Combien y a-t-il de familles homoparentales?
Les instituts de statistiques aimeraient bien le savoir plus précisément. Ils vont donc aménager leurs questionnaires pour s'adapter à cette nouvelle réalité. En attendant, ils se contentent de fourchettes.

Ô temps, ô mœurs ! Pour mieux rendre compte des nouvelles réalités sociologiques, l'Institut national d'études démographiques (Ined) et l'Insee (statistiques publiques) sont en train de mettre au point de nouvelles enquêtes pour mieux mesurer le nombre de couples homosexuels qui ont des enfants
Une fourchette de 24.000 à 40.000 enfants
Alors «que l'on a déjà beaucoup de difficultés à recenser les familles homoparentales, divers chiffres circulent sur le nombre d'enfants vivant au sein de couples de même sexe», constate l'Ined, qui a annoncé aujourd'hui ces ajustements. Certains débats, sur le pacte civil de solidarité en 1998-1999 notamment, ou «le mouvement de reconnaissance du couple de même sexe et des familles homoparentales par certains pays, ont popularisé cette notion, qui n'existait pas il y a vingt ans», poursuit l'Ined.
Mais «faute d'instruments adaptés», l'ampleur de «l'homoparentalité» reste «très difficile à quantifier», constate l'Institut. Si «deux types d'instruments permettent de dénombrer les configurations homoparentales –le recensement et les grandes enquêtes quantitatives en population générale–, chacun comporte toutefois des limites». En extrapolant des éléments issus du recensement, on parvient à une fourchette de 24.000 à 40.000 enfants résidant avec un couple de même sexe en 2005, poursuit le démographe, qui note cependant que «les couples non cohabitants et les enfants qui vivent ailleurs ne sont pas recensés».
Nouvelles questions sur le sexe du conjoint
Avec les «enquêtes en population générale» qui contiennent des questionnaires «plus développés», les échantillons de population sont trop réduits pour «bien représenter et décrire les situations» de couples de même sexe, évalués à moins de 1% de l'ensemble des couples. Pour affiner les mesures, une solution «serait l'aménagement de l'enquête Famille, qui est associée au recensement de la population», propose l'Ined.
«L'Ined et l'Insee travaillent actuellement à une nouvelle édition, prévue en 2011, qui pourrait appréhender l'homoparentalité par le biais de questions nouvelles: le sexe du «conjoint» ou «ami» de la personne enquêtée», notamment, ajoute l'institut.
Avec AFP. Photo: Fotolia.


















De JDC
Je pense que c'est une bonne nouvelle - la question du sexe du conjoint est ainsi plutôt une question discrète, non?