Agression au marteau: l'homophobie passe à la trappe en appel
En octobre 2009, deux mineurs montpelliérains avaient écopé de lourdes peines pour avoir agressé au marteau deux gays. En appel, l'homophobie n'a pas été retenue, au grand dam des victimes, mais les peines sont maintenues. TÊTU revient sur cette décision.
C'est un véritable coup de massue pour les deux victimes gays des deux jeunes mineurs qui les avaient violemment agressés au marteau le 23 septembre dernier (lire notre article). Alors que le tribunal pour enfants les avaient condamnés en octobre dernier à deux ans de prison, dont un avec sursis, la chambre spéciale des mineurs de la cour d'appel de Montpellier, dans son jugement du 29 janvier, rejette la circonstance aggravante d'homophobie et ne considère pas que ce soit la raison de l'agression.
«Il existe un doute»
Pour le président du tribunal, il «existe un doute quant au caractère homophobe des insultes». Selon lui, le témoin présent ce soir-là était trop éloigné pour entendre des propos homophobes, et la seconde victime, celle assommée par un coup de marteau, n'a pas entendu et pu se souvenir de tous les propos qui suivirent. Pourtant, le président Sarrazin rappelle dans son arrêt que durant une audition un des agresseurs «a déclaré qu'il croyait que [son complice] avait dit on va vous niquer bande de pédés ou espèce de pédés ».
Le doute aura donc persisté en défaveur des victimes, même si la cour d'appel a confirmé le maintien en détention et les peines de première instance, ainsi que les dommages et intérêts, y ajoutant même la somme de 600 € pour chacune des victimes. Isabelle Oger Ombredane, avocate d'un agresseur, considère cependant que «les peines maintenues, extrêmement lourdes, auraient pu être aménagées». Et d'ajouter: «Parce qu'on ne sait pas quoi faire de ces jeunes, on préfère les savoir en prison».
«On a retiré le pourquoi de cette agression»
Pour Nicolas Gallon, avocat des deux victimes, c'est une très grande surprise. «En rejetant la circonstance aggravante d'homophobie,on a retiré le pourquoi de cette agression. Finalement, on fait des agresseurs des monstres, acteurs de violences gratuites». Pour les victimes le choc est rude. François* contacté par TÊTU, ne comprend toujours pas: «En première instance, nous n'avions pas été écoutés et la qualification était retenue, et en appel nous avons pu nous exprimer et l'homophobie est rejetée». Les victimes et leur conseil qui comptaient sur un pourvoi en cassation sont déçus, puisque, comme le rappelle Manon Brignol, substitut du procureur, un pourvoi «ne peut être formé que sur des éléments de droit et non de fait, comme c'est le cas dans la motivation de cet arrêt». Conséquence, l'homophobie ne sera plus jamais reconnue dans cette affaire.
Révoltés par cette situation, François et l'autre victime ont décidé d'organiser avec les associations Lesbian & Gay Pride de Montpellier et Chemin des Cimes une conférence de presse demain à Montpellier. Pour François «c'est notre parole qui a été mise en cause». Aussi demain, en présence de leurs avocats, qui relèveront les contradictions entre l'arrêt et le dossier, les victimes rendront publique une lettre ouverte n'appelant pas à la vengeance mais «permettant que notre parole soit entendue» assène François.
* Prénom modifié.


















De hellbrecht
Je trouve ça irréel d'être punit qu'a 1an de prison quand on agresse qqun avec un marteau, ce qui pour moi est un tentative de meurtre.. mais bon.. Oh puis ça m'aurait étonné ça.. oui donc y'a un doute sur les insultes homophobes enfin bon déjà que grace à l'émission cactus j'ai appris que PD c'était pas une insulte alors c'est sûr que bon ils ont juste insulter les deux jeune de sale PD avant de les tabasser.. rien de bien méchant en somme c'était pour rire je suis sur.. Mais la justice est sérieuse de temps en temps ou alors elle s'en tamponne sévèrement que des gens soit agressé pour leur orientation sexuel?
