Flaming P. Project: Christine Gun parle de son rock enflammé
Flaming P. Project encore plus rock et plus girlie a enflammé le Showcase le 17 octobre dernier, à Paris. L'occasion d'une interview avec sa figure lead Christine Gun (Moonstruck , X Syndicate).

TÊTUE: Flaming Pussy vient de devenir Flaming P. Project, pourquoi l'abandon du «pussy»?
Christine Gun: Il n'y a pas d'abandon mais l'ajout d'une particule: «Project». Nous sommes toujours un groupe de filles à majorité lesbienne, et l'idée du band à proprement parler ne nous intéresse pas. Ca reste un projet ouvert avec des choristes, des guest musiciens, etc.
Te sens-tu proche des Lesbians On Ecstasy par exemple? Quelles sont tes influences?
A l'époque de leur 1er album éponyme Lesbians On Ecstasy en 2004, leur son était plutôt un assemblage de samples assez électro. Nous sommes, à l'inverse, un vrai groupe de rock classique avec des compos style couplets/refrains. Sur scène, tout est joué. Je double la partie rythmique avec une MPC afin de lui donner un son plus synthétique. Mes influences sont très rock voir métal car je joue aussi dans X Syndicate (métal girl band 1998). Elles sont aussi très punk sixties (mon 1er groupe Moonstruck 1993). Et j'aime beaucoup les groupes un peu barrés style stoner ou grindcore. Quant à l'électro, j'en écoute très peu en général. Je la danse plutôt!
C'est quoi la définition de l'engagement aujourd'hui et du rock engagé selon toi?
Juste ne pas cacher que l'on est lesbienne, c'est déjà pas mal. Après faire du rock engagé, je ne sais pas. Le fait que nous soyons des filles sur scène qui déchirent musicalement, ça peut pousser à la réflexion quand on joue souvent devant un public hétéro. Pour moi, le message est avant tout musical. J'ai composé une musique pour le prochain documentaire porno d'Emilie Jouvet, on peut dire que c'est du rock engagé. J'ai également créé un label Bonnie Records. Pour l'instant, nous ne produisons que du rock féminin. C'est une autre forme d'engagement.
Il y a aujourd'hui une vraie explosion de la visibilité des lesbiennes (enfin!), qu'en penses-tu?
Je pense juste que deux filles qui s'embrassent, ça peut faire vendre plus de papier. Quand les filles deviendront de vraies consommatrices comme les garçons, alors nous aurons de vraies boîtes de nuit et de vrais bars. Le Marais à Paris est à 99% gay. Où sont les filles? Il y a encore un vrai problème de visibilité. La seule scène émergente aujourd'hui est la scène queer où il y a des idées, des débats, des lieux pour parler et consommer. Un vrai discours en somme. Paris devient une vieille ville à tous points de vue et question gay, on est un peu dans le «tiers monde»! A quand une gay pride d'une semaine comme à Stocklom cet été?
Une tournée de Flaming P. Project en préparation?
Un 2e album est en préparation et une tournée en 2010. Toutes les informations sont sur notre myspace.
Selon toi, la nouvelle génération de lesbiennes est-elle sensible aux Riot Girls? Ou préfèrent-elles la scène queer ou/et hip hop, électro?
La nouvelle génération est plus ouverte musicalement et ça fait du bien. Elle se balade un peu partout, dans tous les milieux et sans tabous. C'est très agréable. Le Riot Girl pour cette génération est un peu has been! Pourquoi militer pour nos droits? Cette génération de lesbiennes est arrivée après tout ça et les droits sont déjà acquis. Ca n'a donc plus le même sens. Le problème est que sans combats, les droits ne restent pas. A un moment ou un autre, il faudra que cette nouvelle génération défile à nouveau pour se faire entendre.
Jesus was a Girl par The Flaming Pussy (Autoproduit: Elliott Prod/Bonnie Records)
Disponible à la Fnac, Paypal, et dans certains points de vente.
PHOTO Kael T Block/ Concert au Showcase du 17 Octobre 2009

















