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«Des préservatifs pour le pape», par tous les moyens

Par Antoine Mokrane-Fernandez samedi 28 mars 2009, à 16h08 | 4794 vues
Plus de: sida, Benoît 16, Prévention, préservatif, action, Facebook

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Depuis les propos de Benoît 16, la semaine dernière, les associations et des réseaux sociaux du web ne manquent pas d'imagination pour marquer leur indignation.

Depuis les propos du pape sur les préservatifs, les réactions ne manquent pas, mais les propositions d’actions non plus.

Sur Facebook, les catholiques ne sont pas les seuls à réagir. Des groupes polémiques tels que «Je porte plainte contre le pape, me soutenez vous?» ou encore «Vivement que le pape soit une femme vraie ou fausse» sont apparus.

Désormais, tous les dimanches est organisé un lâcher de préservatifs devant le parvis de l'Église Saint-Eustache à Paris, pour une opération nommée «une capote pour le pape». L'action consiste à gonfler un maximum de préservatifs et à les lâcher dans le ciel. D'autres ont eu l’idée de remplir les urnes des églises avec des prophylactiques. Le projet le plus fou est celui qui consiste à envoyer un maximum de capotes par courrier, de façon à obstruer le petit bureau de poste du Vatican.

Si toutes ces actions semblent motivées par une saine colère, on peut tout de même s’interroger sur leur efficacité pour obtenir un changement de discours de l’Église. Tandis que l’Espagne, dès la déclaration du pape, s’est décidée à envoyer des milliers de préservatifs aux populations africaines, le pape devrait ne pas en faire un aussi bon usage… Surtout, pour prouver que la capote est efficace et nécessaire, le mieux est encore de l’utiliser !

Photo: DR.

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13 réactions de la communauté

 
Numa

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De Numa

Le 28 mars à 17h31

Vos commentaires, Antoine, sont de bon sens : plutôt que d'envoyer des préservatifs à Ratzinger ou d'en faire des ballons, il vaudrait mieux faire un don aux associations.

 
hector dumas

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De épicure

Le 19 juin à 18h15

l'un n'empêche pas l'autre

 
Evergète

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De Evergète

Le 28 mars à 18h37

On le voit bien: l'emprise de l'église catholique sur le continent africain est dangereuse. Ce qui est tout aussi dangereux que déplorable réside dans le fait que la fraternité et la solidarité par l'éducation, l'aide morale et matérielle soient tenues, sur ce continent, comme ailleurs, par l'église. Les évènements papaux récents contribueront, je l'espère, un temps soit peu, à ce que des associations, et/ou des organisations et/ou des Etats prennent davantage encore à leurs comptes certaines valeurs humanistes et universelles, apanages dangereusement actuels de spiritualités dévoyées.

Frédéric

 
J-C Le Bear

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De J-C Le Bear

Le 28 mars à 22h54

un lache de presos vous etes folles ou quoi ! alors que dans certains pays on n'en trouve a peine quel gachi... je pense que l'on devrait faire un immense die-in devant le parvi de toutes les eglises ! et pourqoui pas se discommunier comme l'essaye de faire un pote a londres - membre d'outrage ! y'en a marre que l'eglise decide de notre sexualite et signer le groupe sur facebook (pour une fois un groupe intelligent sur ce site) de porter plainte contre le plainte ok ca ne donnera rien mais on moins on ne gacherai pas des capotes avec cette idiotie de les balancer...

 
Numa

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De Numa

Le 29 mars à 01h26

Eh ! Personne ne parle ici du recul sur le statut de beau-parent ?

Morano est à moitié désavouée face aux critiques de l'aile droite de l'UMP ! Le projet est reporté selon le Monde et le Figaro !

Et c'est Léonetti qui va être chargé du dossier ! Leonetti ! Le gars qui a plombé le projet sur la fin de vie !

Y a de quoi se révolter contre tout ça.

 
Numa

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De Numa

Le 29 mars à 03h14

Un lien ici : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20090328.OBS1065/statut_du_beauparent__le_projet_de_loi_est_reporte.html

Je suis dégoûté.

