Manifestations du 1er mai, suite
Malgré une pluie battante, le défilé du 1er mai a réuni à Strasbourg entre 13000 et 15000 personnes. Un chiffre plutôt décevant si l'on se réfère à la manifestation du 22 avril qui avait attiré 11000 personnes. Placés en fin de cortège sous une même bannière, le rainbow flag, et des slogans unitaires ("Sortez du placard, rentrez dans l'isoloir!" ; "Libres aujourd'hui, et demain ?" ; Nous sommes nés libres et égaux. Pour le rester, votons", etc.) le collectif des associations homosexuelles de Strasbourg (cinq associations gay et lesbiennes), La Fabrik, FestiGays et Aides 67 ont rassemblé pas loin de 150 personnes. La manifestation s'est déroulée dans le calme. Entre 30000 et 40000 personnes se sont massées à la manifestation nantaise le 1er mai. Avec ses quatre kilomètres de cortège, Nantes a été l'une des villes les plus mobilisées en France. Près de 15000 manifestants se sont réunis aussi à Saint-Nazaire. Les Vendéens, souvent peu enclins à descendre dans les rues, ont dérogé à leur réputation de discrétion. Ils étaient 6000 à la Roche sur Yon et plusieurs centaines à Fontenay le Comte ou Challans, des villes d'ordinaire très paisibles. Même réaction du côté d'Angers la tranquille où 13000 personnes battaient le pavé. Parmi les manifestants, les militant(e)s gays et lesbiennes de Quazar qui sont sortis de leur réserve en donnant comme mot d'ordre d'aller voter le 5 mai pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen (lire Quotidien du 24 avril). Rappelons aussi le slogan de la très prochaine Marche de la Fierté lesbienne, gay, bi et trans d'Angers, le 25 mai : " Liberté d'aimer, Egalité des droits et Fraternité sans homophobie ". Un thème républicain plus que jamais à l'ordre du jour même si ce slogan avait été choisi bien avant le 21 avril. A Nantes aussi, beaucoup de gays et de lesbiennes se sont mobilisés sous la bannière du Centre Lesbien et Gay (CLGN). Parmi les slogans croisés au détour de la manif, qui est restée calme : " Gays, lesbiennes, hétéros, même combat contre les discriminations ", " Maman, j'ai peur, je suis gay et je ne veux pas retourner au camp de concentration ni reporter le triangle rose ". La mobilisation des homos a retenu l'attention du journaliste de Libération. Dans l'édition du jeudi, il évoque la présence du Centre Lesbien et Gay pour le confondre avec le groupe des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, présentes dans la rue le 1er mai comme au premier jour de la protestation. Dans Libé, on pouvait donc lire : " Le Centre gay et lesbien a sorti ses maquillages et ses fausses cornettes de bonnes sœurs alors que certains ont griffonné au feutre : " Le Pen méprise nos projets de vie et d'amour ". Le CLGN avait déjà participé à la manif du 27 avril, la veille de la commémoration des déportés et notamment des Triangles roses. Le thème local de la Marche Gay et Lesbienne (ex LGP) est maintenu: " Pour vivre heureux, faut-il vivre caché ? ", une question ravivée par les circonstances politiques et l'accroissement de l'intolérance d'une partie de la population. Cette marche débutera de la Place Royale à 14h30 le 15 juin. Lyon, place Bellecour: la statue de Louis XIV est submergée. 50000 personnes selon la police mais en fait probablement au moins 70.000 manifestants qui se sont "soulevés" contre le péril de l'extrême droite mercredi 1er mai à Lyon. Un défilé historique dans cette ville plutôt réservée où la dernière manif de cette ampleur remonte à la Libération. Les lesbiennes et les gays lyonnais en ont profité pour faire leur Lesbian & Gay Pride avant l'heure. Ils étaient plusieurs centaines à braver une pluie battante derrière leur grand drapeau arc-en-ciel et leur banderole, véritable déclaration de guerre à Jean-Marie Le Pen: "Non à l'homophobie, non au sexisme, non au racisme". De 10h30 à 14h30, quatre heures de défilé sans fausse note, puisque la fanfare de l'Ecole Centrale de Lyon avait choisi de défiler avec les homos. Par ailleurs, les associations ont appris qu'elles allaient rencontrer ce vendredi à 19h le 1er adjoint au maire de Lyon, Jean-Louis Touraine, au sujet du cafouillage qui a empêché les gays et lesbiennes de déposer leurs gerbes dans le cadre de la cérémonie officielle lors de la journée de la déportation le 28 avril dernier.











