Suspension d'un mois de Noël Mamère: réactions
La suspension d'un mois de Noël Mamère par le ministère de l'Intérieur suscite depuis hier soir de très nombreuses réactions dans les partis politiques. Chez les Verts, c'est l'indignation. Christophe Girard, adjoint (Verts) au maire de Paris chargé de la Culture, a dénoncé la "lâcheté" de cette sanction ministérielle. "Quelle lâcheté, deux jours après les élections, de rendre un tel verdict!". "Le gouvernement français, donc l'Etat, aura historiquement tort", selon lui. Denis Baupin s'est exclamé: "Nous sommes tous des Noël Mamère; si Noël Mamère est suspendu, tous les élus municipaux Verts doivent être suspendus avec lui." Yves Contassot, porte-parole du parti écologiste, a d'ailleurs appelé "un maximum d'élus à célébrer des mariages homosexuels", en soutien à Noël Mamère. D'autres élus, tels que Francine Bavay (Verts), vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France, ont demandé mardi à être sanctionnés au même titre que leur collègue. "Comme d'autres élus, j'étais présente à la mairie de Bègles samedi 5 juin pour soutenir l'initiative de Noël Mamère et défendre le droit au mariage pour les couples de personnes de même sexe", a-t-elle déclaré. Et "solidaire du sort qui est fait au maire de Bègles", elle demande "en conséquence, à être sanctionnée." Du côté du Parti socialiste, après avoir condamné l'initiative du maire de Bègles, on joue désavoue la décision du ministre de l'Intérieur, sans vraiment soutenir le député écologiste. Ainsi, Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale et maire de Nantes, juge cette suspension "peut-être un peu sévère". "J'aurais fait un simple rappel à la loi comme on le fait pour un jeune qui porte atteinte à la loi et qu'on convoque quand ce n'est pas trop grave", a-t-il expliqué. Dominique Strauss-Kahn (PS), trouve la sanction "dérisoire et même un peu déplacée" et s'il critique Noël Mamère pour ne pas avoir "respecté la loi", il estime que "ce qu'il a fait ne mérite pas d'être suspendu". Enfin, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, désapprouve cette décision qu'il juge "disproportionnée". "On aimerait d'ailleurs que l'actuel gouvernement se montre aussi prompt dans l'élaboration - promise de longue date - d'un texte visant à réprimer les propos et les actes homophobes", a poursuivi le maire. "Plus que jamais, je considère que l'évolution de la loi constitue le seul moyen de dépassionner ce débat et de rendre possible le mariage entre personnes du même sexe dans notre pays", a-t-il conclu. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du parti communiste, a quant à elle tenu à apporter son "soutien" et sa "solidarité" à Noël Mamère qui a "contribué, selon elle, à ouvrir un débat de société". À droite, sans surprise, on soutient la décision de Dominique de Villepin. Jean Leonetti, premier vice-président du groupe UMP à l'Assemblée, la juge "logique" et François Sauvadet, porte-parole de l'UDF, la qualifie d' "attendue". Caroline Mécary, l'avocate du maire de Bègles, va saisir le tribunal administratif de Bordeaux d'une "requête en annulation pour excès de pouvoir" et d'une "requête pour suspension de l'exécution provisoire de l'arrêté ministériel". Ces recours ne sont pas suspensifs. Caroline Mécary estime que, dans cette affaire, "il y a deux poids deux mesures ". Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, condamné par le tribunal de Nanterre et qui "reconnaît la réalité des emplois fictifs", "va être condamné, mais il n'est pas suspendu", s'est-elle indignée.











