Amélie Mauresmo est née une troisième fois à Paris
La championne de tennis a mis fin à deux années de galère en s’offrant dimanche dernier le vingt-cinquième titre de sa carrière, le troisième au stade Pierre-de-Coubertin. Tout un symbole.

Elle s’est agenouillée sur le court, a lâché sa raquette et les larmes ont commencé à couler. De joie, de soulagement, de toute la pression retombée. Rien à faire pour contenir ce flot lacrymal spontané. Car la seconde d’avant, Amélie Mauresmo a, à la force d’un ultime service gagnant, battu Elena Dementieva, quatrième joueuse mondiale, en finale de l’Open GDF Suez. Et par la même occasion, elle a remporté une victoire sur le sort et l’adversité, conquérant –enfin– le vingt-cinquième titre de sa carrière après deux années de disette.
C’est qu’à vingt-neuf ans et après vingt-quatre mois plombés par les séquelles d’une appendicite, beaucoup la croyaient finie. Pourquoi s’obstine-t-elle à continuer? «À quoi bon?» entendait-on dans les travées des stades du monde entier. Amélie Mauresmo ne lit plus depuis longtemps les articles la concernant. N’empêche que ces rumeurs-là étaient remontées jusqu’à ses oreilles. «Bien sûr que j’ai moi-même douté de pouvoir revenir, a d’ailleurs confié après coup l’ancienne numéro un mondiale. J’ai même cru que mon compteur allait rester bloquer à vingt-quatre titres.» «I’m back», a-t-elle même lâché, confirmant ainsi, même si toute la semaine elle avait affirmé qu’il était trop tôt pour le dire, que sa renaissance avait bien eu lieu. «C’est beaucoup de joie, beaucoup d’émotion, a poursuivi la championne. Et puis ce partage avec le public… Que ça arrive ici à Coubertin, c’est juste extraordinaire. La belle histoire continue. C’est le kif total !»
Car il y a dix ans exactement, de retour de l’Open d’Australie où elle s’était hissée en finale après avoir fait son coming out, son histoire d’amour avec ce public avait commencé. Une première naissance. La deuxième a coïncidé avec son apogée de joueuse, de 2004 à 2006: une place de numéro un mondiale et deux titres du Grand Chelem, à Melbourne puis Wimbledon. Comme pour boucler la boucle, la troisième a donc eu lieu à Coubertin, ce dimanche 15 février 2009. Et si ce n’était que le début de cette troisième vie?
PHOTO AFP











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