Journée du souvenir: Gérard Collomb dénonce les discours actuels sur les "déviants"
Les cérémonies pour le souvenir de la déportation ont été l'occasion pour le maire de Lyon de dénoncer le discours du candidat de l'UMP.
"Assassinés pour des caractères génétiquement discriminants", c'est ainsi que Gérard Collomb, maire de Lyon, a désigné dans son discours officiel dimanche 29 avril, les déportés de la seconde guerre mondiale. Une formule qui a retenu l'attention des associations homosexuelles invitées à assister à la cérémonie. Était-ce une réponse aux déclarations de Nicolas Sarkozy sur la "fragilité génétique", se sont demandés les présidents du Forum Gay et Lesbien, de la Lesbian and Gay Pride et de la plus ancienne association homo de Lyon, Aris? Interrogé par Têtu à l'issue de la cérémonie, Gérard Collomb a insisté sur le devoir de lutter contre ceux qui voulaient "éliminer de la société les personnes hors norme". "Le régime nazi voulait exterminer tous ceux –et c'est le message que j'ai fait passer aujourd'hui– que l'on considérait comme génétiquement marqués dès leur naissance. Plus généralement même, si quelque chose vous avait marqué dans votre enfance, si vous étiez socialiste ou communiste, c'est que vous étiez aussi déviants, et on vous exterminait pour cette raison là , comme tous les autres déviants. Les homosexuels ont à porter un message pour l'avenir. Tant que l'on ne considère pas que chaque homme est l'humanité à lui tout seul, on n'est pas loin de tomber dans la barbarie. Les problèmes de déviance d'une société ne sont pas des problèmes qui appartiennent totalement au passé mais qui peuvent se reproduire dans la société d'aujourd'hui et contre lesquels nous devons lutter, c'est le message que je souhaite faire passer aujourd'hui."
À Montpellier, les associations homosexuelles avaient été officiellement invitées à participer à la cérémonie du souvenir. Le représentant du Collectif contre l'homophobie, également président du Mémorial de la déportation homosexuelle (MDH), était parmi les officiels, tandis qu'un représentant de la délégation des Oublié(e)s de la mémoire était présent avec les porte-drapeaux. Si les associations d'anciens déportés n'ont pas cité parmi les motifs de déportation, l'homosexualité, Hélène Mandroux, maire de Montpellier, a expressément fait référence aux homosexuels et aux tziganes comme victimes de la déportation lors de son allocution au cours de la cérémonie en souvenir du génocide arménien.











