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Cinéma lesbien cherche distributeur français

Par Habibou Bangré lundi 26 juillet 2010, à 12h19 | 7715 vues
Plus de: cinéma indépendant, distribution, dvd, crise, lesbiennes, cinéma, Maria Beatty, Valérie Minetto, Shamim Sharif

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ENQUÊTE. En France, les films lesbiens restent plus difficilement distribués dans les salles obscures que les films gays. Pourquoi? Peu soutenus par les médias, ils souffriraient d'un casting d'inconnues et n'auraient pas suffisamment de public...Têtue s'est penchée sur la question.

The World UnseenLes films avec des héroïnes lesbiennes gagnent en visibilité. De nombreuses productions sont téléchargeables sur Internet ou projetées lors de manifestations culturelles, dont Cineffable, le Festival international du film lesbien et féministe de Paris. Epicentre Films, BQHL, Outplay ou encore Optimale distribuent quelques DVD d'«histoires lesbiennes» aux Fnac et autres Virgin. Pourtant, beaucoup de films lesbiens sortent difficilement dans les salles, et ceux qui y arrivent font figure d'exception (Gazon Maudit, Mulholland Drive...) avaient d'abord trouvé la lumière dans les salles obscures. C’est le cas de Bandaged (2009), un thriller érotique de la réalisatrice américaine Maria Beatty projeté dans les cinémas des Etats-Unis et d’Allemagne – mais uniquement sorti en DVD en France, ainsi qu'en Belgique et en Suisse. Même sort pour I Can't Think Straight (2007) et The World Unseen (2008), de la Britannique Shamim Sarif (photo au-dessus). Tous trois ont été bien accueillis à l'étranger. Le dernier, où deux Indiennes vivent une romance dans une Afrique du Sud en plein Apartheid, a même été primé à 23 reprises.

Prenons The World Unseen par exemple. Pourquoi son succès ne séduit-il pas les distributeurs hexagonaux? Le contexte épique et l'histoire d'amour entre deux femmes créeraient un blocage. «Lors du festival de Cannes, très peu de distributeurs ont fait des offres en dehors des distributeurs gays, qui ne pouvaient pas assurer une diffusion au cinéma à cause des coûts», regrette Hanan Kattan, compagne de Shamim Sarif et productrice du film.

BandagedLes films lesbiens, peu soutenus par les médias, contrairement aux films gays
Cynthia Pinet, notamment en charge de la promotion de The World Unseen, accuse: «Les films lesbiens ne sont pas soutenus par les médias, ce qui joue beaucoup sur leur notoriété et leur diffusion». Et de souligner la différence de traitement entre les «films lesbiens» et les «films gays» - ces derniers étant jugés comme «plus vendeurs».

Bandaged de Maria Beatty

«C'est difficile de vendre un film quel qu'il soit, tranche Valérie Minetto, réalisatrice d'Oublier Cheyenne. Ça n'a rien à avoir avec le fait que le film soit "lesbien". Et d'ailleurs, qu'est-ce ça veut dire film "lesbien"? Le problème est économique: les distributeurs essayent de se faire le plus d'argent possible en faisant le moins d'effort. Alors il y a de très bons films qui restent dans les tiroirs.»

Les films d'auteurs souffrent de la crise

Et la crise n'a rien arrangé. Plus que jamais, «les distributeurs et les exploitants préfèrent mobiliser deux copies d'un même film dans certains cinémas pour sortir de grosses productions américaines et rentabiliser leur investissement, plutôt que de laisser une chance à des films d'auteurs», résume Cynthia Pinet.

Les «films lesbiens» sont-ils particulièrement lésés? «Il y a de bonnes et de mauvaises histoires, c'est tout, observe Marion Tharaud, directrice marketing à Haut et Court, distributeur de La Naissance des pieuvres (2007) et de Two Girls in Love (1996). Quand on s'engage sur des films, [la thématique lesbienne] n'est absolument pas un frein. Mais c'est vrai que, par rapport au public, c'est moins passé dans le quotidien, contrairement à l'homosexualité masculine.»


Oubliez CheyenneDes distributeurs français qui restent frileux et craignent l'absence du public
Certains distributeurs se montreraient donc frileux, craignant de braquer les spectateurs. Clothilde Hanoteau, membre de Cineffable, renchérit: «Quand il s'agit d'un sujet vraiment lesbien, ceux qui produisent ou subventionnent pensent que ça n'intéresse personne, qu'il n'y a pas de public.» Surtout lorsque le réalisateur, le producteur et les acteurs du film sont peu connus...
Oublier Cheyenne de Valérie Minetto

L'engouement pour la série The L Word changera-t-il la donne? Clothilde Hanoteau veut y croire. En revanche, Cynthia Pinet est réservée. «Après The L Word, commente-t-elle, tous les producteurs ont trouvé intéressant d'intégrer un personnage lesbien dans leur série, comme Grey's Anatomy ou Desperate Housewises. Mais où sont les films lesbiens? Dans les festivals... C'est dommage. Et il n'est pas là question de faire du militantisme, mais simplement de montrer que les héros d'une série policière, d'une histoire d'amour, d'un thriller, peuvent être un homme et une femme, ou deux hommes ou deux femmes... sans que cela n'enlève rien à l'intrigue ou à la qualité du film.»

