Aurélie Filippetti: «Hollande exigera la fin de la discrimination pour le don du sang»
Vous participez aux primaires socialistes? Juste avant le second tour, qui choisir entre François Hollande et Martine Aubry? Aurélie Filipetti, soutien du premier, apporte pour TÊTU quatre raisons de voter pour lui, en ce qui concerne les questions LGBT.

Les questions économiques, fiscales ou environnementales ne suffiront peut-être pas à certains électeurs des primaires socialistes pour départager Martine Aubry et François Hollande, dimanche au deuxième tour. C'est la raison pour laquelle TÊTU a demandé à deux soutiens des finalistes de rappeler leurs engagements envers les LGBT, et de dire pourquoi les homos et les trans devraient voter pour leur champion.
Quatre raisons de voter François Hollande par Aurélie Filippetti, députée PS de Moselle.
François Hollande est le premier à avoir demandé l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe. Pour François Hollande, les questions sociétales sont aussi importantes que les questions économiques et sociales. Il s'est engagé pour le mariage entre personnes de même sexe depuis 2004 et a été le premier signataire d'une proposition de loi socialiste en 2006. François Hollande fera voter en 2012 par le parlement le mariage et l'adoption. Il exigera la fin de la discrimination frappant les homosexuels pour le don du sang.
François Hollande veut faire reconnaître l'identité de genre comme un motif de discrimination et faciliter le changement d'état civil des personnes trans. L'orientation sexuelle et l'état de santé font explicitement partie des motifs de discrimination reconnus par la loi. Il sera nécessaire d'y ajouter l'identité de genre. Nous devrons aussi suivre les recommandations du Conseil de l'Europe et faciliter le changement d'état civil, sans lier nécessairement cette reconnaissance à une opération préalable.
François Hollande propose d'ouvrir l'AMP aux couples de même sexe et de faciliter la filiation pour les personnes ayant eu recours à des GPA légalement à l'étranger. François Hollande pense qu'il est indispensable d'ouvrir l'AMP aux couples de même sexe (lesbiens) et aux femmes seules. Pour la GPA, la situation est inquiétante tant les couples concernés rencontrent ensuite des difficultés pour la filiation de l'enfant en France, notamment pour le second parent intentionnel. François Hollande soutient la reconnaissance civile de l'enfant et la facilitation de la filiation pour les personnes ayant eu recours à des GPA légalement à l'étranger.
François Hollande est le seul à proposer la création d'une Délégation interministérielle à l'égalité (DIE). Pour parvenir à une situation d'égalité réelle, il faudra dépasser l'action législative de début de mandat et mettre en oeuvre, tout au long de la législature, des politiques publiques déterminées. En 2013 , il créera la Délégation Interministérielle à l'Egalité (DIE) qui sera dotée de moyens réels aura pour mission de travailler avec tous les ministères et administrations.
Découvrez les quatre bonnes raisons de voter Martine Aubry, par Bruno Julliard












LES CHAÃŽNES 














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De Arkthus
Et l'autorisation de la GPA en France ? :p
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De patrik
Seul Valls était pour.
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De NémoGizmo
et Baylet?
moi je ne suis pas pour. Ca pue trop le fric.
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De laurent paris
la gpa est exlue du programme PS (par lequel Baylet n'était pas lié, étant du Parti Radical). on trouve par contre dans ce programme la pénalisation du client qui vise à abolir simplement la prostitution.
