Réactions politiques et associatives
Après la célébration du premier mariage entre deux hommes en France, samedi 5 juin, à Bègles, les réactions au mariage ou aux sanctions annoncées par Dominique de Villepin continuent à pleuvoir de tous bords. L'un des premiers à réagir, François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, a implicitement condamné le mariage du 5 juin en estimant qu'" il faut respecter la loi actuelle ". Renaud Dutreil, ministre de la Fonction publique a parlé, sur Radio J, d'" attentat à la loi ". Le très conservateur président de l'Union nationale des associations familiales (UNAF), Hubert Brin, a accusé Noël Mamère de " prendre en otage le débat ". Marie-Josée Roig, qui était justement présente au congrès de l'UNAF, a exprimé, en des termes voilés son opposition au mariage et à l'adoption : " L'intérêt de l'enfant doit être en toute circonstance ce qui guide nos réflexions, quelles que soient les aspirations des uns et des autres d'élargir la notion de famille à des solidarités entre individus qui relèvent des seuls choix individuels ", a -t-elle affirmé. Autre réaction négative, celle de Denis Quinqueton, président du Collectif Pacs, etc., qui déclare que le mariage de samedi " risque de réveiller l'homophobie, une remobilisation des homophobes pour un acte qui n'a pas de portée juridique. " Du côté des pro-mariage, Bertrand Delanoë, a souhaité " beaucoup de bonheur " aux nouveaux mariés et a indiqué leur avoir écrit une lettre, pendant une interview à l'émission le Vrai Journal sur Canal +. Yves Contassot, adjoint Verts au maire de Paris, regrette dans le Parisien du 7 juin que Noël Mamère " joue trop de la politique médiatique ", ce qui " occulte largement notre campagne européenne ". Dans le même journal, Alain Lipietz, tête de liste Verts en Île de France, estime que " Noël joue sa partition au sein de l'orchestre et ce n'est pas de sa faute si on n'entend pas le reste de l'orchestre ". Les associations ont également commenté l'événement et ses suites. " Le gouvernement aurait pu s'en tenir à l'annulation du mariage. Il commet une erreur en prenant au sérieux ce qu'a fait Noël Mamère et en déclenchant des sanctions contre lui. C'est une décision idéologique ", a regretté Alain Piriou, porte-parole de l'Inter-LGBT. Sos Homophobie, qui qualifie le 5 juin de " journée historique ", estime que Dominique de Villepin a voulu " faire plaisir à l'électorat UMP " à l'approche des élections européennes. Gay Lib, qui regroupe les gays et les lesbiennes du l'UMP, condamne également la réaction du gouvernement , jugée " trop raide et trop précipitée ". Act Up-Paris, qui était présent le 5 juin à Bègles, a manifesté ce matin devant l'Hôtel Matignon, rue de Varenne, sous les fenêtres de Jean-Pierre Raffarin, en criant des slogans comme " Raffarin homophobe, égalité des droits ". Le Premier ministre recevra demain Jean-Luc Romero, secrétaire national de l'UMP et Philippe Meynard, chargé des discriminations au sein de l'UDF, pour évoquer " les réponses concrètes à apporter à la question du mariage gay ".

