Bizarre que l'événement n'ait pas été indiqué sur le site de Tetu, j'ai manqué l'article quelque part sur le site ?

 
NémoGizmo

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De NémoGizmo

Le 29 mars à 15h37

des nouvelles du rassemblement d'assoces homos à Lyon, devant la cathédrale ce dimanche??

 
bearamber

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De bearamber

Le 30 mars à 15h36

En ce qui concerne ce qui s'est passé à Lyon dimanche matin, voici le compte rendu que l'on peut lire sur le site lyoncatholique.fr:




« Que personne ne soit jugé, que tous soient aimés »

C’est une rencontre rare et constructive qui s’est déroulée à Fourvière, dimanche 29 mars 2009. La matinée s’était pourtant ouverte sur les cris de « Benoît XVI, assassin », lors d’une manifestation organisée par des associations lyonnaises gaies, lesbiennes et transsexuelles ainsi que des associations de lutte contre le sida pour protester contre les propos du pape au sujet du préservatif.

Quelques minutes avant le début de la Messe de 11h, une soixantaine de personnes étaient réunies autour d’une banderole proclamant : « La capote, c’est la vie, l’Eglise l’interdit ». En face, quelques dizaines de jeunes catholiques redisaient, quant à eux, leur amour et leur attachement pour le pape. En sortant de l’archevêché pour se rendre à la basilique, le cardinal Philippe Barbarin a proposé de rencontrer une délégation des manifestants à l’issue de la Messe, convaincu que le dialogue est toujours possible. [1]

Les sept manifestants reçus à l’archevêché ont reconnu l’importance de se rencontrer et ont exprimé le besoin de comprendre la position de l’Eglise en matière de prévention contre le sida. Face à leur demande, le cardinal Barbarin a d’abord écouté leurs positions : l’un d’eux par exemple, homosexuel et catholique, a dit combien son cœur était aujourd’hui déchiré. L’archevêque de Lyon a voulu relire avec eux la phrase du pape en son entier. En effet, trop souvent les médias n’en ont pas rapporté l’intégralité, occultant son début : « s’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut pas dépasser le fléau avec la distribution de préservatifs. Au contraire, ils augmentent le problème. »

Le cardinal les a remercié d’avoir accepté cette rencontre, précisant : « vous venez m’interroger et vous savez ce que vous allez entendre ». Il a ainsi rappelé que l’Eglise veut être la servante de l’amour humain, par l’éducation, ce qui suppose « une humanisation de la sexualité » comme l’avait indiqué Benoît XVI.

Si le dialogue entre les représentants de ces associations et l’archevêque de Lyon n’a pas levé tous les désaccords, certaines incompréhensions s’estompaient progressivement au fil de la rencontre. Le cardinal a pu expliquer la position de l’Eglise qui présente l’amour humain à la lumière de l’Alliance entre Dieu et les hommes. Il a ajouté aussi : « Si l’on n’est pas d’accord avec le chemin proposé par Dieu, que l’on ne se donne pas la mort et qu’on ne la donne pas aux autres ». Le cardinal a rappelé le caractère premier et non négociable de ce commandement : « Tu ne tueras pas ». Les manifestants sont aussi tombés d’accord pour affirmer le besoin d’éducation en matière sexuelle : il ne suffit pas de distribuer des préservatifs, une véritable démarche éducative est nécessaire.

A l’issue de cet entretien, deux propositions de rencontres ont été faites : les représentants de la manifestation ont invité le cardinal à une formation donnée par l’association « Etudiants contre le sida », qui milite pour une prévention accompagnée et éducative ; d’autre part, un représentant de RCF Lyon Fourvière a proposé une rencontre-débat sur les ondes.

PS : Ce texte a été relu et accepté par les protagonistes de la rencontre.

[1] Avant de se rendre à la Messe, le cardinal Philippe Barbarin avait fait la déclaration suivante :
Les paroles du pape Benoît XVI suscitent de graves incompréhensions. Beaucoup ne sont pas d’accord avec lui, et n’acceptent pas l’enseignement que l’Eglise catholique, nourrie de l’Evangile, donne sur l’amour humain. Je suis convaincu que tout cri exprime une souffrance et mérite d’être écouté. Il est toujours possible et souhaitable d’établir un dialogue, dans le respect.

