Discrimination: lettre ouverte au ministre du Budget
L'avocate Caroline Mecary dénonce un cas de discrimination non résolu au sein du ministère d'Éric Woerth.
Récemment, le ministre du Budget Éric Woerth s'est engagé à lutter contre l'homophobie et les discriminations, en mettant en place un programme d'actions et de formations à la diversité au sein de son administration (lire article du 3 novembre). Il a même signé la Charte pour la promotion de l'égalité dans la fonction publique promue par la Halde (lire article du 9 décembre).
Un engagement qui a fait bondir l'avocate Caroline Mecary. "Le ministre se prévaut d'une lutte contre la discrimination qu'il n'applique même pas en interne", dit-elle. En cause: le cas de Xavier, cadre dans des services déconcentrés du ministère des Finances, à qui Têtu avait consacré un portrait en mai 2007 (lire Têtu n°122). Homosexuel, il a longtemps souffert de l'homophobie de plusieurs de ses supérieurs... et a même fait l'objet de mutations, qui s'apparentent à de véritables sanctions. Aujourd'hui, rappelle Me Mecary, son avocate, le cas de Xavier est loin d'être résolu. Il n'a toujours pas fait l'objet d'un reclassement, et n'a pas été indemnisé pour le préjudice moral subi.
Et ce, malgré trois délibérations successives de la Halde, l'une le 19 juin 2006 puis deux autres le 2 juin 2008, qui ordonnent réparation pour Xavier, et procédure disciplinaire à l'encontre des agents qui ont causé la discrimination.
L'avocate a donc écrit, mi-novembre, une lettre à Eric Wœrth dont Têtu a obtenu copie. "Votre administration joue la carte du silence, dénonce-t-elle. La persistance d'une telle situation peut s'analyser, à n'en pas douter, comme la poursuite du harcèlement dont (Xavier) a été l'objet."
Mordante, elle continue: "Nous nous étonnons d'autant plus de cette situation que vous avez très récemment accepté une invitation de l'association Coming-G d'être présent lors de la prochaine Marche des fiertés, le samedi 27 juin 2009, tout comme vous vous être engagé à autoriser la mise en place d'actions (...). Dans ces conditions, je ne doute pas que vous aurez à cœur de permettre la résolution rapide de cette situation, qui me paraît peu compatible avec les principes républicains."
À ce jour, la lettre de Me Mecary est restée... lettre morte.











