Le parquet s'oppose au mariage de Camille et Monica
Le procureur de Nanterre a fait opposition au mariage de Camille et Monica, en raison de l'"absence de projet matrimonial".
Les parquets s'opposent au mariage des couples de même sexe au nom de la différence des sexes. Mais même quand elle est respectée, cela ne leur suffit pas. Bernard Pagès, le procureur de la République de Nanterre, a ainsi fait opposition au projet de mariage entre Camille Barré (transexuelle opérée, devenue femme en 1999) et Monica Leon (transexuelle non opérée) - Benito Martin pour l'état civil-, y voyant "une absence de projet matrimonial". "L'objectif premier n'est pas véritablement le mariage au sens où on l'entend, il est étranger à celui de se comporter comme mari et femme, a-t-il précisé à l'AFP. Il n'y a pas un projet de mariage, mais une forme de provocation, la volonté de faire un mariage militant, ce dont les intéressés ne se cachent d'ailleurs pas". Cette décision immédiatement exécutoire devrait empêcher à l'avenir le couple de se marier ailleurs en France. Le parquet a donc écarté d'un revers de main la relation et les sentiments qui lient depuis plusieurs années Camille et Monica. Le fait que Monica n'est pas l'apparence de son sexe d'état-civil et qu'elle soit étrangère en situation régulière semble avoir été des arguments utilisés par le parquet. C'est l'bouquet! a immédiatement dénoncé cette décision "inouïe" et a demandé à Louis Schweitzer, président de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE) de "dénoncer très clairement le sort discriminatoire que l'on fait aux transexuels et aux homosexuels en refusant de les marier." De leurs côtés, plusieurs personnalités dont Clémentine Autain, Martine Billard, Daniel Borrillo, Didier Eribon, Eric Fassin, Jeanne Favret-Saada, Françoise Gaspard, Pierre Lascoumes, Noël Mamère, Janine Mossuz-Lavau, Laure Murat, Evelyne Pisier, Caroline Mécary ou Paul Veyne) ont signé un appel "Laissez-nous vivre" où ils s'insurgent contre les difficultés rencontrées par Camille et Monica pour se marier. "Un maire de la banlieue parisienne multiplie les obstacles pour empêcher le mariage de deux personnes habitant sa commune, au prétexte qu'il s'agirait de deux femmes, alors que l'une d'elle est, pour l'état-civil, de sexe masculin. Va-t-on nous dire désormais qu'il faut non seulement que les deux partenaires du couple soient de sexes différents, mais aussi qu'ils s'habillent comme des personnes de sexes différents (selon les conventions "traditionnelles"), qu'ils se considèrent comme tels, etc. ? [... ] Il serait grand temps que les responsables politiques cessent de faire la guerre aux citoyens. Il serait grand temps que chacun puisse vivre et aimer comme il le souhaite. Il est urgent que le principe de l'égalité des droits s'applique enfin réellement à tout le monde", concluent-ils. L'appel a été écrit avant la décision du parquet de faire opposition au mariage de Camille et Monica. Des actions de soutien au couple devraient être organisées très prochainement.











