Evénement: Un footballeur gay de L1 raconte le poids du placard
Pour la première fois, un joueur de foot français de haut niveau a accepté de parler de son homosexualité – sous couvert d’anonymat – dans un livre sur les dessous du sexe dans le football, à paraître jeudi. Son témoignage n'est pas réjouissant.

«Il n’y a pas d’homos dans le football». Combien de fois cette phrase a-t-elle été entendue? Et pourtant, il existe bien des footballeurs gays. Et même parmi les cadors de la discipline! Dans leur livre-enquête Sexe football Club (ci-dessus), à paraître jeudi, les journalistes Bruno Godard et Jérôme Jessel racontent leur rencontre avec un joueur homo de Ligue 1, et le nombre d'infinies précautions qui ont entouré cette entrevue afin que rien ne filtre qui puisse révéler son identité.
Car c’est la première fois qu’un footballeur de première division, encore en activité, s’exprime sur la difficulté d’être homo. Bien sûr, on voudrait savoir de qui il s'agit, avoir un indice. Mais les auteurs du livre ne laissent aucune prise. Ils lâchent cependant qu’ils ont été «stupéfaits» en découvrant son identité, à l'heure du rendez-vous. Notamment parce que celui-ci n’est jamais cité dans les «rumeurs qui traînent».
«Je ne suis pas là pour faire mon coming-out»
Dès le début de l’entretien (5 pages dans le livre), le mystérieux footballeur met tout de suite les choses au clair: «Je ne suis pas là pour faire mon coming-out». Il poursuit. «Je suis là pour vous expliquer comment on vit dans le monde du foot, quand on est, comme moi, un peu différent». Au cours de l’interview – les journalistes ont du ôter les piles de leur magnéto pour rassurer le sportif sur l'absence d'enregistrement –, il raconte son calvaire quotidien, la loi du silence qui prédomine dans le milieu du football.
«Dans le foot, explique-t-il, on ne peut pas dire que l’on est homo. L’homophobie est partout. Dix fois par jour, j’entends des "on n’est pas pédés", depuis que j’ai douze ans.» Pourquoi ne profite-t-il pas de l'entretien pour sortir du placard? Son coming-out ferait tellement pour lutter contre les préjuger, faire avancer les mentalités. La réponse de l'intéressé a «fusé» selon les journalistes.
«Je ne suis pas un héros»
«Je sais que si je sors du placard, je vais aider les gens, explique le footballeur. Mais moi, vous y pensez? Ma famille? (…) Je ne suis pas un héros.» Et d’ajouter: «Tant que je joue au plus haut niveau, je ne peux pas dire qui je suis vraiment, c’est comme ça.» Le footballeur évoque aussi les idées reçues sur les gays dans le foot, les moments de déprime qui l’ont parfois rendu moins performant sur le terrain, le garçon avec qui il est en couple. Il parlera «peut-être un jour», pour le moment, il préfère vivre discrètement.
L’intégralité de l’entretien avec le footballeur gay anonyme de L1 est à lire dans le livre Sexe football club, les dessous du foot (édition Fetjaine). A noter, l’ouvrage compte aussi d'autres pages intéressantes sur l’homophobie dans le football, les folles rumeurs sur Yoann Gourcuff, sans oublier Yoann Lemaire, joueur de foot amateur victime d’homophobie dans son club et Louis Nicollin, le président de Montpellier «pas toujours très gay».
La photographie est illustrative et n'a pas de rapport avec le joueur évoqué.











LES CHAÃŽNES 














0
De tigerx
Quelle tristesse le foot...
0
De NémoGizmo
sur le fond le témoignagge est intéressant (dans le bouquin "Sexus footballisticus" il y a quelques années, des choses de ce genre étaient abordées je crois), mais c'est vrai que penser qu'en 2011 il se sent ou il est OBLIGE de rester anonyme est assez tragique...
encore un qui se déclarera APRES la fin de sa carrière...
0
De Benji - Grand méchant gay
L'anonymat est une stratégie intéressante, il permet de parler de l'homosexualité dans ce sport sans qu'on puisse disqualifier son témoignage (lui, je le connais bien, il est spécial, etc) et en plus, si d'autres joueurs le suivent dans cette démarche, il permet un effet de groupe et la protection qui va avec.
L'anonymat peut justement faciliter une révélation éventuelle AVANT la fin de sa carrière.
0
De SixMilesAway
Quelle tristesse en effet, je ne comprend que l'on puisse s'épanouir dans un métier quand on ne peut être soi-même... Le salaire sûrement ?
J'ai déjà travaillé dans des univers homophobes et à chaques fois je suis parti, je n'essais pas de faire changer les gens ils sont comme ils sont et je suis comme je suis.
0
De vpi79
J'attends encore que le successeur de Rama Yade reprenne l'action qui avait été entreprise par elle en soutenant l'action du PFG.
Engagement depuis complètement oublié par son successeur qui est resté totalement invisible.
Espérons qu'à la lumière du dernier scandale dans l'équipe de France, le ministère décidera de frapper plus fort que la simple sanction de quelques personnalités et réengagera le soutien vers la charte proposée par le PFG, et étendue à une charte contre toutes les exclusions (comme celles récemment contre les double-nationaux qui sont français et n'ont pas à subir ce genre de discrimination même s'ils conservent le droit justement de choisir leur évolution professionnelle : ce droit a peut-être une contre-partie financière mais elle ne concerne que les clubs professionnels dans leurs négociations commerciales sur les coûts de formation, mais il ne peut certainement pas être vu sous l'angle de quotas basés sur les origines ou la nationalité : on ne peut pas empêcher un français de vouloir travailler à l'étranger, ou changer d'employeur, c'est aux employeurs de s'arranger entre eux, car c'est le droit normal du travail et il est interdit de discriminer entre eux les français de droit sur la base qu'ils ont éventuellement une autre nationalité ou origine).
0
De laurent paris
@ vpi79, je ne sais pas si Jouanno est "totalement invisible" mais elle semble bien décidée à faire appliquer cette charte aux fédérations.
http://www.tetu.com/actualites/media/chantal-jouanno-ump-pour-le-mariage-homo-et-ladoption-19090