ça participe de cette même idée selon laquelle une femme (ou un homme) peut choisir de louer ses mains ou son cerveau et bosser dans des conditions très dures mais dès qu'on touche au sexe ça devient de la "marchandisation du corps" et celles qui affirment librement préférer se prostituer ou porter l'enfant d'un autre plutôt que de bosser à la chaîne ou torcher les malades ne savent pas ce qu'elles disent et sont forcement exploitées.
j'ai déjà abordé le sujet et je me répète mais je trouve ce moralisme qui a fait son chemin à gauche et ce revirement d'un certain feminisme qui remet en cause la liberté de disposer de son corps carrément écoeurants.
pour le reste je reproche à ces deux candidats la même chose... encore pas assez ouverts sur les questions de moeurs, mous face à la finance et au libéralisme économique européen (soutien au traité de Lisbonne passé en force) et mous sur les questions de laïcité et de sécurité (critiquer le bilan de Sarko, c'est bien, mais proposer des mesures efficaces, c'est mieux)
j'ajouterai que la dépénalisation de l'usage de cannabis proposée par Aubry ne sert à rien si elle n'est pas accompagnée d'une offre légale encadrée puisqu'elle ne permettra ni de contrôler la dangerosité du produit vendu ni de casser le trafic et ses conséquences sur certains quartiers (violences, économie parallèle, déscolarisation…)
j'irai peut-être voter Aubry parce que Hollande a effectivement l'air flou sur certains sujets mais elle ne me fait pas rêver non plus. ça sera encore une fois un choix par défaut.
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De Lafcadio
Laurent, si je peux te répondre sur un point.
Tu donnes un argument : "puisqu'on peut louer les autres parties de son corps presque sans restriction, l'interdiction de la GPA est une hypocrisie moralisatrice", donc légalisons la GPA (je résume, mais je crois que c'est ça), qui me paraît cohérent mais dangereux. On voit bien là par quelle voie à peine détournée le militantisme progressiste peut faire le lit de la marchandisation, indépendamment des volontés subjectives des militants.
J'admets la logique de ton argument, mais je la retourne : que la GPA soit interdite, de mon point de vue, encore heureux (que des scrupules religieux jouent un rôle là -dedans, c'est fort probable mais tant pis). Comme dit Némo avec qui je suis loin d'être toujours d'accord, ça pue le fric ; et j'ajouterai pour ma part que cet "arraisonnement" (pour faire mon petit Heidegger) de la technique sur tous les aspects de l'existence, c'est un processus inquiétant où l'homme perd la maîtrise de sa propre destinée, est aspiré dans un processus qui le dépasse.
Il faut donc essayer de freiner ce processus par tous les moyens, il faut "empêcher que le monde se défasse", pour citer Camus. C'est la marchandisation de toutes les parties du corps, cerveau, mains, etc., qu'il faut combattre, ou à tout le moins limiter : interdiction du travail le dimanche sauf pour les choses indispensables, rétablissement d'un droit du travail digne de ce nom, défense de l'école et de la culture contre les intrusions des entreprises, etc.
De mon point de vue, si on ne maintient pas des limites fermes entre ce qui se vend et ne se vend pas, on n'a pas de fondement éthique pour freiner la marchandisation de toutes choses ; et on se retrouve alors avec cette gauche odieuse libérale-libertaire qui supprime l'indexation des salaires sur l'inflation et fait exploser le taux de profit (1983, la droite l'avait rêvé auparavant mais n'avait pas osé), qui ouvre les marchés financiers (83-85), qui signe les ultralibéraux traités de Maastricht et Amsterdam (91 et 98) avec les merveilleuses conséquences que nous voyons aujourd'hui en Grèce et ailleurs, ou encore qui privatise à tour de bras (on l'a oublié, mais le gouvernement Jospin a plus privatisé que tous les gouvernements de droite avant lui). Et j'en passe.
Pour que les choses soient claires, en 2012, au deuxième tour, je ferai barrage à Sarkozy parce que ce type est le mal incarné et que je ne donne pas dans la politique de la terre brûlée. Mais de là à m'enthousiasmer pour cette gauche dont on ne compte plus les mauvais coups, là -dessus je te suis Laurent, faut quand même pas pousser.
