Nouvelles révélations sur la déportation des homosexuels
Il est établi que, bien que marginale (1%), la déportation depuis la France pour motif d'homosexualité est un fait historique incontestable.
De nouvelles recherches sur les archives confirment la déportation pour motif d'homosexualité depuis la France pendant la 2nde Guerre Mondiale, révèle le Mémorial de la déportation homosexuelle (MDH), qui vient d'en prendre connaissance "avec satisfaction". Dans le cadre de la convention triennale qui lie l'État et la Fondation pour la mémoire de la déportation (FMD), une équipe basée au Mémorial de Caen a en effet travaillé sur la déportation depuis la France pour motif de répression (résistants, otages, communistes, syndicalistes, militaires, homosexuels). Ses nouvelles conclusions évoquent le sort de 63 victimes dont la déportation pour motif d'homosexualité depuis la France, désormais attestées par des éléments de preuve. Elles écartent certains cas incertains, pour mettre à jour des parcours complets et donc irréfutables. Il est donc établi que, même si elle était marginale (1%) la déportation depuis la France pour motif d'homosexualité est une réalité historique incontestable. 63 cas ont été recensés à ce jour par la FMD, 22 arrêtés en Alsace-Moselle (dont 12 internés à Natzweiler et 7 à Schirmeck), 35 arrêtés au sein du Reich, 6 en zones occupées (notamment Paris). Au moins 11 trouvèrent la mort en déportation. "Les décennies qui ont suivi la fin de la seconde guerre mondiale ont été marquées du sceau du silence, explique Hussein Bourgi, président du MDH. Grâce à Pierre Seel et au journaliste Jean Le Bitoux, à la persévérance du MDH, et à ces travaux des historiens et universitaires, nous arrivons progressivement à faire la lumière sur cette sombre page de l'Histoire de France." M. Bourgi précise qu'il ne considère "pas ce nouveau rapport comme une fin en soi car de l'aveu même de ses auteurs, il reste des dizaines de cas mis à jour et dont l'itinéraire reste à reconstituer." Le MDH demande donc à l'État d'inclure la poursuite des recherches sur les déportation pour motif d'homosexualité depuis la France dans la prochaine convention triennale avec la FMD.

















