DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Et si Adriana Karembeu n'avait pas besoin de se déshabiller?
CHRONIQUE. La Fédération française de football vient de nommer Adriana Karembeu ambassadrice du football féminin. Oui, oui, l'ancien mannequin aux jambes interminables…

Il y a quelques mois, Bruno Bini disait la même chose. L'entraîneur de l'équipe de France féminine expliquait, en gros, qu'il était bien dommage qu'il faille attendre que des footballeuses se mettent -littéralement- à poil (en l'occurrence pour une campagne de promotion diligentée par la Fédération française) pour que la discipline suscite un début d'intérêt. Adriana Karembeu, tout juste bombardée nouvelle ambassadrice du foot féminin, ne fait finalement que reprendre le message, avec un impact médiatique espéré bien plus fort.
Car lorsqu'une bombe balance, on attend que ses déclarations fassent de même: l'effet d'une bombe. Et de fait, qu'a-t-on retenue de l'interview donnée il y a quelques jours à 20Minutes.fr par l'ancien mannequin aux jambes les plus longues du monde (1,26 m)? La phrase sortie de son contexte (ah, les journalistes!) et choisie comme titre de l'article : «Qu'est-ce que je dois faire pour attirer les gens? Me déshabiller?» Là, on en entend déjà certains (et certaines!) répondre en chœur: oui!
Rapport intime avec le ballon rond
Des vraies paroles de blonde. La honte pour le sport féminin. Une cruche qui parle. Tout cela vous vient naturellement à l'esprit. Et pourtant, rien de ces assertions n'est vrai. Certes, Adriana Karembeu est belle, certes, jusqu'ici son rapport le plus intime au ballon rond était constitué par son union avec le champion du monde 98 Christian Karembeu. Mais la Slovaque est tout sauf bête et sans cœur. Souvenez-vous ce passage de l'émission «Rendez-vous en Terre Inconnue» où le temps avait suspendu son vol lorsque la belle avait essayé d'expliquer aux Amharas des haut-plateaux d'Abyssinie son métier. Donc Adriana Karembeu doit être intimement persuadée que son nom et son image peuvent servir la cause. À l'instar de ce qu'elle a réussi à accomplir pour la Croix-Rouge.
«Complètement fan de Juvisy!»
L'info était passée quelque peu inaperçue, mais le 8 mars dernier, en même temps que la Journée internationale des femmes, était célébrée la fête des 40 ans du football féminin. Adriana, déjà, était là. Alors, bien sûr, lorsqu'elle déclare dans cette interview à 20Minutes.fr , réalisée dans la foulée de la victoire de Juvisy face à Paris: «Je suis très contente d'être là, d'avoir vu ce beau match et ces beaux buts. Je suis fière de Juvisy, j'en suis devenue complètement fan», on est en droit de sourire. Mais le corps de son message (et du corps, il y en a pour sûr!) tient en fait dans la suite de sa phrase: «J'ai remarqué, dit-elle avec la plus grande naïveté, qu'il n'y avait pas beaucoup de monde dans les tribunes, et c'est vraiment triste.»
Adriana en short au Challenge de France
Sa mission, telle que définie par la FFF, est de «se rendre à des matches, des rassemblements de masse, des événements en région, des visites de clubs ou d'écoles de football au féminin. Son message portera sur l'intérêt de la pratique féminine et de la nécessité d'intégrer les femmes dans toutes les structures et à tous les niveaux.»
Pour cela, Adriana devra-t-elle réellement se promener nue dans les travées? Probablement pas. En revanche, elle a promis: «pour la finale du Challenge de France, le 23 mai, j'enfilerai le short.» Et rien que ça devrait suffire à assurer la couverture médiatique la plus importante que l'événement -pourtant l'équivalent de la Coupe de France- n'ait jamais connu.
D'ici l'année prochaine, où aura lieu la Coupe du monde de football féminin en Allemagne, on vous laisse méditer à la chose. Vaut-il mieux une couverture horripilante que pas de couverture du tout?
Photo DR.











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De J_P_M
Cette grande perche n'est même pas agréable à regarder.