse : mon pseudo sans les chiffres, chez l'agrume français. Ou ici, mais c'est pas très adapté...
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De Lafcadio
@ bdbg
Je suis content que cela t'ait intéressé (surtout qu'à la relecture, j'ai été très vite et c'est quand même super-obscur et aussi un peu pédant !), et je t'enverrai sûrement un mail bientôt. Je viens juste de m'installer à l'étranger, c'est un peu la panique et je croule sous les choses à faire...
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De H.I.P
@lafcadio : Effectivement ton commentaire est intéressant(j'adore la réserve qu'on peut trouver dans ce mot,lol).Il est expéditif mais on te comprend(sans nécessairement adhérer à tes idées),.N'empêche ,une extension de ta réflexion serait bien aussi.
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De Lafcadio
Puisque c'est vraiment gentiment demandé, je vais m'expliquer un peu.
D'abord sur cette histoire de "pensée-marchandise". En fait, Sohn-Rethel est intéressant parce qu'il pose la question des conditions psychologiques de la marchandise. Comment faut-il penser pour concevoir ce qu'est une marchandise? Il répond d'une manière très simple, en faisant valoir que la définition même d'une marchandise est de pouvoir s'échanger contre n'importe quelle autre marchandise par le biais de l'argent. C'est-à -dire que pour "penser marchandise" il faut être capable d'imaginer une interchangeabilité absolue : deux heures de temps ont une valeur, un livre a une valeur, une idée a une valeur (le copyright), etc., etc. C'est vraiment intéressant de voir comment il analyse l'émergence de cette interchangeabilité à la fin du Moyen-Âge, avec par exemple l'invention et la généralisation de l'horloge (un temps homogène et quantifiable, toujours égal à lui-même, pas celui de la clepsydre, du cadran solaire ou des fêtes religieuses), l'apparition de la comptabilité à partie double chez les marchands vénitiens, etc. Parallèlement, la place de qui est "sacré", "mis à l'abri" pour telle ou telle raison (racine indo-europénne "sacer", "séparé", voir le dictionnaire de Benveniste) diminue sans cesse... C'est le vers d'Ezra Pound : "the temple is holy because it is not for sale".
Maintenant, si j'en viens aux pré-supposés tacites de cette façon de penser, l'un des principaux est que toutes choses sont égales entre elles, partant, "naturelles" aussi longtemps qu'elles continuent à s'échanger, circulent sur le marché (c'est la raison pour laquelle les libéraux parlent des lois "naturelles" du marché, le reste étant, à proprement parler, "immonde"). Tout est plus ou moins "naturel", parce que, dans le monde des consommateurs, tout se vaut. La marchandise est anti-métaphysique au dernier degré (et c'est aussi la raison très prosaïque de la domination des théories de Russell et Wittgenstein dans les facs de philo anglo-saxonnes). Toute question du genre : "pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?" est nulle et non avenue. Pourquoi les gens sont-ils homosexuels, se révèlent-ils en tant que tels, etc. ? Peu importe ! Tout le monde est "born this way", "il est ce qu'il est", nul besoin de sonder les coeurs et de chercher à comprendre. Il n'y a rien à comprendre. C'est d'ailleurs ce qui est frappant avec cette théorie du genre : une fois qu'on a dit, en gros, "le genre, c'est très compliqué", on a tout dit. Même, curieusement, on arrête de réfléchir. Allez-y voir chez Judith Butler, elle pond trois cents pages de pataquès pseudo-post-machin pour finalement... ne mener à rien.
Or, et c'est là que je voulais en venir, l'homosexualité n'est pas seulement une préférence sexuelle. Je ne crois pas, pour reprendre une formule de l'affairiste Pierre Bergé qui relève du même raisonnement que je viens de citer, "qu'on soit homosexuel comme on a les yeux bleus." D'abord, l'histoire ne nous enseigne pas seulement que la proportion d'homosexuels varie selon les sociétés et les époques (par exemple, au XVIIe siècle, les doges avaient accueilli un afflux massif de prostituées pour combattre une homosexualité galopante, qui leur semblait d'ailleurs de manière assez idiote menacer la pérennité de la ville). C'est aussi que l'importance de la sexualité en général varie selon les époques : plus intense par exemple pendant les périodes de guerre (il y a un très bon livre sur la prostitution sous Vichy dont j'ai oublié le titre), etc.
