Taxé de "délinquant", Christian Vanneste poursuit Bertrand Delanoë en diffamation
Attendant un jugement en Cassation, le député du Nord fait valoir qu'il ne peut pas être considéré comme condamné pour homophobie.
Taxé de "délinquant" par Bertrand Delanoë lors des municipales, le député UMP Christian Vanneste a demandé hier, jeudi 11 septembre, au tribunal correctionnel de Paris de condamner le maire socialiste de Paris pour diffamation (lire Quotidien du 17 avril).
Les propos poursuivis figurent dans une vidéo publiée en février 2008 sur le site internet de la Voix du Nord et intitulée "Delanoë à Vanneste: ''On ne rassemble pas quand on est extrémiste''", (lire Quotidien du 18 février) tournée lors de la visite de Bertrand Delanoë à Tourcoing (Nord). "Quelle que soit la manière dont on viole la loi, si on a été puni, bah oui, on a été un délinquant" et "pour représenter les citoyens et les citoyennes, il faut être exemplaire, il faut toujours respecter la loi", y déclarait M. Delanoë, venu soutenir le candidat socialiste Michel-François Delannoy.
Même s'il n'est pas cité nommément, Christian Vanneste reproche à Bertrand Delanoë d'avoir fait référence aux poursuites dont il a fait l'objet pour propos homophobes. Le député du Nord a été condamné en janvier 2007 par la cour d'appel de Douai à 3.000 euros d'amende pour injure envers les homosexuels.
Devant les magistrats de la 17e chambre, le candidat malheureux à la mairie de Tourcoing a appelé à "restaurer la dignité du débat démocratique", déplorant qu'à "certaines occasions, on refuse le débat des idées" et que l'on ait recours "à la disqualification des personnes". "On n'est plus dans le débat électoral, on est dans l'attaque ad hominem", a renchéri son avocat, Me Eric Morain.
"C'est mon honneur que l'on a traîné dans la boue alors que le délit n'est pas encore constitué", s'est encore indigné Christian Vanneste, en rappelant que sa condamnation n'était pas définitive, l'affaire étant actuellement entre les mains de la Cour de cassation. Il a été condamné deux fois: en première instance, puis en appel (lire Quotidien du 25 janvier 2007).
Se faisant l'avocate de M. Delanoë, absent à l'audience, le procureur de la République a requis sa relaxe, au bénéfice de la bonne foi. Aux yeux de Claire Donnizeaux, il "appartenait à M. Delanoë de rappeler, dans ce débat démocratique, que M. Vanneste avait eu un démêlé judiciaire".
M. Vanneste demande à Bertrand Delanoë et à La Voix du Nord, solidairement, 10.000 euros de dommages et intérêts. Jugement le 16 octobre.
Photo: DR.



