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9 réactions de la communauté

 
Kech

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De Kech

Le 26 juillet à 12h28

Oublier Cheyenne, bien au-delà du caractère homosexuel, c'est un film écologique, social, politique ! Pour avoir rencontré la réalisatrice, elle était très énervée qu'on résume son film à un film lesbien alors que, certes l'histoire d'amour principale déchirée par des conceptions écopolito-sociales différentes du monde est lesbienne, mais ce n'est pas le genre des protagonistes ou leur orientation qui comptent.

Quand va-t-on arrêter de parler de films gays ou lesbiens ? Parle-t-on de films hétéros ? Non ! Encore une manière de nous foutre des étiquettes et de nous inférioriser en nous mettant en marge !

 
hector dumas

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De Katja

Le 26 juillet à 16h48

+ 12 314

 
hector dumas

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De Rastacouaire

Le 27 juillet à 11h11

entièrement d'accord!!


et pour ma part le sujet principal d'Oublier Cheyenne n'est pas du tout l'histoire d'amour entre deux femmes

 
hector dumas

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De Kech

Le 27 juillet à 11h48

@Rastacouaire

Tu as raison : le sujet est de faire un double constat (voire triple) de la société actuelle, tant sur le plan politique que social et écologique, et de voir comment les différentes façons de vivre ces constats peuvent rencontrer chacune leurs propres limites et lacunes. Le film démontre qu'il n'y a pas de solution miracle, que chacun fait au mieux comme il peut et selon ses convictions.

 
ZeFlatteuz

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De ZeFlatteuz

Le 26 juillet à 15h19

Moi je viens de voir I Can't think straight et The World Unseen... ce sont deux magnifiques films. Les mêmes actrices mais très différents.
The World Unseen re-fout une baffe avec l'Apartheid, l'histoire entre le personnage métis et la femme blanche y est pratiquement aussi important que les deux femmes. Et en plus souligne la difficulté dans les deux cas.
I can't think straight est un peu plus "lesbien"... pour notre plus grand plaisir (quand même faut être franche: c'est d'la bombe atomique ces filles!!!) mais parle surtout d'une histoire d'amour entre deux filles d'origines (pas très pro-homo d'ailleurs) différentes. Et aussi plein d'humour, de sensibilité et de tact sur le conflit israëlo-palestinien.
Voilà comme quoi on fait aujourd'hui des films "lesbiens" avec une histoire plus importante que seulement le fait qu'elles soient lesbiennes. Et ça fait du bien.
Moi si ça passait au ciné j'y foncerais, ça c'est sur!

 
Jackye

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De Jackye

Le 26 juillet à 16h52

A ce que l'on peu lire, est ce que ça voudrait dire que les scénari dit "gay" sont meilleur que ceux dit "lesbien" ? Effectivement au lieu de s'arreter sur l'homosexualité des acteurs, le sujet du film qu'il soit politique, social, écologique ou autre est très certainement bien plus importante

 
Pamplemouss

0

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De Pamplemouss

Le 26 juillet à 19h59

Hétéro, homo, bi...que d'étiquettes !!! Il y a des films homos nuls à en pleurer, des films hétéros se rapprochant d'une catastrophe nucléaire et quel est le point commun? Tout simplement qu'il s'agit d'un film ! Faites nous rêver, réfléchir, fantasmer jusqu'à l'orgasme... bref, pourquoi pas les feux de l'amour en film, série qui réunit tous les bons ingrédients ! Bon je concède que d'"un point de vue purement "hygiénique", nous risquons de rester sur notre faim, mais diantre, soyons fous! soyons gays! soyons hétéros ! soyons tout court et surtout soyez heureux les gens!!!!

 
lou

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De lou

Le 26 juillet à 20h14

certains films "lesbiens" sont quand même pas très bons, non ? si les héroïnes étaient un homme et une femme, on aurait vite fait de jeter le DVD à la poubelle, mais on a regardé le film jusqu'au bout parce que, bon, quand même, on n'en voit pas tant que ça des filles qui s'aiment à l'écran.
et puis, il y a des films, plutôt bons, avec une ou des héroïnes plutôt branchées filles, et du coup, patatras, le film est qualifié de "lesbien" et plus rien, ou presque.
donc je comprends Valérie Minetto que j'avais croisée dans un restaurant asiat du côté de Marx Dormoy. j'avais vu son film la veille, et j'étais contente de lui dire que j'avais aimé son film, pour son scénario, son sujet, pour le discours, le casting (ah Malik Zidi et Aurélia Petit, un bonheur !) et, oui, cerise sur le gâteau, il y a avait des filles qui aiment les filles mais surtout c'était un bon film.
Merci Valérie.

 
smirn

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De smirn

Le 27 juillet à 18h05

Alors y'a un truc que je pige pas "[...]les «films lesbiens» et les «films gays» - ces derniers étant jugés comme «plus vendeurs»."
Les hommes sont plus censés triper sur le fait que deux femmes s'embrassent?

En tout cas tout ça est bien regrettable...

 
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