Marseille: Jean-Claude Gaudin répond au salarié gay insulté
Le maire condamne les propos homophobes, mais n'évoque pas l'absence de sanctions contre l'employée qui a proféré les insultes homophobes.
Par un courrier en date du 4 avril, que Têtu s'est procuré, le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin a enfin répondu à Vincent, le salarié gay de la mairie qui avait l'objet d'insultes homophobes le 19 juin 2007, sans que sa hiérarchie n'intervienne (lire Quotidien du 27 février). Jusqu'à présent, le cabinet du maire n'avait répondu ni à Vincent ni à Têtu. On notera toutefois que la lettre de M. Gaudin intervient alors que la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), saisie du dossier, a demandé à la mairie de Marseille de s'expliquer sur cette affaire avant le 30 avril. Le maire débute son courrier en précisant: "Je considère les propos à caractère homophobe, que vous me rapportez, inacceptables et hautement condamnables. (…) Je considère que tout comportement discriminatoire, lorsqu'il est avéré, doit être sanctionné." Et de poursuivre: "Je tiens à ce que les décisions administratives reposent sur des critères exclusivement professionnels et qu'aucun d'élément d'ordre privé ne vienne interférer sur les procédures." Jean-Claude Gaudin se félicite ensuite que Vincent ait accepté d'être affecté dans un service des affaires culturelles de la ville, conformément à un arrêté municipal en date du 18 mars (lire Quotidien du 21 mars). Et de conclure: "J'espère que ce changement sera porteur d'une meilleure intégration." Vincent a souhaité réagir à ce courrier: "L'employée qui a proféré les insultes homophobes n'a pas été sanctionnée, et est restée en place dans la mairie du 5e secteur", dit-il. "Quant à moi, j'ai été contraint d'accepter l'affectation qui m'a été proposée en mars dernier pour des raisons financières: j'avais en effet été placé en congé maladie à demi-solde par un arrêté municipal." Et de conclure: "Je me fais insulter, on me demande de quitter le service; j'émets des vœux pour une mutation dans n'importe quelle mairie de secteur, on n'en tient pas compte. Et au final, le maire se félicite de cette nouvelle affectation qui devrait me permettre de mieux m'intégrer, alors qu'à la base c'est quand même moi qui a été insulté."



















