Christian Vanneste: «À l'UMP ils se disent: le lobby gay est contre nous, il faut réagir»
Pour l'élu du Nord, ce sont les homosexuels, et non ses propos, qui sont à l'origine du tollé contre lui. Le point sur le débat sur la déportation homosexuelle, et les réactions de la journée. MIS À JOUR avec la réaction de Nicolas Sarkozy sur TF1.

Pour Christian Vanneste, le responsable de la bronca contre lui est tout désigné: c'est encore une fois le «lobby gay», celui qui le «poursuit de ses assiduités, depuis cinq ou six ans. (…) A l'UMP, ils se disent: “le lobby est contre nous, il faut réagir!”» Ce n'est pourtant pas d'une émanation particulièrement homo, mais bien du «Lab» d'Europe 1, qu'est sortie l'info qui aura marqué l'actualité de cette journée d'avant-déclaration de candidature de Nicolas Sarkzoy: les déclarations du député UMP sur «la légende de la déportation homosexuelle».
Klarsfeld défend Vanneste
Celui qui assure s'être «battu pour les représentants homosexuels soient présents lors des commémorations de la Seconde guerre mondiale» dénonce son exclusion annoncée (mais pas confirmée) de l'UMP. Tout en condamnant «absolument cette déportation horrible» des homosexuels, il maintient qu'aucun homosexuel n'a été déporté de France. «Si je me suis trompé, je ferai amende honorable, il n'y a pas de problème», affirme-t-il.
Or, même si rien dans l'actualité n'imposait subitement ce débat, la polémique a permis de faire apparaître certaines données, parfois contradictoires, sur l'état des recherches sur la persécution des homosexuels français durant l'occupation nazie. Serge Klarsfeld, président de l'association des Fils et filles de déportés, défend les propos du député du Nord au site d'extrême-droite Nouvelles de France: «En Allemagne oui (il y a eu des déportaions d'homosexuels), mais pas en France. Les lois allemandes n'ont pas été étendues à d'autres pays. Il n'a jamais été question de déporter des homosexuels français. Je n'ai jamais entendu dire que l'on arrêtait des gens parce qu'ils étaient homosexuels.»
62 déportés homos français
Pourtant, l'historien Mickael Bertrand est moins catégorique. Il cite l'ouvrage intitulé La déportation pour motif d'homosexualité en France: débats d'histoire et enjeux de mémoire (éditions Mémoire active) qui recense 62 déportés français –tous des hommes– pour homosexualité, dont 22 arrêtés en Alsace-Moselle, 32 au sein du Reich (hors Alsace et Moselle), un dans un lieu indéterminé et sept en zone occupée. Au moins 13 ont trouvé la mort en déportation. «Il y en a vraisemblablement plus, mais cela se joue à quelques dizaines, a-t-il dit à l'AFP. «Il est littéralement obsédé par ce sujet.»
Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de déportés homosexuels pour d'autres motifs parce qu'ils étaient juifs, résistants…»
Mais pourquoi absolument circonscrire le débat à la France? «Pour tous ceux qui aiment la liberté, dont nous sommes, l'Alsace et la Lorraine sont demeurées la France entre 1940 et 1944» écrit le Mémorial de la déportation homosexuelle, qui «condamne le délire obsessionnel contre les homosexuels de Christian Vanneste» et envisage des poursuites judiciaires – il encourt un an de prison et 45.000 euros d'amende, rappelle l'avocate Caroline Mécary.
Un comptage complexe
A l'échelle européenne, on estime en général 60.000 homosexuels emprisonnés, et une partie – entre 15.000 et 30.000 – déportés. «L'évocation de ces chiffres m'accable. Rapportés aux propos de Christian Vanneste, ils me révoltent, écrit l'adjoint au maire de Paris Christophe Girard. Déjà condamné en première instance il y a quelques années, il fut hélas blanchi par la Cour de Cassation. C'est aussi la preuve que l'article de loi condamnant les propos homophobes est très largement insuffisant en l'état.»