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De Youkounkoun
Hélas nous sommes d'accord, j'ai renoncé à voter pour une gauche idéale, pour un candidat aux principes inébranlables, au courage sans bornes. Je vote pour le moins mauvais, qui disposera de nos impôts. Pour en faire le meilleur usage possible.
Et je ne voterai jamais Sarkozy, c'est une affaire d'honneur.
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De Lafcadio
J'ajoute une chose, rapport à "nos" droits.
Pour moi, voter pour un parti comme l'UMP qui ne souhaite pas nous donner les mêmes droits que tous les autres, ce n'est pas de l'indépendance d'esprit, c'est, au choix, du masochisme ou de la connerie.
Mais, inversement, le critère des droits est purement éliminatoire. Ça ne suffit pas pour "me faire voter" pour un parti. Je rappelle donc au passage que le NPA (la LCR d'alors a été le premier parti à s'intéresser concrètement à l'homosexualité) aussi bien que le Front de Gauche sont pour l'égalité totale, y compris pour l'adoption. Avant de vous jeter sur le PS, regardez un peu ce qu'ils ont fait, lui et ses petits copains, le Labour, le PSOE, la SPD quand ils étaient au pouvoir.
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De laurent paris
@Lafcadio je ne vois pas dans tes citations d'argument objectif permettant de dire que la GPA "puerait le fic" plus que d'autres emplois (à ce moment interdisons l'industrie du luxe ou même les femmes de ménage, que tout le monde ne peut pas se payer), qu'elle mènerait plus particulièrement à une exploitation, à une perte de "la maîtrise se sa propre destinée" ou qu'elle justifierait le libéralisme économique et la mondialisation auxquels la gauche mitterrandienne a effectivement très tôt cédé.
je ne vois simplement pas de lien logique entre la dérégulation (ou plutôt la régulation en faveur de certains) d'un système aux conséquences néfastes concrètes sur la vie, voire la survie des gens et une libéralisation des mœurs qui n'empiète pas sur la liberté et le bonheur d'autrui.
autoriser la gpa en France serait même un meilleur moyen de l'encadrer (assez facile puisque nécessitant un cadre médical et légal pour la reconnaissance de paternité) et de s'assurer qu'elle reste un choix et non une exploitation de la misere comme elle pourrait l'être dans des pays avec de fortes différences de niveau de vie (et encore il faudrait démontrer que les mères porteuses là -bas se sentent victimes).
pour ce qui est des droits lgbt ça n'est pas pour moi un critère éliminatoire, ça n'en est qu'un parmi d'autres et même s'il est important je peux très bien concevoir qu'un homo vote pour l'ump s'il s'y reconnaît plus sur d'autres aspects. ils se trouve qu'aucun parti ou candidat ne répond entierement à mes attentes mais que pour moi la balance penche plus à gauche. d'où mon vote "par défaut".
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De bdbg24
@ Laurent Paris
Tu veux dire (ci-dessus) que l'on pourrait voter une loi encadrant la gpa en interdisant au mieux la "marchandisation", en limitant le pays en fonction du niveau de vie ??
Même en ne tenant compte que de ce point : tu ne crois pas que des personnes "avec une forte différence de niveau de vie" (sic) et donc très pauvres n'existent pas en France ? Alors, on va discriminer les femmes "autorisées" aussi en fonction de ce critère ?
Ce contournement du problème sur le critère du fric est inadéquat, selon moi, et ne tient pas compte du problème éthique de fond.
Si on a le désir d'aimer et d'élever un enfant, donc d'assumer une fonction parentale, il y a l'adoption et avec l'ouverture du mariage identique à tous les couples, toutes les personnes sont égales. Les personnes qui ne peuvent envisager la parentalité qu'avec LEUR spermatozoïde, sont comme celles qui veulent sélectionner le sexe, la couleur des yeux, des cheveux, etc... Il mettent l'enfant en position d'objet à choisir / acquérir. Ils ne sont pas (encore) mûrs pour être parents.
