Karim ne risque plus l'expulsion mais il reste pour l'instant sans-papiers
Le tribunal administratif de Bordeaux a désavoué la préfecture de Gironde qui n'avait pas reconnu la situation vécue en Algérie par Karim.
Le tribunal administratif de Bordeaux a annulé hier, lundi 11 septembre, l'arrêté de reconduite à la frontière pris à l'encontre de Karim*, un jeune gay algérien. Me Landete, son avocat, avait fait entendre au cours de l'audience, vendredi 8 septembre, l'impossibilité pour son client de retourner en Algérie qu'il avait due fuir en 2004 à la suite de violences infligées par son entourage. Me Landete avait également souligné qu'à 18 ans, Karim était encore mineur au regard de la loi algérienne, où la majorité est fixée à 19 ans. Selon la Convention internationale des droits de l'enfant, le juge du tribunal administratif de Bordeaux devait retenir la solution la plus favorable à l'enfant. Visiblement, ces arguments ont été entendus. Ce qui n'avait pas été le cas de la préfecture de la Gironde, qui avait notamment exigé des "preuves" de l'homosexualité du jeune algérien. À ce jour, le préfet peut encore faire appel sans que cette procédure soit suspensive du jugement du tribunal administratif. Karim pourrait bénéficier d'une régularisation provisoire de son titre de séjour mais aucune assurance n'a été donnée pour le moment. Pour Me Landete, "politiquement, l'intérêt de la préfecture est d'arrêter ce cirque. Maintenant, il faut que ce gamin de 18 ans soit régularisé dans la dignité". * Le prénom du jeune homme a été modifié à sa demande.



















