Sainte-Edwige: des centaines de personnes manifestent à Paris et dans plusieurs villes
Elles exigeaient le retrait du fichier Edvige, dont la version 2 serait aussi menaçante que la première pour les libertés publiques.
Des centaines de personnes ont manifesté jeudi à Paris et dans plusieurs capitales régionales pour exiger le retrait du fichier policier Edvige, qu'un collectif d'associations et de syndicats continue de juger inacceptable malgré les modifications apportées en septembre par le gouvernement (lire Quotidien du 15 octobre).
Le collectif Non à Edvige, rassemblant la Ligue des droits de l'Homme (LDH), le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), la CGT, la CFDT, la FSU, première fédération de l'éducation, Aides, l'Inter-LGBT, le Collectif contre l'homophobie ou encore L'Autre cercle, avait appelé à une journée d'action nationale à l'occasion de la Sainte-Edwige.
Les manifestants étaient 300 à Paris, selon les organisateurs et la préfecture de police, environ 200 à Nantes, plus d'une centaine à Rennes et plusieurs dizaines à Strasbourg où se réunissaient dans la journée les "Cnil" européennes.
À Toulouse, vers 19h00, ils étaient 350 selon la police, 500 à 600 selon les organisateurs, précédés d'une forte délégation d'élus de la mairie de Toulouse ceints de leur écharpe tricolore. Certains, portant des dossards "parent d'élèves" ou "syndicaliste", se sont couchés un moment sur la chaussée lorsque leur catégorie était citée parmi celles susceptibles d'être fichées.
Dans le rassemblement parisien, devant l'Assemblée nationale, certains portaient bonnet, masque et gants médicaux "pour ne pas laisser de traces ADN partout", selon l'un d'eux. "Contre le fichage de gueule, masquons-nous", proclamait une pancarte. "Le coeur d'Edvige est toujours dans Edvige 2", a déclaré Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, qualifiant de "recul cosmétique" le retrait par le ministère de l'Intérieur, à la mi-septembre, des références à la santé et à la sexualité.
Une nouvelle mouture baptisée EDVIRSP (Exploitation documentaire et valorisation de l'information relative à la sécurité publique) a été transmise le 19 septembre à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) et devrait être soumise pour avis au Conseil d'État en novembre. Les opposants s'insurgent notamment contre le maintien, dans le projet de nouveau décret, de l'inscription, dès 13 ans, des mineurs susceptibles de troubler l'ordre public. "À la limite, ficher les gens quand ils ont commis un crime d'accord, mais pas quand ils sont susceptibles d'en commettre un!", a dénoncé Arthur, un lycéen parisien de 15 ans.
En marge de la manifestation, la députée PS Delphine Batho a demandé une nouvelle fois jeudi "un débat parlementaire débouchant sur une loi" encadrant les fichiers de renseignement. "Edvige, il ne faut pas le toiletter, l'esprit même est inadmissible", a déclaré à Bordeaux Pierre Hurmic, avocat et conseiller municipal des Verts.
Photo: DR.











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