Le dernier "triangle rose" se confie à "Têtu"
Le dernier "triangle rose" connu raconte sa déportation pour la première fois, dans "Têtu". Un témoignage bouleversant.
Rudolf Brazda, 95 ans, est sorti de l'anonymat cette année (lire article du 19 juin). Suite au décès de Pierre Seel en 2005, Rudolf est aujourd'hui le dernier survivant connu parmi les quinze mille déportés pour cause d'homosexualité. On les appelait les "triangles roses".
Pour la première fois, pour Têtu, Rudolf Brazda a accepté de témoigner de la tragédie des camps de concentration et livré son expérience d'homosexuel à Buchenwald. "La façon dont les nazis nous traitaient, nous les "triangles roses", était innommable. Ils auraient pu nous écraser, sans pitié", raconte-t-il. Son récit est bouleversant, direct et déroutant .
"Auparavant, personne ne s'était jamais intéressé à cette tragédie", confie-t-il à Têtu, pour qui il s'est souvenu des insoutenables sévices subis par les homosexuels —considérés comme anormaux et cobayes d'expériences médicales inhumaines à Buchenwald— et des amours cachées dans les blocs. "Comme nous étions homos (...) nous appartenions au groupe des handicapés. Donc, au camp, nous étions constamment avec les personnes qui souffraient de différents handicaps mentaux."
Après sa sortie du camp, Rudolf Brazda a suivi son compagnon d'alors vers l'Alsace, où il a ensuite refait sa vie avec un homme et bâti lui-même la maison dans laquelle il vit encore aujourd'hui. C'est là que Têtu l'a rencontré, pendant une journée, afin de recueillir son témoignage.
À lire dans Têtu n°140, en kiosques ce mercredi.


















De JDC
N'hésitez pas à regarder le film "Un AMOUR A TAIRE" de Christian Faure..boulversant, un film sur la déportation des homosexuels durant le régime Nazi....à faire découvrir! qd on pense que l'homosexualité n'a été dépénalisé seulement en 1981...cela fait réfléchir!