Jean-Marie Cavada: "On m'a fait un faux procès, c'est tout."
Au centre d'une polémique sur les associations juives et homosexuelles, le candidat UMP du 12e arrondissement de Paris a souhaité répondre à "Têtu".
La vidéo de Jean-Marie Cavada, la tête de liste de l'UMP dans le 12e arrondissement de Paris, avait généré un énorme buzz sur internet. Et suscité une vive polémique: l'ancien animateur de télévision, aujourd'hui député européen, écoutait sans réagir un journaliste, Yves Stefanovitch, évoquer les subventions accordées aux associations juives et homosexuelles (lire Quotidien du 18 février). Jean-Marie Cavada a sollicité via GayLib une interview par e-mail avec Têtu. Nous la reproduisons ici en intégralité.
Pourquoi n'avez-vous pas réagi au cours du long échange comprenant les propos sur du journaliste Yves Stefanovitch sur le "vote juif" supposé, ainsi que "l'explosion des subventions pour les homosexuels, qui ont atteint 600.000 euros"? Vous avez déclaré "ne pas avoir entendu" ces propos, ce qui au regard de la fameuse vidéo semble difficile à croire…
Je me suis déjà exprimé sur ce débat et sur ce qui s'y est effectivement déroulé. Je suis bien évidemment en total désaccord avec les positions de M. Yves Stefanovitch et les ai publiquement contestées. Quant à la vidéo, les images volées* et leur instrumentalisation ne font pas partie de mon système éthique de professionnel de l'image. On m'a fait un faux procès, c'est tout.
Au Conseil de Paris, les associations homos représentent 250.000 euros, soit 0,15% du budget pour les associations. Pensez-vous pourtant comme Yvan Stefanovitch que les subventions "aux homosexuels" ont "explosé"? Dire que les subventions ont explosé, c'est vraiment dire n'importe quoi. Je suis heureux de constater que les associations ont enfin reçu du Conseil de Paris des aides financières auxquelles elles ont légitimement droit en raison des projets qu'elles mènent et de l'indispensable rôle social qu'elles jouent dans la lutte contre l'homophobie, forme de discrimination qu'à titre personnel j'ai toujours combattue. Je souhaite que l'on aille plus loin, dans de nombreux domaines. Ces associations méritent à mes yeux une aide accrue: je suis prêt à les soutenir et à accompagner leurs démarches. Je suis d'autant plus à l'aise pour le dire que je conduis une liste d'ouverture pour le 12e avec deux colistiers que vos lecteurs connaissent déjà : Anne Boring, responsable des relations avec les associations au sein de GayLib, et Henri Maurel, chargé de la culture sur ma liste. Ils m'ont déjà alerté sur des projets en souffrance qui n'attendent qu'à être relancés, comme le dossier culturel des archives LGBT. Je me suis engagé à les soutenir dans leur action et ferai du 12e un arrondissement friendly! Nous sommes une équipe porteuse de projets, et donc naturellement dans ce domaine où les associations jouent un rôle essentiel.
Comprenez-vous l'émotion suscitée par ces propos et votre absence de réaction? Ou maintenez-vous qu'il s'agit d'un "procès en sorcellerie" contre vous?
Je comprends d'autant plus l'émotion des associations homosexuelles que j'ai moi-même été blessé par cette manipulation que j'ai vécue, de mon côté, comme un procès en sorcellerie. Je crois en effet que je n'ai rien à prouver quant à mon engagement contre l'homophobie et les discriminations. En tant en producteur de la Marche du siècle et président de la commission des Libertés civiles au Parlement européen, commission d'une vigilance implacable sur ces questions, je n'ai cessé de combattre les discriminations, de contribuer à sensibiliser et à faire évoluer positivement les mentalités. Les principales avancées sont d'ailleurs à l'initiative du Parlement européen.
Pourquoi réagir aujourd'hui?
J'ai déjà répondu à votre question mais l'émotion légitime que vous avez relevée nous oblige tous à rester très vigilants. C'est pourquoi je souhaitais donc m'exprimer sur Tetu.com.
Un sondage publié deux semaines avant la publication de la vidéo vous plaçait en difficulté par rapport à votre rivale PS Michèle Blumenthal dans le 12e. Pensez-vous que cet épisode pourrait contribuer à vous faire perdre l'élection?
Je suis un candidat porteur d'une ambition pour le 12e et animé par le désir d'y réaliser de grands projets. Je conduis une équipe déterminée et compétente pour redonner toute sa place à cet arrondissement et relever les défis du futur. Nous nous battons pour améliorer les conditions de vie concrète de ses habitants, pour en faire un arrondissement ouvert, pionnier et solidaire. C'est une élection et je m'en remets à la conscience de chacune et de chacun pour décider qui sera le meilleur maire du 12e!
* L'auteur de la vidéo en question, le journaliste Jérémy Sahel, nous signale qu'il n'a pas "volé" la scène. "Son attachée de presse m'a demandé pourquoi je filmais, je lui ai répondu et ils m'ont laissé travailler. Il ne s'agissait pas d'une caméra cachée", a-t-il précisé à la suite de la publication de cette interview.














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