Logiciel Ardoise: les catégories litigieuses seront remplacées
Après son rendez-vous avec le président de la Halde, la ministre de l'Intérieur a annoncé la modification du logiciel policier.
À l'issue de l'entretien qu'elle a eu ce vendredi 25 avril avec Louis Schweitzer, président de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), Michèle Alliot-Marie (photo) a annoncé la "modification" en profondeur du logiciel Ardoise (lire Quotidien du 14 avril), qui devrait désormais caractériser davantage le délit que les personnes. La ministre de l'Intérieur a ainsi fait part de sa décision de supprimer du champ "État de la personne", les catégories jugées attentatoires aux libertés fondamentales par de nombreuses associations. Selon nos informations: "homosexuel", "transsexuel", "travesti", entre autres, seraient remplacées par quatre catégories généralistes: "personnes vulnérables", "décédé", "touriste", "usager des transports", certaines avec des sous-catégories comme "femme enceinte", "SDF", "mineur en fugue". Pour autant, le service de presse du ministère n'a pas confirmé ces informations, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'un certain flou entoure ces catégories.Néanmoins, les associations LGBT qui s'étaient mobilisées contre la collecte de ces informations personnelles dans le cadre des procédures de police (lire Quotidien du 23 avril), sont satisfaites. Jérôme Vicart, président de l'association des policiers gays et lesbiennes Flag!, reste "très vigilant afin que les renseignements personnels déjà collectés dans les commissariats tests, avec ce logiciel, soient effectivement bien effacées." Philippe Couillet, président des Oublié(e)s de la mémoire, se félicite "du travail collectif qui a payé". Hussein Bourgi, président du Collectif contre l'homophobie (CCH) est plus nuancé. Il assure "que la décision de la ministre de l'Intérieur valide a posteriori [les] critiques au sujet de ces rubriques". Il renouvelle sa demande de création d'un groupe de travail réunissant des membres du ministère de l'Intérieur, des représentants syndicaux de policiers et des militants d'associations de défense des droits de l'homme, "afin de présenter ce logiciel modifié dans son futur fonctionnement et d'obtenir l'assurance de la destruction des données déjà obtenues dans les procédures en cours."Photo: DR.