Pour sa part, les "Oublié-e-s" de la Mémoire (Association homosexuelle du devoir de mémoire) ajoute que «la déportation des homosexuels dans son ensemble concerne d'abord et avant tout les Allemands et touche aussi d'autres nationalités de façon marginale (étrangers résidant sur le sol allemand - cas de Rudolf Brazda notamment - ou encore ressortissants d'autres nationalités arrêtés dans les pays occupés et envoyés en camp de concentration, le plus souvent pour des raisons plus arbitraires qu'objectives, voire pour l'exemple). On dénombre ainsi des cas de déportés pour homosexualité parmi les ressortissants polonais, tchécoslovaques, soviétiques, norvégiens, mais aussi quelques Français.»
Au Nord, le tollé aussi
Des élus du Nord, terre de Christian Vanneste, ont réagi: «Je ne peux être qu'indigné et choqué face aux propos de Christian Vanneste qui s'en prend, une nouvelle fois, à la communauté homosexuelle, dit Michel-François Delannoy, maire PS de Tourcoing, qui avait battu Christian Vanneste dès le premier tour des municipales de 2008. Il est littéralement obsédé par ce sujet. Les affirmations sont très graves, mais, plutôt que d'entrer dans cette polémique destinée à faire diversion, je préfèrerais entendre le député UMP sur le bilan de Nicolas Sarkozy.»
Même le sénateur UMP Jean-René Lecerf, qui décrit Christian Vanneste comme un «militant gaulliste exemplaire» et un «remarquable adjoint à la Culture à la mairie de Tourcoing», estime qu'il a «dépassé la ligne jaune un nombre incalculable de fois» et que ses derniers propos posent «un problème d'éthique et de morale». «A l'UMP, il y a des gens de trop. Soit on exclut Christian Vanneste, soit il reste et un certain nombre de gens, dont moi, s'excluront eux-mêmes du parti», ajoute-t-il. On est pourtant loin du «lobby gay»…
Avec AFP.
Regardez Christian Vanneste interviewé sur France 3 Nord-Pas-de-Calais:
NICOLAS SARKOZY RÉAGIT LORS DE SON INTERVIEW SUR TF1
Suite à la polémique de la journée, Nicolas Sarkozy a dû réagir ce soir sur TF1, lors de l'interview de déclaration de sa candidature, aux propos de Christian Vanneste. Condamne-t-il ces propos? «Oui, a-t-il répondu. J'aimerais tellement que dans la vie politique, à gauche comme à droite, on arrête avec ces propos blessants qui n'amènent rien», a déclaré le président de la République.
M. Sarkozy a rappelé qu'il était opposé au mariage homosexuel et à l'adoption par des couples homosexuels. Mais «tout ce qui peut paraître de près ou de loin de l'homophobie, je l'ai en horreur. Par conséquent, on n'a rien à faire avec des personnes qui ne comprennent pas qu'au 21e siècle, ce type de propos, ça tire tout le monde vers le bas», a-t-il déclaré, sans être plus précis sur le traitement à réserver à Christian Vanneste.
Regardez son interview en intégralité (la réaction à 15:00):











LES CHAÃŽNES 














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De vinzo
ça me désole, que le débat tourne uniquement autour de ce point sur la déportation...
L'ensemble du discours de Vanneste est puant et il y a fait des attaques frontales envers les homos....
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De vinzo
qualifier les homos d'égoïstes, de narcissiques, et j'en passe....
ça choque personne bordel???
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De Alex Simons
Complètement, Vinzo! La plupart des médias ne parlent que de la déportation et se moquent bien du reste de ses propos. On peut d'ailleurs parier que s'il n'avait pas parlé de la déportation, seuls les médias LGBT auraient parlé de ses propos honteux... Et l'UMP n'en aurait eu rien à foutre (une fois de plus!).
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De vinzo
oui c'est l'arbre qui cache la forêt...
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De Benji - Grand méchant gay
Ceux de l'UMP condamnent ce mec mais défendent Guéant tout aussi condamnable ... dans un autre domaine puisqu'il discrimine aussi... ça sent l'entourloupe... Pas de" bon sens" ici, monsieur le président sortant ?...
