DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. «Amélie, est-ce que vous avez envie de fonder une famille?»
CHRONIQUE. Une page s'est tournée. Amélie Mauresmo a pris sa retraite. Mais quel héritage elle laisse! Au tennis français, c'est sûr, mais aussi à nous, les Têtues. De toute façon, l'histoire d'amour n'est pas finie, puisqu'à 30 ans, c'est une nouvelle vie qui commence pour Amélie.

Elle n'a jamais revendiqué le statut d'icône. Elle n'a pas cherché à être érigée en porte-drapeau. Mais en devenant, à la faveur d'un coming out réalisé aux antipodes à même pas vingt ans, lors de l'Open d'Australie 1999, l'une des rares athlètes au monde ouvertement homosexuelle, Amélie Mauresmo a, l'air de rien, œuvré pour davantage de visibilité LGBT dans la société. Pourquoi «l'air de rien»? Parce que cette jeune femme devenue le plus beau palmarès du tennis français, hommes et femmes confondus, a assis sa légitimité sportive à force de talent et de «persévérance», pour reprendre ses propres termes, sans cacher qui elle était vraiment. Sans s'inventer pour la société des amours aux genres masculins. Sans faux-semblants.
Au 20h de TF1!
Et ce n'est pas rien. Car du côté de Melbourne, à l'époque de cette déclaration réalisée dans la fougue de la jeunesse, et sans penser à ses éventuelles conséquences, parce que, comme nous le confiait Amélie il y a quelques mois, elle «faisait partie de cette catégorie de jeunes qui, de manière assez insouciante finalement, vivaient leur vie», il était bien difficile d'imaginer le dialogue qui aurait lieu, près de onze ans plus tard, sur le plateau du journal de 20 h de TF1. Oui, 20 h. Oui, TF1. Que de chemin parcouru!
«Ce n'est pas un désir profond que j'ai pour l'instant»
C'était jeudi 3 décembre, au soir de l'annonce de sa retraite, à trente ans. Invitée de la grand messe télévisuelle la plus regardée de France, Amélie Mauresmo répondait aux questions de Laurence Ferrari. Une fois les interrogations plus «classiques» évacuées, Lolo demandait en substance à notre Amé si elle voulait des enfants. À une sportive lesbienne? Mais oui! Extraits du dialogue qu'ont pu entendre, enfin réunies, Madame Michu, la ménagère de moins de cinquante ans et… nous:
«Vous avez trente ans, vous avez envie de prendre du temps pour vous… Est-ce que vous avez envie de fonder une famille, par exemple?
«- Ce n'est pas un désir profond que j'ai eu pour l'instant. En même temps, j'étais super accaparée par ce «métier», même si c'est une passion… On verra… On verra, chaque chose en son temps encore une fois et l'avenir nous donnera des réponses.»
C'est à découvrir sur la vidéo suivant le lien ci-dessus (à 3').
Revivre l'Australian et Wimbledon...
Merci et bravo, Amélie. Pour ta carrière et ton palmarès absolument ahurissants. Pour ces émotions partagées, pour ces deux titres du Grand Chelem, cette Fed Cup, ce Masters, cette médaille olympique. Cette place de n°1 mondiale, du jamais réalisé dans le sport français avant toi. Et tu ne t'en rends peut-être pas compte, mais, merci et bravo aussi, vraiment, d'avoir rendu possible cette question en prime-time sur TF1.
Et parce qu'il n'y a pas de mal à se faire du bien, et que dans ce cas, retraite ne rimera résolument pas avec oubli de notre part, on vous propose ici de revivre la cérémonie de remise des prix de l'Open d'Australie 2006 (Justine... c'est bien toi ?)
Pour le plaisir, toujours, celle de Wimbledon, la même année. (Justine... c'est bien toi, bis?)


















De Numa
Coming out à 20 ans, et Dieu sait qu'elle s'en est pris dans la figure, des remarques là-dessus. Après avoir pris un peu de repos, ce serait bien qu'elle s'engage contre la lesbophobie et l'homophobie maintenant : elle va avoir suffisamment de temps et d'argent pour s'y consacrer un peu, non ?