La Halde de plus en plus saisie par les homos
Les discriminations homophobes représentaient l'année dernière 1,5% des plaintes déposées à la Halde.
Les personnes victimes de discriminations liées à l'orientation sexuelle osent de plus en plus saisir la Halde (Haute autorité de la lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Le nombre de réclamations est passé de 38 en 2005 à 61, en 2006. Une augmentation qui reflète en fait celle du nombre total d'affaires suivies par la Halde l'année dernière. Car proportionnellement, les discriminations portées sur les homos représentent 1,5% des réclamations totales, contre 2,5% en 2005. C'est ce qu'indique le deuxième rapport annuel de la Halde, remis à Jacques Chirac puis rendu public, mercredi 10 avril, par Louis Schweitzer, son président. De manière générale, Louis Schweitzer constate "une réelle prise de conscience des discriminations et un recul de la résignation des victimes face aux agressions: on est passé de 1.410 réclamations en 2005 à plus de 4.000 en 2006. Des correspondants locaux de la Halde seront bientôt présents dans le Nord, en Lorraine et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, pour permettre plus de proximité avec les victimes." Les domaines les plus sensibles aux discriminations homophobes sont les milieux professionnel, éducatif et familial. Mais le danger vient de la banalisation de ces discriminations. Grâce à la saisine de l'association Ex Æquo, la Halde étudie actuellement la position de l'Éducation nationale, encore frileuse quant aux interventions des associations LGBT (lesbiennes, gay, bi et trans) en milieu scolaire pour une sensibilisation des élèves. "Nous travaillons en partenariat avec entre autres SOS homophobie et l'association Flag! pour expliquer aux associations le travail de la police et parallèlement, sensibiliser la police aux différentes discriminations grâce à un kit de procédures face aux violences homophobes", explique Luc Ferrand, directeur juridique de la Halde et sensibles aux questions des discriminations homophobes. Selon lui, les gays saisissent davantage la Halde que les lesbiennes. Parmi les cas soumis à la Halde, celui de la discrimination liée à la séropositivité dans le milieu professionnel, lors du recrutement par exemple, est reconnu comme "un véritable abus de droit", ou encore la différence de traitement des personnes pacsées face aux personnes mariées. La discrimination liée à l'orientation sexuelle est au huitième rang des critères de discriminations, derrière celui de l'origine -qui atteint 35% des réclamations-, de la santé et du handicap, de l'âge, du sexe, de la situation familiale, de l'activité syndicale et de l'opinion. La Halde donnera les résultats de son enquête sur l'homophobie au travail en mai 2007. Photo DR.











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