Reconnaissance d'un couple de lesbiennes chez les francs-maçonnes
Après le Grand Orient de France, la loge féminine permet d'"adopter" le conjoint d'un membre homo de l'organisation.
Après le Grand Orient de France il y a deux ans (lire Quotidien du 27 avril 2004), la Grande Loge féminine de France (GLFF), une des obédiences maçonniques françaises, a autorisé la tenue d'une cérémonie de reconnaissance conjugale, appelée aussi "cérémonie de présentation", d'un couple homo. Une cérémonie de ce type, à laquelle assistaient une soixantaine de francs-maçons et de "profanes", s'est déroulée samedi 9 septembre à Paris dans l'un des temples de l'obédience féminine. La reconnaissance conjugale consiste, pour les membres d'une loge maçonnique, à "adopter" le conjoint d'un franc-maçon et à le reconnaître officiellement. Pour l'occasion, le rituel de la cérémonie avait été adapté. En effet, jusqu'à présent, seuls les couples hétérosexuels pouvaient bénéficier de cette reconnaissance. La cérémonie a été rendue possible grâce notamment à Marie-Françoise Blanchet, la grande maîtresse de la GLFF (lire son interview dans Têtu n°83) qui s'était engagée, il y a plusieurs années, à faire travailler ses "sœurs" sur le sujet. La cérémonie est aussi le fruit du travail des Enfants de Cambacérès. Créée en 1999, cette association, que préside Donald Potard, ancien PDG de la société Jean Paul Gaultier, regroupe quelque 120 francs-maçon(ne)s homosexuel(le)s. Elle entend notamment sensibiliser les responsables des obédiences maçonniques aux questions touchant les gays et les lesbiennes. Elle a récemment édité un livre blanc portant sur l'homophobie dans la franc-maçonnerie, qui sera prochainement envoyé à tous les responsables d'obédience maçonnique dans le monde. Plusieurs années après l'instauration du Pacs, la cérémonie de reconnaissance conjugale de samedi marque une étape supplémentaire dans le monde feutré de la maçonnerie, qui fait de la "tolérance" un de ses principes d'action.




