De vpi79
Si PD n'est pas une insulte, «sale PD» en est une, basée sur un emploi détourné et faux d'un terme destiné à dénigrer. Parce que derrière «sale» vient ensuite le nettoyage et tout ce que ça suppose et croit justifier ou excuser. et justement l'agression participait de ce nettoyage, et l'expédition a été menée dans cet objectif et avec bien la préméditation de nuire: qui irait se balader avec un marteau qui n'était pas là par hasard et constituait bien une arme (et pas un moyen de protection qui se trouvait là par hasard).
Il y a bien acte criminel, mais il n'y a aucune autre "justification" de l'acte que cette expédition de nettoyage. L'insulte est accessoire, elle est pourtant démontrée par le passage à l'acte. Il n'y a que l'homophobie qui explique ce passage.
Mais le pire c'est que c'est la parole des agresseurs (dont les faits sont démontrés) qui a l'importance et que l'appel traite les plaignants de menteurs. c'est une seconde insulte.
Certes on peut se demander de l'adéquation des peines prononcées : la prison pour des mineurs, je suis franchement hostile, alors que des mesures de surveillance et éducatives obligatoires, avec réparation, s"imposaient.
Et qu'il fallait que les agresseurs subissent la petite humiliation d'avoir à mener des travaux d'intéret général (le travail n'a rien de dégradant, même s'il est "pénible" et oblige à se salir les mains pour être effectué correctement, et même si ça les empêche d'aller vagabonder le soir pour être à l'heure demandée) et l'obligation de se soumettre à un couvre-feu chez eux:
Nos collectivités publiques ont largement assez de travail à faire effectuer: nettoyer les rues ou des halles après un marché ou le soir après la fermeture des commerces, nettoyer des tags sur les façades ou le mobilier urbain, aider à l'enlèvement des encombrants, dépolluer l'environnement, participer à la collecte et au tri écologique des ordures ménagères, industrielles ou commerciales, dégager des arbres, déboucher des fossés, ramasser les coupes de désherbages sur les tallus, consolider des accotements, boucher les trous dans la chaussée. Il y a beaucoup de boulot à faire dans l'équipement qui ne se fait pas sans moyens humains (même avec du matériel).
C'est du travail utile et productif, qui a un prix payé par nous tous et qui, une fois rendu constitue bien un dédommagement. Mais aussi donne des résultats visibles et honorables pour celui qui l'effectue (et effectué par des gens qui sont payés pour ça et traités honorablement, même s'ils ne sont pas payés chers, mais des tâches qu'ils acceptent de faire, tout en ayant une vie personnelle et familiale à côté).
Et ça n'empêche pas qu'à côté de ce travail, il y ait des actions éducatives (parce que c'est le meilleur moyen de les empêcher de recommencer : une seule bonne excuse de ces malfaiteurs en herbe étant le désœuvrement et l'ennui, il faut leur montrer qu'ils peuvent passer leur ennui ou leur colère sur des choses plus utiles et gratifiantes dont ils n'ont pas à avoir honte).
Enfermer un jeune 1 an à Fleury-Mérogis, entre 4 murs de béton très sales, où il n'y a rien même pour les inciter à respecter ou améliorer le lieu, où ils vont passer le temps à s'insulter entre eux ou dans le meilleur des cas à jouer au foot, mais aussi pratiquer toutes sortes de deals et casser tout ce qu'ils peuvent, je ne vois pas ça comme une bonne solution, pour au bout de 6 mois les relâcher dans la nature sans aucun suivi, pires qu'avant et toujours aussi désœuvrés... En plus de ça on fabriquera des jeunes sans aucune formation, avec leur avenir ruiné, que la société devra entretenir...
En plus de ça, la prison coûte très cher à la société, à nous tous (pour un jeune, c'est de l'ordre de près de 2400 euros par mois et par détenu, bien plus que n'importe quel programme social). Quel gâchis quand en plus elle ne fait que reporter à un peu plus tard les problèmes et empirer les conséquences.
La prison c'est pour des gens complètement non réinsérables, trop dangereux pour être laissés dans la nature face à des gens non préparés ou qualifiés à les affronter. En plus, elles sont tellement pleines qu'une seule chose préoccupe les juges d'application des peines, c'est comment les vider. En fin de compte, les peines ne sont pas exécutées comme elles le devraient, et ceux qui passent par là en sortent persuadés qu'on leur a donné raison.