Du cinéma lesbien à l’affiche du deuxième «Eté indien» à Nice ce week end
Forte du succès encourageant rencontré l'an dernier par sa première édition, l'association revient du 23 au 30 septembre avec la deuxième salve de «l'Eté indien», son festival de cinéma LGBT niçois. Et cette année, les réalisatrices lesbiennes sont particulièrement à l'honneur!

Vincent Péchenot, Jacky Siret, Brigitte Riffaud et Jean Flores, les principaux dirigeants de Polychromes, l'association culturelle LGBT qui organise ce deuxième «Eté indien» du 23 au 30 septembre à Nice (Photo Frédéric Maurice/TÊTU).
C'est bien connu: l'été indien est particulièrement cinégénique sur la Côte d'Azur. Il l'est davantage depuis que Polychromes lui consacre un festival. Une semaine de projections dans trois salles de Nice. Pour la plupart des films en avant-première. Certains en présence de leurs auteurs.
Resserré autour des œuvres, le programme se veut plus riche. Neuf long-métrages. En fait, l'essentiel de la production gay de l'année écoulée. Quelques-uns des films sélectionnés ont d'ailleurs déjà fait sensation. Comme Jamais sans toi du brésilien Aluisio Abranches sorti en France le 12 mai, une troublante histoire d'amour entre deux demi-frères. C'est aussi le cas de deux autres pépites découvertes au dernier Festival de Cannes: les Amours imaginaires du surdoué canadien Xavier Dolan qui met en scène la rivalité entre deux amis, une fille et un garçon, s'éprenant du même mec et Kaboom, production américaine déjantée de Gregg Araki qui a remporté la première «Queer palm» décernée sur la Croisette au film le plus gay. Enfin, tout juste sorti dans les salles (le 22), Un Amour fou, documentaire dans lequel Pierre Thoretton retrace les cinquante années, ardentes et tourmentées, de passion entre Yves Saint Laurent et Pierre Bergé.
Trois longs-métrages lesbiens pour le crû 2010
Mais ce qui caractérise cette deuxième édition, c'est aussi la place accrue accordée au cinéma lesbien. Avec trois films projetés au cours d'une «soirée filles» le 27. I Can't think straight de Shamin Sarif, deux femmes aux origines orientales qui se rencontrent à Londres et vont vivre une romance bouleversante. And then came Lola d'Ellen Seidler et Megan Siler, la course frénétique à travers San Francisco d'une photographe en quête de la copine et du job de ses rêves. Enfin, dans un registre d'auteur plus exigeant, Bandaged, un thriller de Maria Beatty dans lequel une jeune femme défigurée s'amourache de son infirmière au passé trouble. «C'est un film très photographique que nous aurons la chance de projeter en présence de sa réalisatrice qui est ouvertement lesbienne», s'impatiente Brigitte Riffaud.
En charge de la sélection féminine, la secrétaire adjointe de Polychromes espère susciter l'intérêt « car on a toujours plus de mal à attirer les femmes que les hommes dans tous les événements culturels qu'on organise. C'est pourquoi on a donc construit cette programmation lesbienne de façon éclectique afin que chacune puisse y trouver son bonheur.»
L'ambition de l'Été indien: la diversité
La diversité, c'est plus généralement l'ambition de l'Eté indien. «On va même jusqu'à proposer Shahada, un film allemand de Burhan Qurbani dont la thématique n'est pas directement gay, mais qui interroge sur la difficulté qu'ont les jeunes musulmans à trouver leur place dans nos sociétés occidentales», relève Jacky Siret, coordinateur du festival qui se réjouit de la participation de SOS racisme au débat qui suivra cette projection le 28. Car même s'il tient à privilégier le septième art, l'Eté indien ne se cantonne pas aux projections. Outre l'ouverture et la clôture qui donneront lieu à des soirées, divers événements agrémenteront ce deuxième opus : un concours photo, un brunch associatif ou encore un concert de la chorale de Polychromes.
Renforcer la culture homo sur la Côte d'Azur
Au-delà du cinéma «qui est l'une des disciplines artistiques que la culture gay a le plus imprégnée», pour le président Jean Flores, «il est important de donner une consistance à cette culture homo sur la Côte d'Azur qui est depuis longtemps, sans le dire, une destination prisée des artistes homosexuels comme Jean Cocteau, Jean Marais et tant d'autres. Bien que plutôt conservatrice, voire réac', cette région abrite une importante communauté gay pour laquelle l'offre culturelle était inexistante avant Polychromes. Sans "l'Eté indien", plusieurs de ces films, pourtant dignes d'intérêt, n'auraient jamais été projetés dans la région. Leur donner l'existence qu'ils méritent auprès du public, c'est la fonction pédagogique et citoyenne d'un festival comme celui-ci.»











LES CHAÃŽNES 














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De Laurean
Je trouve toujours dommage de lire qu'en France les lesbiennes se bougent moins, mais je l'ai constaté moi-même.
J'ai suivi pendant 3 ans les festival du film gay et lesbien de Tokyo et chaque année la programmation était incroyable et variée. Les films lesbiens sont aussi présents que les films gays et on trouve aussi bien des hommes que des femmes chez les spectateurs des 2 genres.
Tous mes encouragements à cette initiative ! Je leur souhaite que le public de tout bord se déplace en masse !
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De Avigailtjie
Je suis tout-à -fait d'accord avec Laurean: il serait même très intéressant de faire une comparaison entre les pays en prenant quelques exemples. Israël est très en avance sur le plan de la vie sociale des lesbiennes; la société islandaise, scandinave, mais aussi le renouveau en Allemagne et sans doute dans les pays asiatiques seraient des exemples à suivre. Cela dit, la vitalité des lesbiennes sud-africaines, blanches ET noires ou métis est saisissante avec des oeuvres adéquates!