CLUBBING: Les Barbieturix sont «wet for me»
En plus d'être une soirée parisienne branchée et sexy, Barbieturix est d'abord un fanzine lesbien décalé et drôle dans la lignée du petit magazine papier «Housewife» (qui n'existe plus) du Pulp. Interview avec cette équipe d'agitatrices.

TÊTUE: D'où est venue l'idée des soirées Barbieturix?
L'ÉQUIPE BBX: Le collectif est né il y a 4 ans. Poussé par l'envie de trois copines qui s'ennuyaient ferme et voulaient créer un fanzine lesbien amusant, gratuit et sans prétention particulière. Elles ont commencés par distribuer des exemplaires de Barbieturix en photocopie noir et blanc et puis, en couleur. En 2005 elles rencontrent Denyse Juncutt qui leur propose d'organiser en partenariat une soirée à la Flèche d'Or, connue sous le nom de Clito Rise. C'est de là qu'est partie l'idée d'organiser des soirées lesbiennes récurrentes.
Que pensez-vous de la nuit lesbienne parisienne actuellement?
Depuis la fermeture du Pulp, les nanas ont perdu un point de repère assez important. C'est peut-être ce qui a permis à nos soirées de prendre plus d'ampleur: les filles avaient moins de choix! Il a donc fallu aller voir ailleurs, proposer de nouvelles manifestations dans de nouveaux lieux... Les soirées Barbieturix ont surtout contribué à apporter une musique de qualité au public, ainsi qu'un côté fun et sexy, sans sectarisme. On a peut-être aidé à donner un souffle différent à la nuit lesbienne, plus cosmopolite. Aujourd'hui les soirées lesbiennes sont au moins aussi diversifiées que les genres de filles, ce qui est une bonne chose: il en faut pour tous les goûts, et ça offre une foule de possibilités!
Trouvez-vous que la nouvelle génération va changer les choses médiatiquement parlant?
Le combat des lesbiennes a suivi le mouvement féministe. La parole féminine libérée, il est naturel que les homosexuelles se révèlent, car elles s'assument et s'expriment en tant que lesbiennes mais aussi et avant tout en tant que femmes! Donc elles sont plus visibles, mais pas uniquement pour revendiquer leur orientation sexuelle: c'est juste une partie de l'identité, au même titre que le côté créatif par exemple. Il est évident que l'accès aux médias (et notamment internet) est facilité de nos jours, ce qui offre un champ de d'expression et de communication important, qui n'est pas négligé, la preuve.
Comment avez-vous perçu l'arrivée d'un vrai site d'informations lesbien Têtue.com?
C'est chouette qu'il existe. C'est pas toujours évident de s'y retrouver quand on débarque dans un milieu qu'on ne connaît pas trop. Il faut des gens pour faire passer les infos, et les différents supports qui existent se doivent d'être complémentaires.
C'est quoi votre définition d'une lesbienne clubbeuse ?
La lesbienne clubbeuse sort en troupe, ou pour retrouver sa meute. Elle aime avoir ses repères et sa vodka-Redbull. Elle chasse ses proies en écoutant de la musique pointue, et elle a d'ailleurs un look tout aussi pointu, peaufiné pendant des heures devant la glace, jusqu'à la moindre petite mèche. Si elle est très aventurière, elle s'essaye même au DJing. Elle est bien évidemment celle qui continue à danser alors que les lumières sont allumées depuis dix minutes, et le lendemain, elle ne se rappelle de rien.