Et l'argumentation que j'entends souvent, selon laquelle de nombreux couples hétéros ont des enfants sans être mûrs pour assumer la fonction parentale ne tient pas la route : on ne s'aligne pas sur les cas les plus mauvais.
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De Lafcadio
Bdbg connaît tout cela mille fois mieux que moi, et a bien répondu (d'ailleurs, bdbg, je te répondrai, mais un peu de patience, je suis un peu débordé pour le moment).
Laurent, je suis d'accord avec ton exemple de la femme de ménage ; si tous les gens qui le peuvent physiquement commençaient par faire le ménage chez eux, ce pays ne s'en porterait que mieux.
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De laurent paris
@bdbg24, non, je dis que si la gpa était proposée en France, moins de gens iraient y recourir dans des pays comme l'Inde où la pauvreté est telle que les femmes qui se proposent seraient exploitées parce qu'elles n'ont pas d'autre choix (argument souvent employé par les opposants à la gpa).
outre le fait qu'en France ça serait moins une question de survie, on pourrait plus facilement y assurer une prise en charge et une rémunération minimum de la mère porteuse, un cadre légal (si par exemple elle décide d'avorter ou de garder l'enfant) et définir des conditions comme souvent aux US, le fait qu'elle soit déjà mère et s'engage donc dans une grossesse en connaissance de cause.
l'argument selon lequel des femmes seraient "discriminées" en n'étant PAS autorisées à être mères porteuses est intéressant mais va un peu à l'encontre de ceux qui présentent la gpa comme une horrible exploitation.
quant à l'idée que ceux qui préfèrent avoir un enfant qui leur soi lié biologiquement plutôt qu'en adopter (faudrait-il encore qu'on les y autorise) seraient moins dignes d'être parents, elle n'est encore une fois fondée sur rien de concret. et si on suit cette logique, il faudrait également supprimer les dons de sperme et les aides à la procréation (c'est vrai, quoi, ils n'ont qu'à adopter).
@Lafcadio, tu as bien compris que la suggestion sur les femmes de ménage était purement rhétorique. non, "si tous les gens qui le peuvent physiquement commençaient par faire le ménage chez eux" ce pays ne s'en porterait pas mieux... ça supprimerait simplement des emplois.
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De bdbg24
@ Laurent Paris
Je ne suis pas un opposant radical à la GPA. Je pense que ce sujet est complexe. Même aux US dont tu parles, et même si la femme a déjà eu un enfant et sait ce qu'est un grossesse, la façon dont elle va vivre celle-ci n'est pas si évidente. Elle peut très bien évoluer et souhaiter garder cet enfant, pas exemple : aura-t-elle cette possibilité ?.
Et qu'en est-il de la relation d'amour mère > foetus si importante pour le devenir du bébé (même si certains en ont fait des "romans" abusifs).
Faire fi de ce genre de questions, dire que tout est limpide me semble pour le moins prématuré.
Pour revenir au sujet de l'article, c'est un peu il me semble ce qu'a dit MA. La position de FH qui interdit la GPA en France tout en régularisant celle faites à l'étranger me semble hypocrite et électoraliste.
Quant à la question de la parentalité, je ne sais si tu caricatures délibérément mon propos, ou si je me suis mal expliqué... Je ne dis et ne pense pas qu'il s'agit d'une question de plus ou moins grande "dignité". Je crois vraiment que chaque personne qui a un désir d'enfant (même dans un couple hétéro) DOIT se poser ces questions.
L'aide à la procréation lorsqu'il s'agit d'un don de sperme, n'est pas si loin de l'adoption puisque le don est anonyme et gratuit (en France). La rupture de cet anonymat "pour que l'enfant puisse retrouver son soi-disant vrai père", c'est à dire son simple géniteur est peut être à la mode, mais c'est une erreur et assez ignoble vis à vis des seuls parents, c'est à dire ceux qui ont aimé, élevé, et ouvert l'enfant à SA vie.
