Européennes: l'UMP aux abonnés absents
Malgré des demandes réitérées, le parti du président de la République n'a répondu favorablement à aucune de nos demandes d'interview. Ses représentants auraient-il du mal à assumer la politique ultraconservatrice du PPE, le groupe dont l'UMP fait partie au Parlement européen, à l'égard de l'égalité des droits?
Carton rouge pour l'UMP (et les partis qui constituent la majorité présidentielle): malgré des demandes réitérées, le parti du président de la République n'a répondu favorablement à aucune de nos demandes d'interview. Il y a déjà trois semaines nous avions, dans un premier temps, contacté Stéphane Dassé, porte-parole de GayLib, le mouvement homo associé à l'UMP: après un appel courtois, il nous avait alors orienté auprès de l'équipe de campagne de Michel Barnier, tête de liste UMP-Majorité présidentielle en Île-de-France: «J'en ai parlé à certains membres de l'équipe», nous avait-il précisé.
Par la suite, nous avons donc contacté un premier conseiller de M. Barnier, auquel nous avons fait une demande pour une interview de Rachida Dati, deuxième sur la liste Ile-de-France. Il nous alors été répondu que «son emploi du temps, comme ministre de la Justice ne lui permettait pas de nous répondre». Notre demande s'est donc orientée vers Michel Barnier, principal leader de la campagne pour l'UMP.
Overbookés
Quelques jours passent, sans réponse. Nous appelons de nouveau le conseiller qui nous dit alors que «l'emploi du temps de Michel Barnier est très chargé, il est également Ministre, et son planning de campagne est déjà fixé depuis deux semaines». Notons que notre demande portait sur une interview au téléphone, d'une vingtaine de minutes tout au plus... Le pauvre conseiller nous alors expliqué qu'il allait en informer les responsables de la communication de l'UMP pour nous trouver un plan B. Depuis aucune réponse...
De notre côté, nous avons tenté une troisième demande d'interview. Cette fois auprès de Dominique Baudis, tête de liste sud-ouest pour l'UMP-Majorité Présidentielle. Depuis la semaine dernière, nous avons ainsi été en contact téléphonique à deux reprises avec son attachée de presse pour la campagne, qui était désolée de ne pouvoir nous donner une réponse favorable, là encore pour des questions d'emploi du temps. Bien évidemment.
Une situation exceptionnelle
C'est donc une première depuis longtemps pour un magazine comme TÊTU: précédemment nous avions en effet interrogé Nicolas Sarkozy lors de la campagne des présidentielles de 2007, mais également plusieurs personnalités de droite durant les municipales en 2008 (Jean-Claude Gaudin, Alain Juppé, Françoise de Panafieu...).
L'année dernière, Rama Yade, secrétaire d'État aux Droits de l'homme, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, mais également Xavier Darcos, ministre de l'Éducation Nationale, avait répondu à nos questions au sujet de leurs projets respectifs.
Bilan européen
L'UMP est probablement embarrassée par son bilan au Parlement européen. En effet, le 2 avril dernier, lors de l'adoption du rapport de la députée européenne Kathalijne Buitenweg sur la proposition de directive horizontale pour l'égalité de traitement et contre les discriminations fondées sur la religion ou les convictions, le handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle, les élus de l'UMP se sont notamment prononcés: pour l'exclusion des PME du champ d'application des dispositions anti-discrimination; contre l'obligation faite aux Etats de permettre aux associations de se porter partie civile, afin de favoriser l'accès des victimes à la justice; contre la généralisation de l'obligation d'indemniser les victimes de discrimination; contre le renversement de la charge de la preuve en faveur des victimes, comme c'est pourtant le cas dans le cadre des directives anti-discrimination déjà adoptées.
«Pschitt»
Lors de l'ouverture des votes en session plénière, le PPE et l'UMP avaient par ailleurs soutenu un amendement visant à rejeter la proposition de directive de la Commission, la grande majorité des élus de la droite européenne confirmant ainsi son refus de tout progrès législatif en ce sens lors du vote final du Parlement. Comme le souligne Stéphane Dassé dans Têtu News de ce mois-ci, GayLib «ne s'est pas beaucoup impliquée» dans l'élaboration de la directive contre les discriminations, alors même que la France et son gouvernement de droite exerçait alors la présidence de l'UE. Pour expliquer cette situation, Stéphane Dassé se justifiait en ces termes: «Problèmes d'organisation... Nous avons déjà beaucoup à faire sur le plan national.»
Entre le projet d'une union civile qui dort dans les cartons, pourtant promise par Nicolas Sarkozy dans TÊTU durant la campagne présidentielle, et le recul imposé par la majorité à Nadine Morano, la secrétaire d'État à la famille, sur son projet de statut des beaux parents, on ne peut que constater que le «volontarisme» affiché par le Président de la République fait «pschitt» en ce qui concerne les droits LGBT.


















De NémoGizmo
le titre résume tout... quel mépris! on voudrait nous faire croire que Mme Dati (entre 2 séances de shopping ou passage à Roland Garros où elle a été vu) serait totalement débordée? Et tous ces leaders UMP qui étaient entassés jeudi soir pour leur ultime meeting à Paris, ils n'avaient pas 7 mn à vous consacrer sans rire? c'est du grand "foutage de gueule"... On s'en souviendra pour les régionales, au printemps 2010!!! Même s'il veulent nous vendre, pour ce vote là, la "modernité tolérante" de Roger Karoutchi, Mmes Valérie Pécresse & Rama Yade en Ile de France par exemple... alors que leurs votes locaux ne sont pas + brillants que leurs amis europdéputés UMP/PPE.