L’Eglise n’est pas la seule à croire à l’amour, à en montrer la beauté, la grandeur et les exigences. Elle transmet un message qui indique aux hommes où se trouve la source de leur bonheur. Elle sait que le cœur de la Bible se trouve dans ces simples mots : « Dieu est amour ». A ceux qui veulent bien entendre cette Parole, l’Eglise dit : « Voici le chemin de votre liberté. Vivez votre amour dans la fidélité. N’ayez pas peur ! Le Seigneur ne vous demande rien d’impossible. Il veille sur chacun de ses enfants, et son amour nous accompagne. »

A tous les autres, doit-elle dire quelque chose ? Je ne sais pas. Mais s’il faut parler, je dirais avec douceur à ceux qui ne veulent pas suivre l’enseignement de Jésus : « Et si vous écoutiez cette voix, pour une fois ? Etes-vous sûr qu’elle ne vous apporterait pas la lumière que nous cherchons tous ? » Puis j’ajouterais : « En tout cas, pour votre bien et pour celui des autres, s’il vous plaît, respectez la vie. C’est notre trésor ! »

A écouter :
- le reportage diffusé sur RCF - Lyon Fourvière lundi 30 mars en cliquant sur l’icône ci-dessous :
RCF


Ces paroles de Son Eminence le Cardinal Barbarin sont pleine de sagesse et sont à méditer.

 
hector dumas

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De Phil86

Le 18 juin à 18h19

bon c'est bien cette rencontre et voir qu'il y a aussi des évêques ouverts et intelligents, bon on s'en doutait un peu, quand même ! - ça fait toujours plaisir... mais que veux dire l'Eglise par « une humanisation de la sexualité » la sexualité ne peut-être qu'humaine, je ne vois pas comment on pourrait "l'humaniser"... bien sûr il faut lutter contre les violences sexuelles, mais à partir du moment ou les deux (ou plus) partenaires sont libres et consentants dans leurs actes sexuels mutuels, il n'y a pas besoin d'humaniser quoi que ce soit... on est en plein dans l'humain !!

 
mandarine-napoleon

0

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De mandarine-napoleon

Le 30 mars à 21h05

bonjour a toud et a toutes ,
moi personnellement je suis pour que des assosiations distibue des capotes a la sorties des messes et des packs de preventions,tennir de telle propos venant du chef de l'eglise est scandaleux ,revoltans ....virer le bon sans ...
heureusement et comme partous ,il ne faut pas en faire une generaliter ,dans les eglises et comme partous il y a des bon et des mauvais .
bien a vous

 
bearamber

0

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De bearamber

Le 30 mars à 23h48

Je vous soumets un texte qui mérite une réflexion sereine :


Sida, les limites du tout-préservatif.

