DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Carole Péon et Jessica Harrison, le couple au top du «tri»
CHRONIQUE. Carole Péon et Jessica Harrison sont les deux meilleures triathlètes françaises. Elles sont aussi lesbiennes et en couple. Le magazine «Triathlète» leur donne la parole dans son dernier numéro. Et c'est à saluer.
L'excellent documentaire de Michel Royer «Sport et homosexualité: c'est quoi le problème?» diffusé sur Canal + le 4 janvier dernier continue à faire parler, et on ne va pas s'en plaindre. Pas plus tard que ce mois-ci, on lui doit d'avoir donné envie à la rédaction de Triathlète de consacrer un large dossier à la question. Pourquoi précisément dans ce magazine spécialisé? Parce qu'alors que le sujet est encore trop souvent tabou dans le milieu du haut niveau, au point que peu de sportifs -hommes ou femmes- ont accepté de témoigner face caméra dans le documentaire réalisé par l'Agence Capa pour le Gay Prime de la chaîne cryptée, trois triathlètes l'avaient, eux, fait. Et pas des inconnus de la discipline: des triathlètes sélectionnés en équipe de France olympique. Un homme -Carl Blasco- et deux femmes -Carole Péon et Jessica Harrison. À la suite de la diffusion du film, Triathlète a donc choisi de s'interroger: «Triathlon et homosexualité, aucun problème?». Et le témoignage de Carole, 31 ans, et Jessica, 32 ans, est éclairant.
Carole Péon, les fidèles de TÊTUE la connaissent peut-être pour avoir découvert son portrait il y a quelques temps déjà dans la version papier du magazine. Les autres auront le temps de se familiariser avec elle d'ici aux JO de Londres, puisqu'elle fait naturellement de sa qualification pour l'événement un objectif majeur. Carole est l'une des deux meilleures spécialistes françaises de la discipline. Quant à l'autre meilleure triathlète tricolore, elle n'est autre que Jessica Harrison (photo à gauche), elle aussi interrogée dans le magazine. Car il se trouve que Carole et Jessica sont en couple depuis quatre ans.
«C'est ta chérie? Alors on peut jouer à la console maintenant!»
Lorsque Carole et Jessica se sont rencontrées, la première avait déjà été en couple avec une fille, tandis que la seconde fréquentait un garçon. «Je n'ai pas analysé en fait, se souvient Jessica. J'ai été un peu surprise au départ qu'une fille puisse me faire de l'effet, mais je me suis vite faite à l'idée.» Pour elle, une fois sa mère mise au courant, pas besoin d'annonce en grandes pompes. «Aurais-je fait une déclaration pour dire que je sortais avec un garçon?, explique la Britannique d'origine. Non. Alors pourquoi le faire dans notre cas comme si c'était quelque chose de grave ou de mal!»
Au tout début de leur relation, la réaction la plus surprenante est finalement venue du filleul de Jessica, âgé de quatre ans à l'époque. «Il a juste demandé si Carole était ma chérie, se souvient-elle. Je lui ai répondu oui. Alors il m'a dit qu'on pouvait jouer à la console maintenant.»
Amoureuses et rivales
Et l'entraînement dans tout ça? Il se fait séparément, en fonction des capacités physiques de chacune, même si leur coach est la même au Pôle France de Montpellier. Du coup, il arrive à Carole et Jessica d'être éloignées longtemps l'une de l'autre. Et parfois leurs retrouvailles ont lieu à l'occasion d'une compétition. Ce sera par exemple le cas le 9 mai prochain à Séoul. Car l'une comme l'autre ont des objectifs bien précis en tête. Notamment d'être la meilleure. Parce que dans l'eau et sur la piste, elles sont avant tout des rivales. Pas question de changer leur comportement de gagneuses en raison de leur vie privée. Comme l'explique Jessica : «Quelle que soit l'adversaire, je suis fair-play. Que Carole soit ma petite amie ne changeait rien à l'affaire.»
Le bonheur de dire et non d'avouer
Parce que les belles histoires existent. Dans le sport comme ailleurs. Chez les homos comme chez les hétéros. Parce que des titres sportifs respectés (Triathlète fêtera ses 25 ans au mois de juin prochain) peuvent faire avancer les mentalités en évoquant ainsi l'homosexualité sans détour et avec naturel. Parce que cette tranche de vie partagée par Carole Péon et Jessica Harrington nous touche. Pour tout ça, cela valait la peine d'en parler ici. Avec une petite demande spéciale, cependant. La prochaine fois, signe que la société aura encore avancé, pourrions-nous avoir le bonheur de ne plus lire le terme «avouer», là où un simple «parler de» ou «dire» son homosexualité aurait été encore plus judicieux? Parce que ce sont les fautes qui s'avouent. Cela dit sans malice.
Photo Christophe Guiard pour Triathlète Magazine











LES CHAÃŽNES 














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De za
Ah bah voilà un article "dans les vestiaires des filles" qui m'intéresse, pour une fois!!!
Bravo à Carole et Jessica pour leur façon de vivre les choses et surtout on croise les doigts pour vous les filles!