Mort de Raymond Forni, artisan de la dépénalisation de l'homosexualité
Le président PS de Franche-Comté avait organisé les travaux parlementaires abrogeant le traitement pénal discriminatoire des homosexuels.
Raymond Forni, président socialiste du Conseil régional de Franche-Comté, décédé le 5 janvier, avait été l'un des artisans de la dépénalisation de l'homosexualité. Président de la commission des lois de l'Assemblée nationale en 1981, il a défendu le premier, devant l'Assemblée nationale, le "droit de chacun à la libre disposition de lui-même, du droit au plaisir comme à l'épanouissement". "J'ose le dire, l'homosexualité est un comportement sexuel comme les autres, elle est une des expressions de la liberté fondamentale du corps", avait-il déclaré. Après avoir été rapporteur du projet de loi abolissant la peine de mort en 1981, il avait organisé les travaux parlementaires en faveur de la "dépénalisation" de l'homosexualité, sous la direction du Garde des sceaux Robert Badinter.
Il avait soutenu, le 31 juillet 1981, l'amnistie des homosexuels condamnés pour outrages publics à la pudeur, et ceux condamnés en vertu de l'article 331-2 qui fixait la majorité sexuelle à 18 ans pour les relations homosexuelles (au lieu de 15 ans). Le 27 juillet 1982, une loi abrogeant ces deux articles du Code pénal mit fin au traitement pénal discriminatoire des homosexuels. "Là aussi, Raymond Forni était à la manœuvre à l'Assemblée nationale, rappelle Alain Piriou, porte-parole de l'Inter-LGBT sur son blog, pour batailler contre une droite déchaînée et hystérique: cette proposition de loi, qu'il a défendue avec Gisèle Halimi, porta alors son nom. Sachons en garder le souvenir."
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