Annulation de la procédure contre celle qui dénonçait l'homophobie dans la police
Après avoir dénoncé l'homophobie dont était victime une collègue dans la police aux frontières, Sihem Souid avait été convoquée à L'IGS. Le tribunal vient d'annuler la procédure, alors que, dans le même temps, des anciens soutiens de l'auteure d'«Omerta dans la police» se retournent contre elle.
Sihem Souid peut être satisfaite: le tribunal de Créteil a annulé vendredi dernier la procédure pour violation du secret professionnel qui la visait, arguant d'atteintes aux «droits fondamentaux». Cette ex-policière (lire son interview) avait publié Omerta dans la police en octobre 2010, dans lequel elle dénonçait les discriminations, le sexisme et le racisme qui pouvaient sévir au sein de la fonction policière. Et notamment les brimades qu'avait subies une collègue lesbienne.
Après que Sihem Souid ait dénoncé le harcèlement homophobe dont était victime sa collègue, les soucis s'étaient accumulés pour cette ex-fonctionnaire de la police aux frontières. Soupçonnée d'avoir communiqué à un journaliste des informations confidentielles sur des dispositifs de sécurité aéroportuaire, elle avait été convoquée à l'Inspection générale des services (IGS).
«Acharnement contre elle»
C'est dans cette affaire que le tribunal de Créteil a jugé la procédure irrégulière, après avoir examiné les exceptions de nullité soulevées par l'un des avocats de l'ex-policière de la PAF d'Orly, Me William Bourdon, portant sur les conditions de la garde à vue de sa cliente. En effet, Sihem Souid avait été «sommée» en juin 2009 de se rendre à l'IGS par sa supérieure hiérarchique. «Mme Souid ne s'est pas présentée librement dans les locaux de l'IGS, mais sous la contrainte», a statué Xavier Lameyre, le président du tribunal. «Ce n'est qu'à son arrivée au service de l'IGS que l'officier de police judiciaire lui a notifié ses droits», a-t-il dit, avant de prononcer la nullité de la garde à vue pour «atteintes portées aux droits fondamentaux de Mme Souid».
«Justice m'est rendue. Justice a été rendue. La vérité triomphe toujours», s'est réjouie Sihem Souid, souriante, à la sortie du tribunal. «Le tribunal a sanctionné le caractère arbitraire de la procédure», a déclaré Me Bourdon, pour qui «l'attitude citoyenne» de Sihem Souid «explique l'acharnement contre elle».
Anciens soutiens qui l'accusent de mensonge
Après la publication d'Omerta dans la police, les plaintes de cette jeune femme de 30 ans et de cinq de ses anciens collègues de la PAF ont conduit à la désignation fin décembre d'un juge d'instruction chargé d'enquêter sur des faits de «harcèlement discriminatoire» dans cette unité de police en pointe dans le contrôle de l'immigration.
Aujourd'hui en poste à la préfecture de police de Paris, Sihem Souid est par ailleurs suspendue de ses fonctions pour avoir manqué à son obligation de réserve. Dernier retournement dans cette affaire: plusieurs de ses anciens soutiens, qui avaient pourtant pris fait et cause pour elle, l'accusent désormais de mensonge. Elle a de son côté porté plainte contre eux pour diffamation, injures et harcèlement.
Mise à jour: Le parquet de Créteil a annoncé lundi avoir fait appel du jugement qui a annulé la procédure pour violation du secret professionnel visant Sihem Souid.
Avec agence.
Photo: Habibou Bangré/TÊTU











LES CHAÃŽNES 














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De laurent paris
bonne nouvelle. j'espère que ce livre fera bouger les choses. autant l'attitude anti-flic qu'on voit beaucoup par endroits m'énerve, autant la police devrait selon moi se montrer irréprochable.