Université d'été du PS: timide "oui" de Lionel Jospin au mariage des couples du même sexe
Un atelier sur l'égalité des droits a par ailleurs réuni de nombreux participants autour d'Adeline Hazan.
Rencontrant les jeunes militants à l'occasion de l'université d'été du Parti socialiste, samedi 26 août à La Rochelle, Lionel Jospin s'est déclaré favorable au mariage et à l'adoption par les couples du même sexe. "Le parti auquel j'appartiens a décidé d'en débattre, en a discuté, a pris une position et est favorable au mariage entre hommes ou femmes de même sexe et à l'adoption par des homosexuels. Cette position est la mienne." Une conversion diversement appréciée chez les socialistes qui n'avaient pas oublié que l'ancien Premier ministre affirmait le contraire en mai 2004 (lire Quotidien du 17 mai 2004). "Il a dit oui du bout des lèvres, commente un responsable du MJS, car c'est avant tout notre projet qu'il soutient." "De toute façon, s'il veut repartir en campagne, il n'a pas le choix", glisse cyniquement un militant. Tout en admettant que cette question "n'a jamais été pour moi un problème personnel, ça ne m'a jamais posé de problème particulier", Lionel Jospin a cependant subtilement fixé la ligne de conduite à tenir pour ses camarades. Pour lui, cette initiative est plus l'affaire des parlementaires que du gouvernement: "Si la gauche est au pouvoir après l'élection présidentielle et les élections législatives, je pense que l'Assemblée nationale prendra l'initiative." Il avait déclaré à Têtu en avril 2002 (n°66) qu'un "enfant a droit à un père et à une mère" et que "le fait, pour un enfant d'avoir comme parents légaux deux personnes du même sexe ne serait pas de nature à lui permettre une structuration satisfaisante". Un peu plus tôt dans la journée, un atelier sur l'égalité des droits s'était ouvert à la salle Ilates de l'espace Encan de la Rochelle. Une première, qui a visiblement plu, puisque la salle s'est rapidement avérée trop petite pour accueillir les participants. Il s'agissait d'"un débat réclamé depuis de nombreuses années par les militants, inclus auparavant dans les ateliers sur les discriminations", a souligné Adeline Hazan, secrétaire nationale aux droits de l'homme, entourée d'Alexandre Carelle, président d'Homosexualité et Socialisme (HES), Martine Gross de l'APGL, Alain Piriou de l'Inter-LGBT et François Vauglin, délégué national aux questions LGBT. Ce débat a été l'occasion pour les responsables socialistes d'affirmer haut et fort que "le changement" avait lieu "à gauche" et que le parti était en ordre de marche sur ces questions. Martine Gross a cependant apporté un bémol en regrettant que le PS n'ait pas avancé sur l'assistance médicale à la procréation et à la gestation pour autrui. Des questions touchant "plus à la bioéthique", a relevé pour sa part François Vauglin, qui formulera "à l'automne" des propositions en ce sens à François Hollande. L'homophobie a également été abordée lors de ce débat de près de deux heures où, hormis quelques élus, dont la députée européenne Martine Roure, chacun a pu remarquer l'absence des ténors du parti. "Nous avons une bien meilleure prise en compte des actes homophobes par la justice et la police, a rappelé Alain Piriou, mais le bilan de la droite en terme de prévention est désastreux." Une homophobie dont les participants ont souligné la présence "dans les milieux ruraux, y compris de gauche", tout en se montrant fort discrets sur les banlieues… "HES est en train de monter un partenariat avec le réseau Léo Lagrange pour faire de l'éducation dans les banlieues car les associations LGBT sont peu présentes", a précisé Alexandre Carelle. Enfin, c'est un SMS qui a appris aux protagonistes du débat la nouvelle position de Lionel Jospin sur le mariage des homos, suscitant dans la salle des "oh!" et quelques applaudissements. Sans plus.











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