Dire que tout cela n'est "fondé sur rien de concret" est faux. Pour avoir à titre amical et à titre professionnel accompagné des futurs parents pendant des années et aussi bien biologiques, que aides à procréation et que adoption, montre que ces concepts ne sont pas aussi ridicules que la manière dont tu les caricatures. Et oui, il y a pas mal d'enfants en souffrance et des fois de façon grave, parce que la parentalité n'a pas été assez élaborée... C'est une réalité, et c'est concret même si c'est une souffrance psychique.
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De laurent paris
c'est justement parce que la gpa est un sujet complexe que je pense qu'il vaut mieux qu'il soit traité en France, où on peut par exemple proposer une évaluation psychologique préalable des parents et de la mère porteuse et où on peut mieux s'assurer en cas de conflit que l'intérêt de l'enfant prime sur la lettre du contrat.
et la régularisation des enfants nés d'une gpa à l'étranger est peut-être hypocrite et electoraliste mais c'est surtout une nécessité absolue pour épargner bien des souffrance à des enfants qui n'y sont pour rien, quoi qu'on pense des parents.
quant à l'importance de la "relation d'amour mère>foetus" pour l'épanouissement d'un enfant qu'elle n'élève pas, elle n'a à ce que je sais pas été démontrée.
pour ceux qui préfèrent avoir un enfant qui leur soit lié biologiquement, tu n'emploies pas le mot "digne" mais juges qu'ils ne sont pas assez mûrs pour être parents et les compares à ceux qui placent l'enfant en objet de consommation, ce qui revient au même. je ne vois pas en quoi le fait d'être prêt à payer pour avoir un enfant serait un signe d'immaturité ni en quoi la gratuité serait un gage ou même un indicateur de l'aptitude à être parent.
dans le cas du don de sperme, l'un des parents est généralement le parent biologique (et la gpa implique souvent un don d'ovocyte, forcement dans le cas de couples d'hommes). ça n'est pas par nature plus proche de l'adoption dont d'ailleurs l'intérêt premier n'est pas de filtrer les parents assez mûrs ou de leur faire se poser des questions mais d'offrir un foyer à des enfants déjà nés qui n'en ont pas. ce que ni le don de sperme, ni les fiv ne permettent non plus.
pour finir, oui, des enfants peuvent souffrir d'une "parentalité pas assez élaborée" mais il me semble que recourir à une procedure aussi compliquée que la gpa resulte généralement d'une reflexion plus poussée que la majorité des procreations "naturelles". comme tu dis on ne s'aligne pas sur les cas les plus mauvais, mais il n'y pas non plus à discriminer par principe les parents potentiels sans raisons objectives établies.
d'ailleurs, à part pour les homophobes qui se cachent derrière cette opposition au "droit à l'enfant" (donc également à l'adoption), la légitimité des parents n'est pas l'aspect principal dénoncé par les opposants à la gpa, qui reste la notion crypto religieuse de "marchandisation du corps de la femme".
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De bdbg24
@ Laurent Paris
J'entends tout à fait tes arguments que je trouve élaborés et donc intéressants. Ce qui nuance donc mon regard sur cette question. il faut dire que je n'ai jamais accompagné ce type de demande, parce que du temps de mon exercice professionnel, la gpa n'était pas pratiquée. Je sais qu'un rapport assez complet a été fait et d'ailleurs présenté au PS (qui n'en a pas tenu compte). Je n'ai eu qu'un résumé. Est-ce que tu as l'adresse internet pour le lire en intégral ?
En ce qui concerne les couples monosexués, il est clair que l'ouverture au mariage, sans aucune distinction par rapport aux hétéros inclue l'adoption (et aux autres techniques d'aide à la procréation, dont la gpa si elle est autorisée. C'est bien pour cela que l'égalité doit être exigée, et non pas un "mariage" spécifique... Ceci étant clair, pour moi l'expression de "droit à l'enfant" n'est pas synonyme et continue de me déranger par son "objectisation" (est-ce français ?) de l'enfant. J'aimerais que l'on parle du "droit à la parentalité". (ce n'est pas qu'un enculage de mouche !...)