Comment se satisfaire de la pauvreté des débats autour de la prévention du sida en France ? Comment se réjouir de l’unanimisme face aux propos de Benoît XVI affirmant que «le préservatif pouvait aggraver le problème» ? Evidemment, le préservatif est nécessaire, indispensable, indémodable… En Ouganda, berceau de l’épidémie mondiale, une politique de prévention, centrée autour du condom, a montré des résultats dans les années 80. Puis ce fut la confirmation encore plus forte en Thaïlande. Et aujourd’hui, on estime qu’une utilisation régulière du préservatif permet de réduire de 90 % le risque de transmission du sida.
Mais peut-on s’arrêter là ? Aujourd’hui l’épidémie a plus de 28 ans. Elle a changé. Et elle se poursuit. Chacun paraît comme enfermé dans son rôle, brandissant sa saine colère, clouant au pilori le pape. Et après ? Enfermer le débat autour du seul préservatif est contre-productif. Ainsi que dire à un gay qui explique combien il est difficile pour lui de mener toute une vie sexuelle sous préservatif  ? Lui répéter «ce n’est pas grave, vous en mettez un quand même» ? Et s’il n’en met pas ? Comment donner les moyens aux femmes africaines de se protéger, quand elles ne peuvent imposer le préservatif  ?
A la dernière conférence internationale sur le sida, en août à Toronto, un consensus réel est apparu sur la «multiprévention» comme on parle en matière de soins de «multithérapie». Il y a, aujourd’hui, d’autres outils. Et d’abord le traitement, qui peut être la meilleure des préventions. En raison de l’efficacité des molécules antirétrovirales, une personne qui prend son traitement n’est en effet quasiment plus contaminante. Mais voilà, il ne faut pas le dire, il ne faut surtout pas affaiblir le dogme du tout préservatif. Même si, au passage, le risque de rupture d’un condom est plus élevé que celui résiduel d’une personne séropositive sous traitement.
A contrario, comment ne pas s’interroger sur le peu de succès des recherches menées sur les microbicides qui auraient permis à la femme d’avoir les moyens propres de se défendre. Manifestement, on s’est habitué à ces échecs, et on vous répétera encore que de toute façon il y a le préservatif. Pourquoi y a-t-il aussi peu de débats en France sur la réduction des risques en matière de contamination du sida  ? Ce serait faire un trou dans le message essentiel : mettez un préservatif. Pourtant la réduction des risques existe. Ainsi chez les gays, certains pratiquent le «sérotriage» (avoir des relations non protégées, mais uniquement avec des gens de même statut sérologique). D’autres choisissent des pratiques sexuelles moins risquées, ce qui ne veut pas dire sans risque. Des essais sont en cours sur des prescriptions de traitements antirétroviraux, avant une prise de risque. Sans oublier, enfin, la circoncision qui diminue les risques dans une relation hétérosexuelle.
En France, à force de fermer tout débat, la contamination se poursuit. Près de 2 000 nouvelles infections par an. En décembre, la ministre de la Santé a eu quelques velléités de demander un rapport sur les nouvelles politiques de prévention. Devant la réaction énervée des militants d’Act Up, les rapporteurs sont depuis au chômage technique.
Pendant ce temps-là, le Sidaction vient de s’achever. Il a récolté 6 millions d’euros, soit 15 fois moins que le Téléthon.


Eric Favereau

Rédigé le 30/03/2009 à 17:27 | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)

 
vpi79

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De vpi79

Le 18 avril à 04h51

Sauf que ce n'est pas sur le fait que l'Eglise veule défendre d'autres voies de prévntion que tout le monde proteste. Ce qui est indéfendable c'est d'affirmer et même réaffirmer que le préservatif "aggrave" le problème, alors que c'est d'abord le premier moyen de défense, le plus efficace, le moins cher à mettre en œuvre.
Cela n'exclue pas les autres moyens, mais le préservatif, on ne peut pas s'en passer et le barrer en une phrase.

Le pape s'enferme dans ses contradictions, alors que l'Eglise reconnait qu'avant toute chose, la loi première "tu ne tueras point" s'impose sur les autres considérations. On a différents moyens de ne pas tuer, c'est vrai, mais le préservatif reste le moyen premier qui répond à plus de 90% des besoins. Il reste ensuite à traiter ces 10% qui comprennent aussi les cas où la prise de risque est inévitable car involontaire, ou simpelment liée à la lassitude (car il est normal de vouloir à un moment donné se passer ce ce préservatif par quelqu'un qui a déjà consenti beaucoup d'effort pour se protéger et protéger les autres).

A un moment donné, on franchira le pas, mais si tout le monde se protégeait déjà dans les 90% des cas, la maladie n'auraient pas progresssé comme elle l'a fait, et on aurait eu des taux de contamination minimes: dans les 10% restants il serait resté le cas des autres IST nettement plus répandues (et depuis des siècles), avec de nombreuses formes et mutations. Ne serait-ce même que pour le besoin ou l'envie de procréer, l'homme est amené à passer outre les risques, mais il y a des moyens déjà de savoir lesquels ils sont, c'est pour ça qu'on a le dépistage.

