L'Algérien homo qui demandait l'asile a été expulsé
Menacé par sa famille, le jeune homosexuel âgé de 20 ans se cache en Algérie chez un ami de son cousin.
Deux jours après avoir entendu Mouad*, Algérien homosexuel placé en centre de rétention à Metz (lire Quotidien du 22 août), l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) lui a refusé vendredi le droit d'asile. "Les forces de l'ordre ont essayé de l'expulser vendredi, ils ont fait une autre tentative samedi, et dimanche matin, ils sont parvenus à le menotter et à l'emmener. Il y avait une quarantaine de CRS pour un garçon qui fait à peine 45 kilos…", raconte à Tetu.com Hamid*, le cousin du jeune homme menacé par sa famille. Inquiet, il poursuit: "J'ai demandé à un ami haut placé de récupérer Mouad à l'aéroport à son arrivée en Algérie pour qu'il ne soit pas interrogé par la police et remis à l'armée, qui le recherche. J'envoie de l'argent à Mouad et je l'appelle tous les soirs pour le réconforter, lui dire de tenir le coup et qu'en France on se bouge pour lui. Mais il est très choqué par la façon dont la France l'a traité et il est très, très fragile".
L'Association de reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et transsexuelles à l'immigration et au séjour (Ardhis) estime que le dossier de Mouad a été "fragilisé" par un mauvais conseil. "Une personne a conseillé à Mouad de demander l'asile au Luxembourg. Sa demande a été refusée au bout d'un mois et il a été renvoyé en France. Il a alors entrepris de faire sa demande d'asile ici mais comme d'habitude les demandeurs se manifestent dans les jours suivant leur arrivée, son cas a été fragilisé", commente Thomas Fouquet Lapar, président de l'Ardhis.
Hamid espère obtenir un visa pour Mouad afin qu'il puisse assister à l'entretien lors de l'examen du recours qu'il a déposé contre la décision de l'Ofpra. Il travaille dans ce sens avec l'Ardhis et le Collectif confédéral de lutte contre l'homophobie de la Confédération générale du travail (CGT).
*Le prénom a été changé.










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