DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Tout pareil que son idole Valérie Nicolas!
CHRONIQUE. Les Championnats du monde féminins de handball auraient pu être la compétition de tous les dangers pour des Bleues en construction. Au final, l'aventure sera belle. Et aura permis de mettre en lumière le talent de la gardienne Amandine Leynaud. La relève de Valérie Nicolas?
Quoi qu'il arrive, ce sera un Mondial heureux. Toute à la tristesse d'avoir vu une à une les glorieuses anciennes, celles de l'épopée 99 puis de 2003, partir à la retraite, ou tout comme, l'équipe de France féminine de handball est en pleine reconstruction. Des cadres talentueuses mais encore un peu tendres, qui doivent se forger leur propre expérience avant de pouvoir prétendre à rivaliser avec les meilleures formations mondiales. Voilà ce avec quoi le staff des Bleues, et au premier rang l'entraîneur Olivier Krumbholz, doit composer. Alors, vous pensez, ces XIXe Championnats du monde qui se déroulent en Chine, ce serait beau que la France y fasse quelque chose, mais bon, si cette campagne devait se solder par un échec dès le tour préliminaire, ce serait dommage mais pas complètement inquiétant... Eh bien non, ces «femmes de défi», comme la campagne de communication de la Fédération française de handball les a baptisées, n'ont non seulement pas chuté d'entrée, et ce malgré des débuts poussifs, mais elles ont même mis la manière pour arracher cette qualification! Auraient-elles poussé un peu plus vite et un peu plus fort que ce que l'on pensait? Pas la peine de s'enflammer si tôt, mais tout de même, il y a de l'espoir. Et un beau.
La gardienne à mèche
En particulier au poste de gardienne. L'un des plus essentiels, mais l'un des plus difficiles -pour ne pas dire ingrats- également. D'autant que des années durant, l'équipe de France comptait dans ses rangs ce qui se faisait de mieux à ce poste, ou pas loin: Valérie Nicolas. Ah, Valérie Nicolas... À TÊTUE, on en connaît encore qui pleurent la disparition de sa mèche coincée sous la barrette au beau milieu des cages des compétitions internationales. Mais, alors que les petites jeunes appelées à la remplacer peinaient jusqu'ici un peu à se faire leur propre nom, le match face à l'Allemagne a mis en lumière une jeune femme de 23 ans, originaire d'Aubenas, dans l'Ardèche. Amandine Leynaud. Dix-sept arrêts sur trente-deux tirs adverses: une prestation énorme d'autant qu'elle n'a encaissé son premier but qu'après treize minutes de jeu!
Doudou, trop forte en foot et en saut en hauteur
Amandine Leynaud. Surnommée «Doudou». Déjà la cinquième saison qu'elle assure à Metz, une référence dans l'hexagone. Son nombre, c'est le douze. Celui qu'il y a sur son maillot. Aussi calme dans la vie qu'elle n'est explosive dans ses buts. Travailleuse acharnée à l'entraînement, convaincue que l'une des clés de la réussite est de croire en soi. Elle a en commun avec les plus grandes championnes cette autre conviction qu'au plus haut niveau, la notion de plaisir sur le terrain est primordiale. Elle aime le foot et y a même joué. Mais dans ses (plus) jeunes années, elle excellait surtout en athlétisme, et notamme
nt au saut en hauteur. D'ailleurs, dans son département d'origine, le record UNSS de la spécialité est toujours sa propriété, depuis 1999.
Le chemin le plus court? Le rêve!
Cette année-là, clin d'œil du destin, comme une bonne partie de la France, elle avait suivi à la télévision l'aventure de Lillehammer. Depuis, les étoiles dans ses yeux ne sont plus jamais parties. À l'époque, elle avait été subjuguée par Valérie Nicolas. Dix ans plus tard, la voici bel et bien lancée dans ses traces. D'ailleurs, son rêve pas si secret est d'un jour pouvoir faire comme son idole de jeunesse et devenir la gardienne titulaire d'un club danois. Pour connaître un jour le bonheur d'évoluer dans le meilleur championnat du monde. Tout simplement.
Dans la note biographique consacrée à Amandine Leynaud, la Fédération évoque à son sujet un proverbe malien, qui dit que «le chemin le plus court pour aller d'un point à un autre n'est pas la ligne droite, c'est le rêve». Franchement, va pour ce rêve-là. On s'y rallie les yeux fermés.
Photos: DR.


















De Jimmy Carter
Merci à "têtue" (et à Myrtille Rambion !) pour ses articles sur le sport féminin ! C'est pas dans la presse généraliste qu'on trouvera ça....