DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Carole Péon, médaille d'argent européenne et alors?
CHRONIQUE. Un titre de vice-championne d'Europe de triathlon, ça pose sa femme. Carole Péon se confie pour l'occasion à TÊTUE. Et nous permet de découvrir que, peut-être, le monde du triathlon est un havre de tolérance dans un univers sportif encore trop hétéronormé.

Elle vient de remporter une médaille européenne et pourtant, la nouvelle vous aura sans doute échappé. Parce qu'il s'agit de triathlon et que la discipline, l'une des plus exigeantes au monde, ne déplace pas des nuées de caméras dans son sillage. Dommage car il aurait été beau de pouvoir vivre en direct cette sortie de l'eau, puis cette course cycliste négociée avec autorité, avant ces 500 derniers mètres de course absolument haletants. Elle, c'est Carole Péon. Et il aurait été beau de pouvoir vibrer jusqu'au bout avec elle, de vivre de concert cet instant où elle a franchi la ligne d'arrivée pour gagner le droit de se réveiller dans la peau d'une vice-championne d'Europe. C'était le 3 juillet dernier à Athlone, en Irlande. Mais pas le temps de véritablement savourer car dès ce week-end, elle repart à l'assaut du chrono et des points à Hambourg, à l'occasion d'une manche de la Coupe du monde. Timing idéal donc pour que TÊTUE fasse plus ample connaissance avec cette championne trop méconnue.
«Un peu plus de reconnaissance serait pas mal, je l'avoue, admet-t-elle d'entrée. Mais je parle de notre sport en général car je le trouve tellement beau, puissant! En revanche, je ne suis pas mécontente de ne pas faire un sport surmédiatisé. On est tellement mieux dans l'anonymat, à vivre sa vie peinard! Cela ne doit pas être drôle d'être reconnu à tous les coins de rue... sauf si tu aimes ça!» Elle, vous l'aurez compris, ce n'est pas son truc. Son truc, c'est de faire parler d'elle par les résultats. Pas par des aspects moins directement liés au sport. Tenez, par exemple: Carole est l'une des rares sportives françaises out. Alors, pas de problème pour en parler. Mais pas trop non plus. Et on la suit dans son raisonnement. Parce que, que l'on soit hétéro ou homo, on n'est pas absolument obligé d'aimer exposer sa vie privée. Et que, comme elle le dit elle-même, «ce n'est quand même pas le plus intéressant» de son existence de sportive.
«Des messages nous souhaitant beaucoup de bonheur»
Donc, parlons en; mais pas trop. Car vous vous souvenez peut-être d'un article de Triathlète Magazine, relayé ici-même, consacré au couple qu'elle forme avec la deuxième meilleure triathlète française, Jessica Harrison. «Triathlète mag aurait pu avoir cette démarche depuis un moment, note Carole Péon, mais c'est le reportage de Michel Royer «Sports et Homosexualités» qui les a aidés à passer le cap. Peut-être pensaient-ils que les lecteurs n'étaient pas prêts?» Prêts ou pas prêts, toujours est-il que cet article a valu au couple «seulement des messages sympas nous souhaitant beaucoup de bonheur.» Le triathlon serait-il un monde à part dans l'univers sportif ?
«Je ne sais pas, s'interroge-t-elle, mais que ce soit au niveau national ou international, tous les athlètes le savent et s'en fichent, en fait!» Et d'ajouter : «Même mes grands-parents hyper croyants le savent et l'acceptent, alors... Avec un peu d'intelligence, tout le monde peut comprendre qu'on ne peut pas aimer ou détester quelqu'un en fonction de son orientation sexuelle, de sa couleur ou de sa religion. Il faudrait peut-être discuter avec les gens avant de se faire un avis, non?»
Rendez-vous aux JO ?
Le nôtre est donc tout fait. Cette fille-là, elle déchire. Et elle méritait que cette première médaille européenne arrive enfin, après un hiver et un début de saison entachés par les blessures. Après un investissement total de plusieurs années surtout, à raison de 35h d'entraînement par semaine, dix mois par an. Vélo, natation, course à pied, muscu, stretching, séances de kiné, coucher tôt, aucun abus. Seulement deux semaines de vraies vacances en fin de saison. Et un job -avec des horaires certes aménagés, mais tout de même- à gérer en parallèle. Du coup, on comprend mieux. «Cette médaille est une énorme récompense pour moi et pour tous les gens qui m'entourent, me soutiennent et croient en moi depuis de nombreuses années, analyse aujourd'hui la pensionnaire du Pôle d'entraînement fédéral de Montpellier. C'est seulement après huit ans que je concrétise réellement toutes ces années de travail.»
Car jusque-là, Carole pensait que la confiance arriverait avec les performances. Maintenant, elle a compris que c'était exactement le contraire. «Ça a changé mon état d'esprit», dit-elle. De quoi voir plus grand et plus loin. «Obtenir une sélection pour les JO de Londres et y performer sont mes objectifs principaux, confie-t-elle. Pour cela, il me faut être performante régulièrement sur le circuit du championnat du monde.» À commencer par ce week-end à Hambourg, donc. Et quand la confiance est là...










LES CHAÃŽNES 











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De Katja
Bravo a Carole pour cette trés super performance qui en appel plein d autre c'est sur !