Amélie Mauresmo: «une décision qui a mûri tranquillement»
INTERVIEW. Sans drame mais avec des sanglots dans la voix, l'ancienne numéro un mondiale a pris le temps d'expliquer sa décision de prendre sa retraite. TÊTUE.COM a recueilli ses confidences à la fin de la conférence de presse.
«Je ne vais pas y aller par quatre chemins, si je vous ai réunis, c'est pour vous annoncer la fin de ma carrière.» Par quatre chemins, Amélie Mauresmo n'y est en effet jamais allée. Et ce n'était pas au moment d'annoncer qu'elle avait décidé, à 30 ans, de prendre sa retraite qu'elle allait commencer à le faire (lire notre article et la vidéo de la conférence de presse).
Vêtue d'un jean et d'une chemise noire cintrée, légèrement maquillée, oscillant entre sourire et sanglots d'émotion, le plus beau palmarès du tennis français moderne s'est installé dans une salle cosy d'un restaurant d'Issy-les-Moulineaux, non loin d'un feu de cheminée, pour répondre en toute sérénité aux questions que cette annonce de retraite n'allait pas manquer de susciter. Pourquoi cette décision de dire stop? Comment ce choix s'est-il imposé? Comment a-t-elle vécu ces dernières semaines d'indécision? Et que va-t-elle faire maintenant? Amélie Mauresmo n'a, à son habitude, botté aucun sujet en touche.
TÊTUE: Cette décision n'a, on se l'imagine, pas dû être facile à prendre…
Amélie Mauresmo: C'est une décision qui a mûri tranquillement, qui a fait son chemin. Elle ne s'est pas forcément faite dans le calme et la sérénité: il y a eu des moments un peu difficiles, des moments de doute, des luttes internes car je me disais «qu'est-ce que je fais? Est-ce que c'est la bonne décision? Est-ce que je vais regretter?» Et puis, il y a quelques semaines, je suis arrivée à un peu plus de sérénité.
Vous avez décidé seule?
Oui. Seule, en tout cas mentalement car sinon, mes proches ont toujours été là. Mais c'est une décision qui est tellement personnelle, qui dépend tellement de cette flamme, de cette passion que je pouvais encore avoir ou pas... Pour le coup, mes proches ont été super, ils ne m'ont pas pressée de questions, ils ne m'ont pas dit «alors, t'en es où ?» toutes les deux secondes. Ils savent que c'est un pas important dans ma vie, que c'est une grosse décision et ils ont respecté ce moment-là.
Qu'est-ce qui a fait pencher la balance en faveur de la retraite?
C'est ce manque d'envie... Il me fait penser que je suis arrivée au bout de cette route merveilleuse qu'a été ma carrière de joueuse de tennis. À aucun moment dans cette période de réflexion je n'ai eu envie d'aller jouer, je n'ai eu envie d'aller sur le terrain... Envie de faire du sport, oui, mais ça je crois que mon corps me le réclamera tout le temps, mais envie d'aller jouer au tennis, de prendre la raquette, non. Donc ç'a été pour moi de plus en plus clair et j'ai laissé cette évidence venir tranquillement, s'imposer à moi comme elle le devait.
Aujourd'hui, quelque part, il y a comme une forme de soulagement?
Oui. Il y a surtout eu une forme de soulagement le jour où j'ai décidé, où j'ai dit à Alexia (Dechaume-Balleret, son ancien coach et sa meilleure amie): «Écoute, là je crois que je suis prête. Prête à arrêter». Aujourd'hui, je suis un peu dans le stress, dans l'émotion parce que devant la presse comme ça, c'est forcément exacerbé… C'est un moment difficile et il y a beaucoup de tension mais je pense qu'une fois que ce sera passé, que je serai très, très soulagée.
Quel est le plus beau souvenir de votre carrière?
La victoire à Wimbledon restera probablement dans ma mémoire comme étant le summum de ma carrière, en termes de prestige et d'émotions. Mais il y a plein, plein d'autres choses qui me viennent en tête. La Fed Cup, une aventure de groupe dans un sport individuel, ç'a été fabuleux aussi. Toutes les victoires que j'ai pu avoir dans des tournois, et notamment au GDF Suez, où j'ai vécu des moments incroyables avec un accueil du public absolument hallucinant.
Il y a eu cette médaille d'argent aux Jeux olympiques qui m'a surprise par son intensité et par les émotions que j'ai pu ressentir. La place de numéro un mondiale qui représente aussi une grande fierté: ça n'était jamais arrivé dans l'histoire du tennis français, ni chez les hommes ni chez les femmes, donc j'étais super fière (sourire) et je le suis encore. Et puis, il restera l'aventure humaine qui a été vécue en parallèle à ce que vous, vous avez pu voir sur le terrain. Une aventure humaine de tous les jours avec les fidèles, qui dans les moments difficiles comme dans les moments où ça souriait un peu plus ont été là, m'ont soutenue et m'ont amenée au plus haut de ce que je pouvais faire.
Ne pas avoir brillé à Roland-Garros restera un regret?
Non, parce que je suis en accord avec moi-même quant à ce que j'ai mis en place à chaque fois pour essayer de donner le maximum et puis il y a eu tellement d'autres choses. Alors c'est vrai que le public français, peut-être, reste un petit peu là-dessus. Mais moi, voilà, je dis au public français «ne restez surtout pas là-dessus» (sourire) parce qu'il y a eu tellement de moments incroyables et un palmarès tellement rempli que ce serait dommage.
Votre nouvelle vie, comment la voyez-vous?
Je vais prendre le temps de voir ce qui va se présenter. J'ai quelques idées en tête, je ne vais pas développer là maintenant parce qu'il n'y a rien de précis et rien de concret de toute façon... Transmettre? Pourquoi pas. Je ne pense pas que je sois faite pour être entraîneur par exemple, parce qu'en plus, ça demande de repartir sur le circuit, mais donner des coups de main, pourquoi pas. À part ça? Peut-être des choses complètement différentes, on verra (sourire).
Propos recueillis par Myrtille Rambion












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De Bogoss
Alors toi ! Quelle super nana tu es... elle doit être contente ta copinne ! Maintenant, elle va pouvoir s'occuper de toi. Bravo pour tes revers de ouf, pour toutes tes victoires et ces grands moments de plaisir. Chapeau Amèlie, je te kif.
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De vpi79
Commentaire modéré par la rédaction.