Collectif contre Edvige: mobilisation maximale
"L'heure est grave", a lancé Hussein Bourgi du Collectif contre l'homophobie. Une parodie de fiche Edvige sera bientôt distribuée.
Dans un amphithéâtre plein à craquer, à la Bourse du Travail de Paris, le collectif contre Edvige a tenu ce matin, mardi 9 septembre, sa première conférence de presse. L'occasion de faire le bilan de deux mois de mobilisation, de se féliciter des 130.000 signatures déjà recueillies et d'annoncer les actions futures contre le fichier policier.
"L'heure est grave", a lancé Hussein Bourgi (photo), président du Collectif contre l'homophobie, qui a lancé un "appel solennel" à la mobilisation au nom des autres associations LGBT (l'Autre cercle, l'Inter-LGBT) qui ont signé le recours collectif déposé devant le Conseil d'État (lire Quotidien du 3 septembre), et les centaines d'associations LGBT signataires de la pétition. Il a rappelé que "de nombreux pays dans le monde pénalisent l'homosexualité ou interdisent les séropositifs d'entrer sur leur territoire. Demain, au nom de la coopération internationale contre le terrorisme, la France pourrait être amenée à échanger des informations sur la sexualité et l'état de santé de ses ressortissants." Il s'est inquiété que "1.500 policiers auront directement accès à ce fichier, et 400.000 membres des forces de l'ordre pourront demander à le consulter. Que faire si certains d'entre eux appartiennent à des réseaux mal intentionnés, à l'extrême-droite?" Il a enfin dénoncé le caractère approximatif du fichier, qui pourrait conduire "à ce que des hétéros ou des parents d'homos militant dans une association LGBT soient enregistrés comme homos dans le fichier Edvige". Christian Andreo, de Aides, a insisté sur la violation du secret médical et sur le fait que les malades ont plus besoin d'être protégés que fichés : "s'ils se regroupent, ce n'est pas pour troubler l'ordre public".
À l'heure où le gouvernement prétend à nouveau que le fichier Edvige n'est que la reprise de l'ancien fichier des RG, Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l'homme, a estimé qu'"on passe en fait de l'artisanat à un système global qui nous fait basculer dans une société de surveillance". Il a notamment insisté sur le fait que l'état de santé et l'orientation sexuelle sont bien des éléments de fichage nouveaux.
Le collectif annonce donc plusieurs actions à venir: le Syndicat de la magistrature a déjà préparé la distribution d'une parodie de fiche Edvige qui se présente de cette façon: "Vie sexuelle: Oui / Non", puis il est indiqué: "Régalez vos lecteurs, détaillez vos pratiques". Les répondants zélés seront ensuite invités à lécher le questionnaire pour y laisser leurs empreinte ADN, avant de le faire parvenir au ministère de l'Intérieur. Et une action médiatique est d'ores et déjà prévue devant les préfectures pour le 16 octobre… jour de la Sainte-Edwige. "On va lui faire sa fête!" annonce un membre du collectif.
Fichier Edvige: lire toute l'enquête de Tetu.com. Photo: "Têtu"














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