DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Pin-up contre wazari: Vica vaut-elle plus que Fred?
CHRONIQUE. Ah, la question de la féminité dans le sport! Pas moyen d'y couper. Surtout lorsque, comme la volleyeuse Victoria Ravva, les sportives sont mises en avant pour leur beauté. Et les judokas dans tout ça?
Allons bon, voilà-t-y pas que c'est reparti! Pour en être sportives, elles n'en sont pas moins femmes, les sportives, figurez-vous. Si, si. Aussi dingue que cela puisse paraître, c'est la vérité vraie. Celle que, dès qu'on a le dos tourné, les (biffez les mentions inutiles) communicants, journalistes, marketeurs, vendeurs de tapis... nous ressortent sur le mode glamour, paillettes et talons aiguilles. Ah oui, parce que, le présupposé de départ, c'est bien évidemment que la sueur c'est sale, et le short pas super seyant, limite masculin, tiens! Vous n'aviez pas remarqué? Et pourtant... Heureusement, les (biffez encore les mentions inutiles) communicants, journalistes, marketeurs, vendeurs de tapis... se chargent de nous parler des sportives femmes, les vraies.
Tenez, cette semaine par exemple. Notre quotidien sportif (biffez là aussi les mentions inutiles) préféré, de référence, en fait et surtout le seul qui existe... nous a parlé de Victoria Ravva. Ah, «Vica»! Les plus affranchies d'entre nous aurons déjà un soupir admiratif rien qu'à l'évocation de ce diminutif. Les autres doivent savoir que la volleyeuse du RC Cannes, aujourd'hui âgée de 35 ans, a tout simplement été la meilleure centrale européenne des années et des années durant. Et qu'aujourd'hui encore, elle est une référence, et «la» pièce maîtresse de la formation cannoise dont elle est la capitaine indiscutée. Des statistiques à faire pâlir la concurrence et une discipline sans égal. Depuis toujours. Arrivée à Cannes à l'âge de 19 ans de sa Géorgie natale, la grande «Vica» (1,89 m) est très vite devenue l'image de marque du meilleur club français, l'un des tous meilleurs européens également. Et, cerise sur le gâteau, Victoria a beaucoup de prestance et de charme, et adore se maquiller et s'habiller en robe.
Reine de beauté ou reine des parquets?
De fait, ce n'est pas pour nous déplaire. Au contraire. Mais pourquoi, bon sang de bois, alors que son palmarès et son talent parlent à eux seuls, ce besoin de toujours mettre en avant sa beauté? Avant même le reste. Un peu comme quand, dans un temps que les plus jeunes n'ont pas connu -veinardes!- certains commentateurs télé de la vieille école nous parlaient toujours de «la belle Gabriela Sabatini». Ce qui n'était pas faux du tout, mais jurait quelque peu quand, dans le même temps, les hommes n'avaient jamais, mais alors jamais, droit à ce genre de qualificatifs dans la bouche de ces mêmes commentateurs.
Et voilà donc que pour présenter le premier tour aller des play-offs de la Ligue des Champions qui opposait le RC Cannes à l'EV Istanbul, L'Equipe nous l'a joué: «Toujours aussi fidèle, toujours aussi belle, toujours aussi décisive: voilà les secrets de la longévité de Victoria.» Comme si être belle 1)l'aidait à briller sur les parquets, 2)lui permettait de durer dans le métier. Ah, alors bien sûr, on nous parle au passage de son acharnement à l'entraînement, de ses blessures, de son expérience, mais inévitablement, ça dérape encore avant la fin de l'article. Elle est, sous la plume du journaliste, carrément une «reine de beauté». Pourquoi, mais pourquoi?! Cette immense championne ne mérite pas ça. Pas plus que le traitement qui lui est réservé cette année par le calendrier du club.
Pin-up pas classe
Vous vous souvenez peut-être du précédent opus, en noir et blanc, que nous vous avions présenté ici-même car il permettait de se réchauffer doucettement l'hiver sans vulgarité (photo ci-dessus en noir et blanc)? Cette année, le club a sombré dans le beaucoup moins classe en choisissant une thématique pas désagréable pourtant: les pin-up. Mais la réalisation nous laisse pantoises, pour ne pas dire plus (photo ci-contre). À vous de juger...
Et ça pourrait n'avoir rien à voir. Mais quelque chose nous dit que ce n'est pas complètement le cas. Ce week-end, Frédérique Jossinet combat à Bercy. Pour le Tournoi de Paris de judo. Vous avez lu, entendu et vu beaucoup de choses là-dessus? Même combat -le jeu de mots était trop tentant- pour Anne-Sophie Mondière, Stéphanie Possamaï, Lucie Décosse ou Gévrise Emane. Le glamour dans le sport, à TÊTUE, vous savez bien que l'on n'a rien contre. Un beau corps, une belle gueule, une belle lumière, on prend. Mais, parole, on aimerait ne plus avoir à préciser que, dans le sport féminin, c'est bien le sport qu'on aime d'abord.
Photos: DR.











LES CHAÃŽNES 














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De ZeFlatteuz
En même temps personne ne la force à faire des photos à la con dans un calendrier! Que les sportives qui veulent mettre en avant les formes et leur physique le fassent et que celles qui ne veulent pas ne le fasse pas... Je vois pas trop où est le problème...? Si V.R ne voulait pas qu'on parle de sa beauté, elle le ferait savoir je pense.
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De Sarah55
Bien sûr qu'elle fait ce qu'elle veut, ce n'est pas la question. Le problème c'est que les commentateurs et journalistes sportifs, et dirigeants de club aussi j'imagine, passe leur temps à commenter/mettre en avant l'aspect physique des joueuses. Et que ça devient limite un critère. On va faire plus d'articles sur telle sportive car elle devient un sujet "plus sexy" qu'une autre, parce que son physique rentre en compte. Alors que pour les sportifs garçons ce n'est JAMAIS un critère.