"Edvige" : les associations s'indignent et réagissent
La mobilisation contre le fichier "Edvige" s'organise. Certains se demandent si le fichier "Edvige" n'est pas pire que "Ardoise".
En reconnaissant, dans sa réponse adressée par e-mail à Têtu (lire Quotidien du 14 juillet), que le fichier "Edvige" sera utilisé pour ficher les militants, et permettra notamment d'enregistrer leur séropositivé et leur homosexualité (lire Quotidien du 12 juillet), le porte parole du ministère de l'Intérieur, Gérard Gachet, a suscité un tollé au sein de nombreuses associations. Contacté par Têtu ce matin, Act Up-Paris, précise que "cette déclaration du porte parole de l'Intérieur ne fait que renforcer les craintes que les associations, qui osent s'opposer au gouvernement, ont depuis un moment". Et d'ajouter : "On sait qu'ils veulent nous ficher, mais pourquoi veulent-ils rajouter dans ce fichage des données personnelles relatives à notre santé et notre vie sexuelle ? Est-ce pour faire pression sur nous?". Par ailleurs, et dans la mesure où le fichier "Edvige" sera géré par la Direction centrale de la sécurité publique, Act Up-Paris, insiste sur le fait que cela prouve que "pour Michèle Alliot-Marie, l'homosexualité et les problèmes de santé comme le sida sont potentiellement porteurs de troubles à l'ordre public". Pour Jérôme Vicart, le présidet de Flag !, l'association des policiers gays et lesbiens, "cette déclaration du porte parole du ministère de l'Intérieur est particulièrement inquiétante, car elle porte atteinte à plusieurs libertés fondamentales que sont la liberté d'association, la liberté syndicale, et la liberté d'expression et de manifestation". Joint au téléphone par Têtu, il indique que ce genre de déclarations peut avoir un effet particulièrement pervers sur le militantisme en général. En effet, "si demain, les policiers, homos ou hétéros, savent que s'ils participent à une manifestation de soutien à un collègue organisée par FLAG !, ils seront fichés comme homosexuels, cela risque d'en dissuader plus d'un de venir. Et c'est cela qui est grave". Jerôme Vicart se demande même si ce fichier "Edvige" n'est pas pire que le fichier "Ardoise", contre lequel il s'était battu. En effet, "avec Edvige, les données personnelles relatives à la santé et à la vie sexuelle pourront être enregistrées par les services de renseignement, non seulement si une personne est susceptible de troubler l'ordre public, mais aussi si elle est simplement militante d'une association, ou si elle participe à la vie de la cité, ou même dans le cadre d'une enquête administrative". Quant à Jean-Luc Roméro, président d'Elus contre le Sida, et membre du Conseil national du Sida, il a mis en ligne le 14 juillet un papier sur son blog (www.romero-blog.fr) dans lequel il précise qu'il saisira le Conseil national du Sida, dès mardi 15 juillet, et qu'il verra avec le bureau d'Elus contre le Sida, s'il peut être envisagé de faire un recours. Et, de conclure son papier par "trois mots : lamentable, discriminatoire et liberticide". A noter par ailleurs que la pétition "Non à Edvige", mise en ligne le 10 juillet pour obtenir l'abandon du décret créant "Edvige", a recueilli en seulement quelques jours environ 10.000 signatures, dont 134 organisations, que ce soit des syndicats, des organisations de défense des droits de l'homme, des organisations de défense des droits des gays et des lesbiennes, ou des partis politiques. Fichier Edvige: lire toute l'enquête de Tetu.com.











