DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Mauresmo, Bartoli, Rezaï: de la médiatisation à Roland-Garros
CHRONIQUE. Roland-Garros bat son plein. Jeune retraitée, Amélie Mauresmo a fait le déplacement. Normal, elle est commentatrice télé pour la quinzaine. Les médias, justement, Aravane Rezaï et Marion Bartoli s'y affrontent ces jours-ci.
Amélie Mauresmo est de retour à Roland-Garros. Détendue et souriante. Mais dans la peau d'une consultante télé cette fois. Après six mois de retraite, l'ancienne n°1 mondiale, 30 ans, ne s'ennuie pas au point d'éprouver déjà la nostalgie des courts. Non, non. Notre «Amé» continue à profiter de la vie et à prendre du bon temps avec ses amis. D'ailleurs, sollicitée dès l'annonce de sa fin de carrière le 3 décembre dernier par de nombreuses chaînes de télévision, la double championne en Grand Chelem n'avait pas souhaité donner suite. Elle voulait réfléchir tranquillement à la suite à donner à sa carrière, ne pas se précipiter et ne pas se relancer dans une spirale professionnelle trépidante. Envisager également, pourquoi pas, un vrai talk show à elle, qu'elle façonnerait à son image. Mais à quelques jours du début des Internationaux de France, voyant qu'un certain nombre d'obligations (notamment auprès de ses sponsors) la conduisaient du côté de la Porte-d'Auteuil, elle a dit oui. Et c'est France Télévisions qui a touché le gros lot.
Amélie Mauresmo: «J'ai passé le cap, je ne me vois plus sur le terrain»
Très à l'aise avec la presse et jamais avare d'un bon mot au micro -au point d'être très regrettée par les suiveurs- la championne s'essaie donc durant la quinzaine au commentaire et à l'interview. Sans appréhension affirme-t-elle. «Quand tu as l'habitude de t'exprimer face à des caméras, a-t-elle ainsi confié au Parisien, il y a une forme de confiance déjà en place. Je suis arrivée nature, pour faire partager d'instinct ce que j'ai pu vivre, tout ce à quoi j'ai pu réfléchir dans ma carrière.»
Mais Amélie le jure, il ne s'agit pas ainsi de combler un manque laissé par cette «petite mort» que décrivent tous les anciens sportifs de haut niveau lorsqu'ils parlent du moment où ils ont décidé de partir à la retraite. «J'ai vraiment passé le cap, a poursuivi la gagnante de l'Open d'Australie et de Wimbledon. Il y a eu ces six mois loin du circuit. Pour moi, il est désormais inconcevable de me "reprojeter" en tant que sportive, je ne me vois plus du tout sur le terrain.»

Aravane plus forte que Venus
Amélie passée de l'autre côté, l'attention des médias français se porte sur Aravane Rezaï. La 19e mondiale le mérite. Il y a de la pureté dans sa frappe. Il y a de l'intelligence dans son service et dans sa manière de varier les zones. Il y a de l'agressivité dans son revers. Il y a du courage dans son attitude. La Française d'origine iranienne, qui a longtemps été isolée, enfermée dans sa bulle familiale, mais qui s'épanouit de plus en plus, notamment au contact de ses désormais partenaires de Fed Cup, prend visiblement du plaisir du le court. Et elle progresse.
Jusqu'à remporter le tournoi de Madrid quelques jours avant le début de Roland-Garros, en se défaisant en finale de Venus Williams. Après avoir éliminé, entre autres, Justine Henin et Jelena Jankovic. Sur terre, dans l'un des tournois les plus importants après ceux du Grand Chelem. De quoi légitimement susciter l'intérêt. Pas seulement des journalistes, puisqu'à chacune de ses apparitions à la Porte-d'Auteuil, Aravane bénéficie d'un soutien sans faille. Elle est la nouvelle chouchoute du public parisien.
Marion Bartoli s'énerve
Mais une personne au moins semble ne pas goûter cette popularité. Marion Bartoli, l'actuelle n°1 tricolore. Interrogée sur ses ambitions à Roland-Garros cette année, après une question sur les performances d'Aravane Rezaï, la 14e mondiale a répondu, très agacée et sans chercher à cacher l'ironie contenue dans sa voix: «La joueuse qui a de l'ambition, vous l'avez déjà citée. Beaucoup de journalistes ont dit qu'on ne pouvait compter que sur une joueuse. Moi, je n'ai pas d'ambition. Vous faites ce que vous voulez mais quand je fais une demi-finale à Miami, j'ai l'impression que ça passe inaperçu. J'essaie juste de tenir mon rang. Et puis un tournoi ne se gère pas sur des ambitions...»
«Elle m'a déjà attaquée il y a deux ans alors que j'avais atteint la finale à Istanbul, a rétorqué Rezaï. C'est un peu bizarre qu'elle dise ça, qu'elle ait un problème avec moi. Je n'ai rien fait, c'est vraiment dommage. C'est son éducation. Je n'ai pas la même.» «La jalousie n'est pas un moteur, a commenté Amélie Mauresmo toujours dans les colonnes du Parisien. En revanche, il faut avoir de l'orgueil. C'est ce qui permet de créer une véritable émulation. Quand Mary Pierce était revenue au premier plan, en 2005, elle m'avait alors poussée à faire encore plus.» La polémique n'est pas finie.











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