Procès exemplaire pour une agression homophobe à Marmande
Le procureur a qualifié de "sale moralement" la violente agression d'un homosexuel par trois hommes en mai 2004.
Des peines allant de six mois de prison en semi liberté à 12 mois avec sursis ont été requises hier, jeudi 3 novembre, par le ministère public à l'encontre de trois prévenus poursuivis devant le tribunal correctionnel de Marmande pour avoir battu en mai 2004 un homme parce qu'il était homosexuel (lire Quotidien du 27 mai 2004). La peine la plus lourde -18 mois dont 12 avec sursis et le reste en semi liberté- a été requise contre l'instigateur des faits, poursuivi pour "violences aggravées". "Je trouve votre attitude très grave", a lancé aux prévenus le procureur Thierry Dran. "On va au zoo, on va voir les pédés, ça c'est super!", a-t-il ironisé. "Au moins si vous pouviez sortir d'ici avec un peu de honte. Ce que vous avez fait, c'est sale moralement", a-t-il ajouté. Les trois jeunes gens avaient décidé de partir "en virée", avec deux jeunes filles, âgés aujourd'hui de 20 et 23 ans, dans un quartier périphérique de Marmande, le lieu dit la plaine de Filhole, connu pour être un lieu de drague homo. Sur place, la voiture du groupe, conduite par une des jeunes filles, avait coincé celle de la victime afin de l'empêcher de partir. Les trois agresseurs l'en avaient sorti de force avant de le rouer de coups de pieds et de poings. Les deux jeunes filles étaient restées à l'intérieur du véhicule sans intervenir. Le procureur a demandé la relaxe pour l'une des jeunes filles et une suspension de permis de 6 mois pour la seconde. Elles étaient poursuivies pour "non assistance à personne en danger". L'avocat de la victime, un infirmier de 32 ans qui avait subi un traumatisme crânien, a réclamé 4.000 euros de dommages et intérêts. Un expert a souligné à la barre que le jeune homme, absent de l'audience, était depuis les faits dans un état dépressif. Les associations Ecce Homo et Sos Homophobie, toutes deux parties civiles, ont demandé respectivement le versement de 1.000 euros à l'association par chacun des prévenus et le financement d'un stage de prévention à l'homophobie en milieu scolaire. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 15 décembre prochain. (avec AFP)

















