DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Sam Stosur, Francesca Schiavone et le fil d'Amélie
CHRONIQUE. Francesca Schiavone et Samantha Stosur sont les finalistes pas si surprise que cela de Roland-Garros. L'Italienne et l'Australienne le devraient-elles à Amélie Mauresmo? Peut-être bien...
Son entourage la surnomme «Schiavo». Littéralement «esclave». Plus qu'un simple diminutif, un terme qui en dit long sur celle qui, justement, a très longtemps été l'esclave tout autant d'une image qui ne lui correspondait pas que d'une éducation qui ne collait pas à son sentiment d'être différente. Et ce terme là, «différente», c'est elle-même qui le revendique. Une famille certes aimante, mais milanaise pur sucre et très italienne dans son approche de l'éducation. Longtemps, donc, Francesca Schiavone est restée en retrait. Besoin d'être en confiance avant de se lâcher, besoin de trouver des bases personnelles qui lui permettraient d'être elle sans peur. À l'écart même au sein de l'équipe italienne de Fed Cup. Mise à mal par les journalistes, notamment ceux de son propre pays, toujours prompts à dégainer les allusions à son physique jugé «masculin».
Mais ce temps est révolu. Désormais, tout le monde connaît Francesca, et tout le monde la prend comme elle est. Elle a gagné la Fed Cup, elle est entrée dans le top 10. Et ce Roland-Garros 2010 restera, forcément, «la» référence. Celle que chaque bouchée de cette terre battue parisienne qu'elle dévore à pleines dents et au sens littéral désormais («Ça a très bon goût. C'est bon! C'est tellement bon!», dit-elle) lui rappellera à vie.
Toujours partante pour une soirée
Mais qui est au juste Francesca Schiavone? Pour la définir, certains proches n'hésitent pas à mimer à hauteur d'estomac de l'interlocuteur une première sphère, du genre balle de tennis, en la désignant d'un: «là, la Terre.» Puis, une deuxième, un peu plus haut, du côté du cœur: «là, la lune». Avant une troisième, très nettement au-dessus de la tête: «là, Francesca.» D'autres comme Tatiana Golovin ont expliqué notamment dans les colonnes de L'Equipe: «Schiavone, elle est géniale, elle a un super caractère et elle le montre sur le court. Je l'ai vue discuter vin avec Amélie (Mauresmo). Dans les tournois, dès qu'il y avait une soirée, elle était toujours la première partante. C'est une bonne vivante, une des filles les plus sympas du circuit». Sauf sur le court où là, elle peut se révéler être une vraie teigne.
Il y a quelques mois, lors de la cérémonie hommage à Amélie Mauresmo lors de l'Open GDF Suez à Coubertin, Francesca Schiavone avait tenu un discours très émouvant devant l'ancienne n°1 mondiale. Elle avait notamment expliqué qu'elle s'était toujours inspirée du revers à une main de la jeune retraitée des courts, qui était pour elle un modèle. Avant de glisser en riant, allusion aux come-back successifs de Kim Clijsters et Justine Henin: «s'il te plaît, ne reviens pas!»

Amélie impressionnée par Stosur
Amélie Mauresmo. Un point commun entre les deux finalistes de l'édition 2010 des Internationaux de France. Un trait d'union entre Francesca Schiavone et Samantha Stosur (photo gauche), qui s'étaient, ironie du sort, affrontées au premier tour l'année dernière. L'Australienne s'était imposée. Mauresmo, donc. Celle qui, curieusement, a permis de mesurer combien Stosur avait changé. C'était il y a un an et demi. Sur le court n°2 de Crandon Park, à Key Biscayne, la Française souffrait sous les coups de boutoir de celle qui, visiblement, n'était plus seulement une bonne spécialiste du double. Alors même que l'on n'attendait pas la «triathlète de Brisbane» (à cause de sa carrure) au stade des quarts de finale un tournoi aussi relevé, elle a finalement infligé un 6/4, 6/4 à la Française, au revoir et merci Amélie. Laquelle, après le match confiera: «elle m'a impressionnée au service. Elle a énormément progressé. Parce qu'avant, on savait qu'elle pouvait taper fort, mais maintenant en plus, elle sait trouver toutes les zones.»
«Pas obligée d'être super canon»
Pas mal vu en effet. Un quart de finale à Miami, donc, et derrière, l'éclosion que l'on sait avec une première demi-finale à Roland Garros. Un service que l'on a pris l'habitude de comparer à celui des garçons, notamment parce qu'elle use avec délice de ce fameux «kick» si efficace sur terre et habituellement davantage maîtrisé par les joueurs. Depuis lors, son capital sympathie a augmenté, surtout down under où elle est très recherchée par les sponsors. Mais il peut encore monter en puissance, une fois que le public sera allé voir au-delà de ses lunettes de soleil et de cette casquette qu'elle ne lâche quasiment jamais sur un court. Ne serait-ce que parce qu'au-delà de ce qui aussi un cache-timidité, il y a de très beaux yeux bleus.
Ce qui ramène aussitôt à une autre phrase de Tatiana Golovin. «On ne la (Stosur) connaît pas aussi bien que Serena, elle est plus réservée, mais ça montre à d'autres joueuses qu'on n'est pas obligée d'être super canon pour se faire apprécier.» Et, tu sais quoi, Tati? Tous les goûts sont dans la nature. Et ces deux filles-là, selon nous, elles sont terribles!











LES CHAÎNES 














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De Hinageshi
Beau combat, très “punchy”.
Si Samantha Stosur est surnommée la « triathlète de Brisbane » à cause de sa carrure, je suggère l'« haltérophile de Brisbane » au vu de ses cuisses très potelées…
P. S. : deux fautes potelées elles aussi !
« Francesca Schiavone et Samantha Stosur sont les finalistes pas si surpriseS que cela de Roland-Garros.
L'Italienne et l'Australienne le devraiENt-elleS à Amélie Mauresmo ? »