Reims, Metz : actes homophobes à répétition
Un nombre étonnant de violences homophobes a touché récemment le nord-est de la France.
Un nombre étonnant de violences homophobes a touché récemment le nord-est de la France. À Metz, ces deux dernières semaines, le local de l'association Couleurs Gaies a été vandalisé à deux reprises. Des pavés, lancés depuis la rue, ont fait exploser la porte puis la vitrine de l'association, durant la nuit. "La répétition du mode opératoire et le fait que seul le local de l'association ait été touché dans le quartier nous laisse croire que ces actes sont guidés par une homophobie crasse", estime Stéphane Aurousseau, le président de l'association qui a porté plainte. Reims, de son côté, a été trois fois cet été le lieu d'agressions à caractère apparemment homophobe. La plus récente est survenue le 10 août au bois de Courcy, un lieu de drague situé à la sortie nord de la ville. Une agression en trois temps. "Deux jeunes hommes qui se promenaient le long du canal sont insultés et frappés par un groupe de cinq personnes, qui passaient en voiture à proximité, rapporte Olivier Nostry, de l'association rémoise Ex Aequo qui s'apprête à se porter partie civile en cas de procès. "Sales pédés, on va vous crever" sont notamment les mots employés par les cinq hommes, visiblement alcoolisés. Dès leur départ, l'une des victimes appelle la police de son portable. Voyant cela, le groupe d'agresseurs fait demi-tour, passe à tabac les deux hommes et dérobe leurs sacs. Lorsque les victimes, à nouveau seules, regagnent le centre-ville, ils passent devant le campement de gens du voyage auquel appartenait le groupe d'agresseurs. Ceux-ci tentent alors de les écraser avec leur voiture, ils frappent l'un des deux gays au sol et tentent de le noyer dans le canal, mais ils sont interrompus par une petite fille, sortie du même campement." Les deux victimes (qui ont subi un et deux jours d'incapacité totale de travail) ont porté plainte. Mais selon l'un des commandants chargé de l'enquête pour la Sûreté départementale de la Marne, interrogé par Têtu, "le caractère homophobe de cette agression reste à prouver, pour l'instant cela n'est qu'un vol avec violence". Pourtant, dans un premier temps les agresseurs n'avaient rien dérobé... Début juillet, un homme avait déjà été violenté par un récidiviste (qui a écopé de quatre mois de prison ferme en comparution immédiate). Deux semaines plus tard sur un lieu de drague, trois individus se sont acharnés sur un homo à coups de poings, d'insultes homophobes puis de cutter dans le dos, sans qu'une arrestation n'ait encore eu lieu. "Soit la ville de Reims est particulièrement violente envers les homos, soit le fait qu'on soit connus rassure les victimes qui portent plus souvent plainte", estime Olivier Nostry, dont l'association s'était déjà mobilisée suite à l'assassinat de François Chenu par trois skinheads en 2002, et d'autres agressions encore en 2004 (lire Quotidien du 5 novembre 2004).