J'ai travaillé pendant des années avec une thérapeute familiale assez connue sur le "cheminement" vers la parentalité (couples hétéros pour la grande majorité, mais aussi de quelques gays [adoption] car l'homoparentalité, malgré le statut discriminatoire, ne date pas d'hier... mais on n'en parlait pas). Ce travail était parti d'une recherche pour la prévention de la psychose infantile et des névroses graves de l'enfant. L'élaboration par les adultes ce que représentait pour eux l'enfant à venir, et de leur fonction parentale future, nous a semblé très utile. C'est à dire que ce "travail" des parents sur leurs représentations fait avant la naissance (pendant la grossesse) évitait que cela ne se fasse "sur le tas" (!) avec l'enfant déjà là .
Ce que tu dis sur la réflexion liée à la procédure de la gpa (comme celle de l'adoption) est exacte et évite les enfants surprise et / ou non désirés. Encore faut-il que cette élaboration-enquête soit réellement faite, et pas seulement sur les éléments matériels, et par des personnes formées et compétentes... ce qui n'est souvent pas le cas pour l'adoption actuelle ! Cette dimension devrait faire partie de la procédure, et un suivi minimal aussi. Mais comme cela couterait à l'état, j'ai peur que comme dans l'adoption, cela ne soit pas vraiment fait. Oui, c'est pas une raison, je sais !
En tous cas l'adoption est pour moi autant une démarche pour offrir un foyer aux jeunes que la possibilité aux adultes de devenir parents. Il y a d'ailleurs beaucoup plus de parents demandeurs que d'enfants adoptables.
Le fait d'avoir à "payer" ce qu'il est légitime de rémunérer ou rembourser ne me dérange pas : c'est d'ailleurs le cas pour l'adoption. Il faut juste que cela ne soit pas un commerce (selon moi). Ce qui me dérange, et là je ne changerai pas d'avis, c'est quand l'enfant est objectisé, avec des choix comme dans une grande suface : le sexe, la couleur des yeux, des cheveux, ou l'origine sociale (et ethnique, bien sûr). J'ai rencontré des parents qui voulaient "que l'enfant qu'ils allaient adopter soit issu d'une bonne famille" ou similaire. Je ne les ai jamais considéré comme "non dignes", mais comme n'étant pas ENCORE murs dans leur désir d'enfant et de parentalité. Est-ce que cela est plus clair ainsi ? N'est tu pas d'accord ?
Merci en tous cas pour ce dialogue qui s'est dépassionné. je ne sais si ce blog restera accessible longtemps sur Têtu, mais si tu souhaites comme moi continuer ce dialogue, tu peux m'écrire : mon pseudo sans les chiffres chez l'agrume français.
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De laurent paris
@ bdbg24, j'ai peur d'avoir fait le tour de ce que je pouvais dire sur le sujet.
je ne suis pas mieux documenté que toi et je n'ai pas de projet parental personnel en vue. ma réaction est avant tout une opposition à une certaine forme de morale et porte plus sur le principe que sur les modalités.
je comprends ton point de vue mais je ne pense toujours pas que vouloir un enfant "de soi" soit un signe d'inaptitude (même temporaire) à être parent ou soit comparable aux exigences d'adoptants que tu cites, qui indiquent effectivement une certaine immaturité mais aussi créent des inégalités en mettant "en concurrence" des enfants déjà nés.
enfin l'expression "droit à l'enfant" n'est pas de moi, c'est celle que les opposants à l'homoparentalité utilisent pour désigner des revendications telles que l'adoption jointe, le don de sperme et bien sûr la gpa pour les couples de même sexe qui s'opposeraient au droit *de* l'enfant (à avoir un père et une mère).