Incidents entre le gouvernement et Act Up-Paris au sujet de Christian Vanneste
Trois militants ont été placés en garde à vue pour avoir interpellé Nicolas Sarkozy. François Fillon a condamné "des méthodes intolérantes"…
Candidat UMP aux municipales à Tourcoing (Nord) avec le soutien "plein et entier" de son parti (lire Quotidien du 11 janvier), Christian Vanneste, condamné pour propos homophobes, a fait l'objet ce week-end de vifs échanges entre le gouvernement et Act Up-Paris.
Deux militants de l'association ont tenté d'interpeller Nicolas Sarkozy pendant son discours au Conseil national de l'UMP au Palais des sports de Paris, samedi 12 janvier. Alors que le président de la République évoquait son "refus du sectarisme" et sa "pratique de la tolérance", deux hommes se sont levés munis de pancartes sur lesquels était écrit "Vanneste homophobe". Avec mépris et sans répondre sur le fond, Nicolas Sarkozy s'est contenté de ricaner: "Ne vous inquiétez pas. Ça fait des années qu'ils protestent et ça ne sert à rien. Vous vous rendez compte, ils n'en ont trouvé que 2 dans un pays de 64 millions d'habitants. Il n'y a plus que ça." Dans la salle, les rires et applaudissements ont fusé (voir la vidéo). Les activistes ont alors été évacués de la salle manu militari. À l'entrée de la salle, des militants distribuaient des tracts: "L'injure, l'appel à la haine et à la discrimination en raison de l'orientation sexuelle ne sont pas des opinions. Ce sont des délits. En accordant son investiture à Christian Vanneste, l'UMP rend l'homophobie éligible."
Hier, dimanche 13 janvier, après que Act Up-Paris se soit inquiété d'être sans nouvelles d'eux durant plusieurs heures, l'association révélait que trois de ses militants ont été placés en garde à vue, pour s'être introduits dans la salle du meeting UMP en se faisant passer pour des journalistes. Ils ont été libérés durant la soirée, après que deux d'entre eux soient passés par l'Hôtel-Dieu afin de recevoir leur traitement et après que le silence ait été maintenu sur leur sort, dans le "seul but d'intimider [l'association], en utilisant les méthodes les plus humiliantes", note Act Up. Ils restent sous la menace de poursuites judiciaires.
Le soir-même, le Premier ministre François Fillon, interrogé sur ces incidents au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, a défendu Christian Vanneste et demandé à Act Up-Paris de "faire preuve de méthodes moins intolérantes". Selon lui, le député du Nord "a le droit de se présenter et l'UMP a le droit de le soutenir". "Il ne faut pas qu'à une intolérance réponde une autre intolérance", a-t-il ajouté, estimant que "Tout le monde sait que nous avons condamné les propos de M. Vanneste." "Je pense que M. Vanneste aussi a compris que ses propos n'étaient pas acceptables et qu'il a changé. Act Up doit aussi faire preuve de méthodes moins intolérantes s'ils veulent être entendus."
Les associations ont réagi à cette déclaration: pour l'Inter-LGBT, il s'agit d'"une insupportable relativisation de l'homophobie. L'UMP pratique l'ouverture… à l'homophobie." Act Up-Paris estime que "François Fillon est déconnecté de la réalité" et rappelle que le pourvoi en cassation du député contre sa condamnation est toujours d'actualité. "Il ne s'est jamais excusé des propos qu'il a tenus. Il n'a cessé de vouloir les justifier ensuite. Il a même tenté de faire changer la loi qui l'a condamné." L'association réclame une nouvelle fois l'exclusion de Vanneste de son parti.
Voir l'incident au Conseil national de l'UMP
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