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De Award
@VInzo: En effet, si Vanneste n'avait pas parlé de déportation on aurait jamais parlé de son intervention. Ses attaques contre les homos sont HARD mais on ne parle que de déportation. L'intervention de Klarsfeld est lamentable mais je ne suis pas surpris.
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De Hima
Il critique même les familles recomposées, comme celle de son président...
Et les Ecolo pour dire d'em... son monde.
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De Daniel2
Tout n'est que complot d'état ! Vanneste est pour ma part homophobe , homosexuel et utilisé en effet par SARKOZY qui est le point de mire de tout ce qui ne va pas en France et au delà même de l'homosexualité ! comment SARKOZY a pu être élu ??? ... Et même si SARKOZY , à bout de souffle , se retrouvait au second tour de l'élection présidentielle de 2012 , ce serait normal ?...Je vous laisse deviner !
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De Yama
@ Vinzo tu as raison de préciser que les propos de Vanneste n'ont pas concerné que la déportation des homosexuels mais également sur les homos qui sont artistes qui pour le moment restent autistes à ces insultes ....Quand à Klarsfeld il ne s'est intéressé qu'aux déportations de juifs et de communistes à se demander si il n'éprouve pas de l'indifférence envers les homosexuels déportés tout en méprisant la communauté gay ........Pour ce qui est de Sarkozy je pense comme beaucoup d'entre nous qu'il éprouve un malaise envers nous mais souhaite tout de même nos votes en faisant mine d'être choqué ........ Dans l'UMP il y a la droite populaire un groupe d'homophobes notoire qui eux aussi devrait être virer ....... Et puis le premier ministre ne pense t 'il pas que nous sommes dangereux pour les enfants (sécurisation des enfants) ? Tous ces mecs de droite sont révoltants et répugnants de part leurs attitudes contre nous les homosexuels "sodomites" ...
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De Charmeur94
Il faut réagir ENERGIQUEMENT envers ce facho. Puis viré ce gouvernement qui ferme les portes à nos revendications. Aucun progrés depuis 2007 !
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De vpi79
Peut-être qu'on peut débattre sur les questions de chiffres, sur les façon de comptabiliser les victimes de l'homophobie nazie et des agents à son service dans le gouvernement de Laval (ui ont été souvent plus zélés que l'occupant, dans le but très clair de profiter de la situation et acquérir des avantages et pouvoirs pris contre ceux qui avaient encore un minimum de légitimité mais se sentaient pas assez forts pour s'opposer à certaines décisions pendant un temps).
Peut-être qu'on peut vouloir détailler les différences entre ce qui s'est passé en France et en Allemagne, car il y a une différence d'échelle tant par le nombre que par la portée des crimes et humiliations. Il n'en reste pas moins que dans un pays occupé, des homos maltraités et humiliés, même s'ils n'ont pas été arrêté et déporté de ce fait, ont clairement pu être motivés pour passer à la clandestinité et la résistance, puis se faire arrêter et déporter (ou fusillé comme "otages" dans des représailles) officiellement pour ce motif de résistance ou indirectement pour un soutien supposé à ces actions de résistances. La guerre et l'humiliation d'une occupation engendre de tels dérives, et fait qu'on va vouloir dissimuler bon nombre de crimes derrière une apparente légalité. Les motifs sont détournés pour justifier d'autres crimes.
Il n'empêche que Vaneste ne fait pas dans le détail et fait de la déportation homosexuelle une "légende" complète. Cette généralisation complète, est carrément insultante et condamnable. Elle nie la souffrance de ceux qui en ont été victimes directement ou indirectement. Elle nie la réalité d'un crime qui n'a qu'une même origine, et qui efface le tracé théorique des frontières: les homos allemands victimes de cette infamie valent autant que les homos français, ou même non français vivant en France.
Car ce crime n'a pas de frontière (surtout dans un pays occupé où ces frontières administratives n'avaient plus de protection réelle grâce aux concours trop zélé de nombre de collaborants profiteurs de la guerre et trop content de s'enrichir avec l'occupant quand le reste du pays sombrait dans la misère ou le quasi-esclavave organisé par Vichy).
Il faut rappeler cette boucherie qui n'a rien d'une légende, même si en terme purement statistique elle est probablement sans commune mesure avec les autres crimes commis vers d'autres minorités désignées "ennemies" de la France, ou "parasites" par l'occupant et le système haineux de Laval.
