Compte-rendu des marches du week-end
A Lyon, chaleur oblige, les pistolets à eau et les éventails étaient les accessoires les plus prisés de cette 8ème gay pride. 38 degrés sur le bitume….mais pas question de marcher à l'ombre ! Trois mille lesbiennes et gays ont défilé pendant trois heures sous un soleil de plomb. Faible participation, de nombreux homos boudent la gay pride. Christophe, 32 ans, qui s'exprime dans le Progrès Dimanche, en fait partie: "Ça me gêne, ce sont surtout des jeunes, des chômeurs, des travelos, des marginaux, pas représentatifs de la population gay. La majorité est plutôt discrète. Un tel carnaval ne peut que conforter le discours homophobe." Une 8ème édition qui n'était pas franchement festive (seulement 6 chars) et encore moins revendicative, avec de rares banderoles "Homos hétéros, même sida" ou "Gays séropos, pas de honte mais des droits !" Hervé Morel, administrateur de la LGP, explique: "Cela ne veut pas dire qu'il n'y a plus de revendications à porter mais il y a moins de priorités claires… Les bénévoles sont fatigués." Monsieur Gay à la Mairie de Lyon, Michel Chomarat a une autre version: "Le boulot que l'on abat à la Mairie assèche certainement les revendications du milieu associatif. C'est en cela que la gay pride apparaît moins militante. A la rigueur, si elle doit disparaître, tant mieux !". Jacques Hafner, du bar le 10, se déhanche sur son char: "La gay pride n'a plus lieu d'être d'un point de vue revendicatif car les mentalités ont évolué à Lyon. C'est donc surtout un moment pour faire la fête !" Pas militante, la LGP ? Sylvie d'Act Up-Lyon n'est pas d'accord, elle invite les lyonnais à participer aux soirées débats prévus dans le cadre de la fière semaine. A Rennes, la chaleur a-t-elle eu raison des homosexuels? La marche des fiertés n'a pas rassemblé la foule, moins de 500 manifestants ont défilé dans les rues du centre ville. Les organisations politiques et syndicales invitées manquaient elles aussi à l'appel. Déception pour ses dix ans, la première gay pride régionale aurait mérité mieux. Seuls les Verts, la LCR, le MJS et l'UNEF participaient au cortège. La marche a été précédée d'un discours des deux co-présidents du CGL dénonçant la situation internationale et le recul des droits des homos dans de nombreux pays du Monde : Egypte, Afrique mais aussi en France. Le président de Aides 35 a lancé un appel à la vigilance sur le front du sida : "Continuez de vous protéger, soyez fier de ce que vous êtes et montrez le." La faible mobilisation des gays et des lesbiennes à travers la marche et le sidaction de ce week-end rendait le rappel nécessaire. Les animations se poursuivront toute la semaine jusqu'au vendredi 20 juin. Retrouvez tout le programme sur http: //cglrennes.free.fr. A Strasbourg, environ 2.000 personnes ont pris part à la marche de la visibilité homosexuelle, bisexuelle et transgenre. Avec 3.000 participants l'an dernier, les Festigays avaient été nettement plus mobilisateurs. L'annonce par Météo France d'un fort orage en a peut-être découragé plus d'un. Sur trois heures de défilé, il n'a finalement plu qu'une heure, une belle averse avec bourrasques de vent qui n'a rien enlevé à la détermination des marcheurs. Nouveauté cette année, le char du groupe Support Transgenre Strasbourg et la retransmission de la manifestation en direct sur France 3 Alsace. "Du jamais vu en France", explique l'animateur et soutien de la cause gay Christian Hahn qui avait installé le plateau de son émission "Tea T'Heim" en fin de parcours. A Toulouse, la manifestation, rebaptisée cette année Christopher Street Day, a rassemblé plusieurs centaines de personnes, 2.000 selon les organisateurs qui estiment satisfaisant le déroulement de la marche. Chacun a pourtant pu observer que le nombre des participants continue de diminuer. En début d'année, un collectif d'associations s'était constitué tardivement pour reprendre en main l'organisation de la gay pride jugée trop commerciale les années précédentes. Le cru 2003 fut donc résolument militant et avait pour revendication "la lutte contre l'hétéronormalité". Deux chars associatifs et un groupe de percussions animaient le cortège tout au long d'un parcours qui prit fin sur le quai de la Daurade où était installé un mini homo-salon. La journée s'est terminée dans une ambiance festive avec un concert donné par les Belladonna 9CH.

















