Bagdam, vingt ans de lutte pour les lesbiennes: Odile Debloos
Pour fêter son 20ème anniversaire, Bagdam a choisi de se pencher sur «L'Arme du rire/Larmes du rire» pour son colloque international d'études lesbiennes qui réunit des chercheuses et militantes de tous les pays. Découvrez-les avec TÊTUE.COM.
«Garder une capacité de résistance et inventer sa vie», c'est ainsi qu'Odile Debloos définit son lesbianisme, «qui l'a portée et la porte toujours.» Une façon de voir le monde pour cette photographe autodidacte, juriste de formation, et qui a choisi de gagner sa vie comme conseillère pédagogique «pour rester une artiste libre.» Libre de faire ce qu'elle aime, des portraits, des manifestations, «tout ce qui peut garder trace de notre militance.» Côté professionnel, des publications dans Lesbia pendant un temps (L'œil d'Odile), la participation au projet Lesbians connexion (une exposition de photographes lesbiennes qui a tourné dans plusieurs pays) lors des Gay Games de 1998 à Amsterdam, etc. Côté militantisme, après l'implication dans des groupes féministes dès 1976, Odile Debloos s'investit pendant dix ans dans Les Immé-Dianes à Amiens - jusqu'à la dissolution de l'association en 2000 - et continue de participer à la Coordination Lesbienne de France (CLF). En parallèle de ses travaux liés à l'homosexualité, elle expose depuis 1987 sur tous types de sujets, avec une prédilection «pour ce qu'on appelle documentary photography aux Etats-Unis.» Et un goût pour les femmes photographes des années 30, «comme Florence Henri ou Germaine Krull». Mais aussi une passion pour la Lettonie - un pays découvert en accompagnant des élèves - où elle se rend régulièrement depuis une vingtaine d'années. Avec l'an dernier un voyage sur les frontières, «pour marquer l'entrée dans l'Europe», et l'envie aujourd'hui d'en faire un livre. Avis aux éditeurs.
Anne Delabre
Bagdam, vingt ans consacrés aux lesbiennes
Six colloques depuis 2000, douze festivals du Printemps lesbien, Bagdam est devenu le symbole de la vie lesbienne à Toulouse... et bien au-delà. D'abord sous forme de Bagdam Café de 1989 à 1999 - premier et unique café entièrement non mixte dans l'hexagone - puis de Bagdam Espace Lesbien après sa fermeture. Plus de lieu donc, mais des publications (Espace Lesbien et Bagdam édition), et toujours de l'énergie à revendre ! Cent pour cent lesbien, tel est le credo des fondatrices de cette association qui entend être «un des lieux majeurs d'expression, d'initiative et d'échange des créations et de la pensée lesbienne»*, sans se soumettre aux «normes ambiantes». Avec «l'ambition non seulement de transformer la vie quotidienne des lesbiennes (politique intérieure), mais aussi d'imposer leur existence citoyenne (politique extérieure)».
A son origine, quelques lesbiennes féministes, issues de la Maison des Femmes de Toulouse (créée en 1976), Brigitte Boucheron, Jacqueline Julien, Sylviane Francesconi et Sonia Ruiz, qui ont voulu créer un espace qui leur soit plus spécifiquement dédié. Tout en revendiquant l'héritage du mouvement des femmes des années 70, dont la ville rose fut particulièrement partie prenante. Pour fêter son 20ème anniversaire, Bagdam a choisi de se pencher sur «L'Arme du rire/Larmes du rire» pour son colloque international d'études lesbiennes qui réunit des chercheuses et militantes de tous les pays. Quant au traditionnel Printemps, il propose de nombreuses manifestations (films, débats, concerts, expos...) en partenariat avec la cinémathèque, des librairies, l'université, etc Un festival en ville qui est l'occasion de se faire connaître dans toute l'agglomération. Avec désormais le soutien officiel de la municipalité et des institutions régionales. Une grande nouveauté à saluer.
Photo Anne Delabre




















