L'année de la diversité laisse un goût amer
2007, "année européenne de l'égalité des chances pour tous", s'est officiellement achevée hier. Bilan en demi-teinte.
2007, "année européenne de l'égalité des chances pour tous" (lire Quotidien du 1er mars), s'est achevée officiellement hier soir et n'a pas fait que des heureux. Louis-Georges Tin, fondateur de la Journée mondiale contre l'homophobie et porte-parole du Cran, ne cachait pas sa colère à la sortie de la conférence de clôture, hier soir, lundi 17 décembre, au Sénat. Selon lui, parmi les 45 projets labellisés dans le cadre de cette année, "il y a eu quelques bonnes initiatives mais aucun comité de suivi des projets n'a été clairement désigné" pour vérifier que les promesses d'ouverture aux minorités ne resteront pas un feu de paille. "C'est scandaleux que la Halde, qui a coordonné les opérations pour la France, ne se soit pas prononcée sur la question: le mariage des couples homos et l'adoption, c'est une discrimination, ou pas? Bref, je regrette d'y avoir participé" en animant une conférence à Bordeaux, fulmine encore Louis-Georges Tin. "Financer les projets d'associations, c'est une manière facile d'appliquer les consignes de Bruxelles" qui a décrété cette année, mais "ça ne fait pas une politique de la diversité". Cherchez l'erreur: hier au Sénat, c'est Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, qui a prononcé le discours de clôture en parlant… d'immigration. Catherine Tripon, de l'Autre cercle, la seule association LGBT au cours de cette année à s'être vue financer des projets, était plus satisfaite, hier. Des projets se sont réalisés, tels que la bande dessinée contre les discriminations au travail (lire Quotidien du 10 décembre). Mais la sensibilisation des étudiants des IUFM, pour lutter contre l'homophobie à l'école, n'a pas pu avoir lieu, car sur les 61 IUFM contactés, aucun n'a accepté d'inclure cette formation. "On va donc rendre de l'argent sur les financements reçus, commente Catherine Tripon. Ça fait mal au cœur…"

