En fait, chaque société donne à l'homosexualité un certain nombre de significations qui tendront à disposer telle ou telle personne à s'en rapprocher ou à s'en écarter. Par exemple, elle était valorisée comme comportement pédagogique sous la Grèce antique. Autre exemple, elle était aussi conçue comme une preuve particulière de virilité, par exemple sous l'ère Edo au Japon, où certaines écoles de samouraï considéraient qu'il était efféminé d'aimer les femmes. Dans l'islam classique, elle était vue comme purement récréative ("des femmes pour les enfants, des garçons pour le plaisir") - il suffit de voir chez Omar Khayyam, etc.
Et aujourd'hui, dans une société qui n'est plus (ou moins) gouvernée par une norme unique, on retrouve plusieurs genres d'homosexuels (et aussi d'hétérosexuels), dont l'orientation est une part de leur personnalité plus globale : certains qui poussent dans cette direction l'amitié virile, ou à l'inverse des "garçons sensibles", ou encore des intellectuels qui retrouvent là quelque chose qui correspond à leur forme d'intelligence (on pourrait comparer l'homosexualité chez Proust et Gide dans ce sens - Deleuze le fait dans son livre sur "Proust et les signes"), etc., etc.
C'est d'autant plus vrai - et d'autant plus complexe - que les préférences changent parfois dans la vie, non seulement entre hommes et femmes, mais aussi, quand on est gay sur le genre d'homme qu'on aime, le fait d'être actif ou passif ou Dieu sait quoi.
Il me semble qu'il y a quelque chose d'obscurément médiocre à faire de la préférence sexuelle ou du "genre" (pire encore, parce que là on n'est plus seulement dans la sexualité mais dans l'identité) le résultat d'une combinaison jeu de chromosomes. C'est bien beau de faire des "prides", d'être "fier" - mais encore faudrait-il savoir de quoi.
Faute de quoi, on n'est rien que des consommateurs comme les autres, "digérés" par le système comme les autres...
Voilà voilà ...
Je répète ce que je disais à la fin de mon premier message : à force de répondre à des cons, on arrête de réfléchir, et on devient aussi dogmatique qu'eux.
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De Sokar
@Lafcadio (Hearn ou Caves du Vatican ?)
Je trouve ton propos admirablement construit et argumenté. Je pense en effet qu'il faudrait plus s'interroger sur la part de culturel là dedans et au lieu de voir dans l’homosexualité quelque chose de génétiquement défini et arrêté, plutôt une construction perpétuelle.
Par contre je reste dubitatif sur ta variable de la proportion d'homosexuels, car je crois qu'il s'agit plus d'une question de visibilité de la chose qu'une réalité quantifiée car des époques et des lieux à un moment acceptèrent plus ou moins la chose ainsi si la législation britannique de la fin du XIXe siècle condamnait les homosexuels, je ne crois pas que cela provoque une baisse du nombre mais plutôt une baisse de la visibilité.
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De Lafcadio
@ Sokar
Merci ! (Et c'est les deux... J'aime Gide et j'ai vécu en Asie)
Oui, bien sûr, la répression joue un rôle, mais pas que... Par exemple, dans Le Banquet de Platon, il n'est quasiment question que de l'amour homosexuel, il paraît évident à tous les convives que c'est vraiment la forme d'amour "qui compte", le thème qui les inspire... alors que rien n'empêchait les Grecs d'avoir des relations avec des femmes. Exemple inverse, il y a chez Plutarque (donc Ier siècle ap. JC) un dialogue entre plusieurs personnages, dont un qui préfère les garçons, et même si celui-ci n'est pas encore du tout objet d'opprobe ou de risée, on sent qu'il passe au second plan, qu'il a perdu la partie. J'ai pas le livre sous la main, mais je crois que Foucault en parle dans les Dits et Ecrits, il faudrait voir dans l'index à la fin.
En fait, je suis peut-être allé trop loin avec mon histoire de "proportion". Je ne sais pas. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que l'"importance" sociale des homosexuels varie avec le temps. L'interdiction, de ce point de vue, en est un indice. Il est des pays qui ont interdit l'homosexualité au XIXe parce qu'ils la considéraient comme un danger (l'Angleterre, la Prusse), et d'autres, comme la France, qui la considéraient comme une chose si périphérique qu'elle ne nécessitait pas de législation particulière (l'inscription dans le code pénal date de Vichy, en fait).