Car on voit bien que Vaneste cherche à éliminer des traces pourtant indélibébiles sur l'honneur supposé resté immaculé de la France, pour l'isoler à quelques crimes dont pourtant certaines autorités françaises (je ne dis pas toutes) qui avaient en charge la préservation de la sécurité et du destin du pays, ont permis l'innommable de se propager aussi en France, plus vite même que ce qu'aurait pu imaginer l'occupant.
La France a ses responsabilités, je ne dis pas toute la France, mais on ne peut pas tracer de ligne claire. Et certainement pas avec une généralisation rapide et insultante de Vaneste qui non seulement gomme ce qui s'est passé en France, mais aussi ce qui se serait passé à cette époque dans une bonne partie de l'Europe (voire du monde, via les empires coloniaux) et même au sein même des autres nations alliées à ce moment-là (notamment l'Union soviétique, avant ET après le pacte germano-soviétique).
Ne parlons pas de chiffres donc, réalisons d'abord ce qui était le plus détestable et a permis tout le reste : tout le discours politique de l'époque, et la haine qui ne savait plus vers quelle minorité se porter pour leur faire porter une responsabilité inexistante ou seulement partagée. Mais pour décrire réellement ce qui était détestable, on a besoin d'exemples clairs montrant jusqu'où a été cette barbarie, parce que justement le terme "d'exemple" a trop été utilisé aussi par les barbares au pouvoir pour montrer leur force et imposer leurs lois.
On doit reparler de ces exemples pour comprendre en quoi a consisté cette ignominie, et pour comprendre à quoi elle se rapporte encore aujourd'hui à des haines identiques et persistantes. Des haines qu'on doit combattre par la vérité, et pas la négation aveugle et insultante des faits.
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De vpi79
Quand j'ai écrit ci-dessus « on ne peut pas tracer de ligne claire », il faut bien voir aussi la part de responsabilité de ceux qui, bien qu'aillant eu à un moment donné une conduite exemplaire, ont aussi eu leur part d'hésitation ou de doute, ou ont fermé les yeux pendant un moment. Ceux-là incluent une grande partie des français, même ceux qu'on cite comme exemples.
Car où se situe encore aujourd'hui nos combats ? On a très peu de moyens de faire changer d'opinion les plus obstinés, qu'on ne peut que dénoncer le plus vivement, même si on ne peut pas leur ôter la parole, en les écartant des pôles de décision et des soutiens dont ils profitent (surtout parmi ceux qui se font élire par de tels propos).
Mais on a un pouvoir immense de faire changer les choses dans cette majorité immense, souvent silencieuse, qui a une part de responsabilité dans la haine persistante qu'est encore l'homophobie.
C'est sur eux d'abord, ces invisibles qui ferment les yeux et ne s'expriment pas, que s'adressent nos combats, dans la croyance qu'ils peuvent comprendre, changer de point de vue ou se déterminer vraiment, et commencer à agir, pour que les derniers perturbateurs qui disposent du pouvoir de faire réellement changer les choses sortent de la vie publique. Il nous faut donc dénoncer vivement ces derniers qui nous insultent et font croire des sornettes à la majorité silencieuse, et démontrer que cette majorité silencieuse a plus de pouvoir qu'elle ne ne croit.
Et en ce sens, les crimes d'aujourd'hui (qui ne sont pas moins condamnables que ceux d'hier) peuvent être combattus en tirant les leçons de l'histoire, qu'il est criminel de rayer d'un trait par une parole stupide et condamnable.
Car comme le dit trop bien l'adage « Qui ne dit mot consent », c'est d'abord la non prise de conscience qui est le plus grand danger de toute démocratie. Elle ne sert qu'aux criminels et dictateurs qui disposent et usent trop largement de leur droit de parole, et à qui on doit répondre de façon aussi véhémente et visible, sinon plus, qu'eux, avec des arguments issues d'un regard élargi et éclairé par l'histoire. Une histoire qu'il nous faut préserver, non pas pour la reproduire, mais pour parvenir à comprendre nos éternels travers humains trop souvent tus et inaperçus.