Mais aussi les traitements s'ils peuvent éliminer la plus grande partie du risque restant (à condition que la personne suive le traitement, ce qui est du ressort de sa responsabilisation et impose donc de promouvoir le dépistage et ne pas condamner!) Bien sûr les démarches éducatives peuvent aider. De même l'information sur l'utilité de la circoncision (qui a pour effet de kératiniser le sexe et le rendre moins fragile et moins transparent au virus), et des mesures élémentaires d'hygiène et de prophylaxie après un rapport à risque (il reste à étudier les produits efficaces).

De même l'éducation permet aussi de faire en sorte que le plaisir ne passe pas seulement par l'acte sexuel et sa recherche à tout prix. Faire prendre conscience que ce plaisir passe d'abord par le cerveau prend du temps, et le préservatif est là pour aider durant cette phase d'initiation, afin de se rendre compte que ce n'est pas l'acte lui-même qui procure seul ce plaisir. Dès lors on peut avoir ensuite envie de le réserver pour quelqu'un qu'on aime vraiment.
Il ne faut pas oublier qu'on est fait pour apprendre non pas ce qu'on nous impose, mais à partir de nos erreurs et nos expériences ratées.

Le début de la vie sexuelle est une succession d'expériences souvent pas réussies, raison de plus pour se protéger car c'est aussi celle qui expose le plus aux risques, quand le nombre de partenaires et la fréquence peut être plus élevée que le seuil de détection (Rappel: il faut encore 6 mois avec un second test pour que deux partenaires décident de se passer du préservatif).

On peut effectivement se passer du préservatif, mais il faut être patient, et ce n'est pas sans issue: 6 mois d'attente n'est pas une chose impossible à faire, à condition qu'on ait réellement envie de s'investir dans une relation durable et que l'autre partenaire aussi. Ce n'est pas de trop pour juger de cette confiance. Mais dans de nombreux cas, ces tentatives vont échouer dès le début.

Il est évident qu'on ne peut compter seulement sur le préservatif comme seul moyen de prévention. D'ailleurs ce n'est pas ce que cherchent les assos qui voudraient bien avoir quelquechose de mieux à proposer. Mais en attendant, il n'y a pas d'autre voie aussi efficace pour le début des relations, et nottement les jeunes qui sont les plus exposés car non conscients des risques pris, non sensibilisés à la mort qu'ils jugent lointaine, peu concernés par les maladies (qu'elles qu'elles soient) et à la souffrance. L'insouciance ne permet pas de mesurer les responsabilités. Hors c'est en commettant des erreurs qu'on peut apprendre, mais il vaut mieux que ces erreurs soient réparables (et tout faire pour que ce soit le cas), car les comportements initiaux ne résultent pas de choix initialement faciles à réfléchir et comprendre sereinement.
Si on a tous besoin d'expériences, on a tous le droit de faire des erreurs, alors qu'il est assez simple d'en éviter les conséquences à long terme.

Combien de temps faut-il pour qu'un couple puisse se choisir et se stabiliser ? Souvent des années. Combien de temps faut-il pour être à peu près sur de ne plus courir de risque de contamination au sida sans préservatif? 6 mois. Le calcul est vite fait. Le préservatif ne tue pas l'amour et ne ralentie pas ni n'accélère pas la formation des couples. En revanche il les aide à mieux se connaitre et savoir q'ils doivent continuer leur chemin ensembles. C'est ensuite que le reste de l'éducation intervient.

On doit admettre les priorités. Un couple qui se forme et est capable de résister 6 mois non pas dans l'abstinence complète mais dans une secualité maitrisée pourra mieux resister ensuite et aura autres chose à découvrir ensemble. La sexualité du couple formé sera nettement meilleure après cette phase initiale d'apprentissage avec la capote. Sans capote, chaque partenaire se demandera toujours ce qu'il en ait. Sans aucun rapport sexuel dans le couple, un des partenaires risque d'aller satisfaire ses besoins hors du couple. Le préservatif est aussi un moyen de préserver la fidélité, s'il permet l'épanouissement secuel progressif dans le couple lui-même (avec des précautions durant une durée limitée) et non ailleurs.

Et ce n'est pas le mariage ni la fidélité dès que le couple est formé qui garantie immédiatement que les relations sont saines et sans danger: les 6 mois initiaux restent nécessaires pour obtenir cette certitude, que la seule foi ne peut pas apporter.

 
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