Bon courage à toi, et bonne journée.
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De Sokar
@Lafcadio
Je suis d'accord sur l'image de l'homosexualité qui change et influe sur l'acceptation de cette dernière depuis l'Antiquité, même si en Grèce, l'homosexualité mise en place par la "paideia" est plus un moyen d'instruire et une part de la morale grecque puis romaine condamnée l'homosexualité masculine passive, d'ailleurs je crois que le droit romain pouvait destituer de sa citoyenneté un Romain coupable d'homosexualité passive et des sanctions plus lourde si l'actif était un esclave ou un affranchi. Platon dans "Le Banquet" évoque clairement l'homosexualité mais aussi et surtout l'amour, l'éros, sans la contingence de l'orientation sexuelle, et sans doute le discours de Diotime (rapporté par Socrate) permet de voir d'abord, uniquement, Éros comme médium, une recherche philosophique du beau. La recherche spirituelle de la beauté permet la production de la joie et du bonheur et est ce mouvement de création depuis l'amour d'un corps jusqu'à l'amour en général pour spirituellement produire de la vertu. Le corps est donc le moyen d'atteindre cette vertu, qu'il soit homme ou femme n'est guère important.
Ailleurs, au IIIe siècle, Vatsyayana en écrivant son traité du désir, constate que l'amour entre hommes, le désir entre hommes, le sexe entre hommes sont également des média pour atteindre la félicité à côté d'un schéma binaire homme+femme, et qu'il existe ce qu'il appelle un troisième sexe voire une infinité de sexes selon le rapport de chacun au désir pour atteindre le désir véritable et là aussi si, en général, la morale hindouiste déprécie ou condamne l'homosexualité, pour Vatsyayana c'est un état de fait et la morale ne concerne que celui qui veut s'y conformer (relativisme).
En France, après la Révolution la Constituante dépénalise l'homosexualité et le Code Civil garde cette dépénalisation (on a trop fantasmé sur le rôle de Cambacérès qui ne fait que reprendre le texte de la Constituante)
Sans doute dans nos société occidentales, amollies par la paix et la trop grande certitude de la démocratie et de la liberté, nous reposons nous trop sur ce que nous croyons définitivement acquis.
Aung San Suu Kyi dans "Freedom from fear" déclare que la démocratie n'est pas totalement acquise mais qu'au contraire c'est un combat quotidien pour mériter et faire valoir sa liberté. Sans doute doute, oublions-nous alors dans notre confort consumériste que rien n'est irréversible, et que le pire peut revenir.
D'où, en fait, la nécessité d'être vigilant et de toujours s'interroger et d'historiciser la question comme tu le rappelles, tout en gardant à l'esprit que la question du genre et sa définition n'est pas réglée mais qu'au contraire il faut aller de l'avant, par la philosophie, la sociologie et autre pour redéfinir ce qui fait l'identité de l'individu et son rapport aux autres loin de la binarité hétéronormée catholique.
Ainsi l'identité de l'individu est une construction perpétuelle, sans doute en reprenant Platon et le discours de Socrate, la rechercher de l'identité et son accomplissement sont de la même sorte que l’Éros et c'est par cette recherche de la vertu que l'homme peut se définir.
De même ne pas croire que tout ira forcément en s'améliorant pour la condition des LGBT dans le monde et en France, car même si aujourd'hui la démocratie, la liberté d'expression, les législations nationales et européennes permettent de défendre un minimum de droits, il est toujours possible de tendre vers la régression à cause de discours obscurantistes dus à la religion ou à l'ignorance et qu'en continuant à tenter de définir ce qu'est un genre mais aussi la construction de l'identité, on peut marginaliser, combattre, discréditer ses discours intolérants.
La théorie du genre enseignée n'est donc pas un dogme mais un médium pour se questionner et faire se questionner la société et les hommes sur ce sujet afin d'atteindre une meilleure compréhension de l'autre mais aussi de soi.
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De Lafcadio
Sokar, je t'ai répondu, mais comme je suis une bille en informatique, ma réponse n'apparaît pas ici. Elle est tout au fond, dans les limbes, dans la dernière page des commentaires...